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Jeudi 13 août Jour 145  Passage frontière russe 

Départ sous la pluie, avec parfois un peu de brume. La route de temps en temps très dégradée est généralement bonne et roulante. Pause déjeuner à Darkhan où nous espérions trouver des artisans travaillant le cuir, selon notre guide. En fait cette ville de 100 000 habitants créée de toutes pièces dans les années 60 pour désaturer Oulan Bator est sinistre, mélange de sordides barres HLM et de bidonvilles, et nous ne trouverons aucun artisan..

Il faut dire que dans ces régions où l’hiver est long et glacé, la notion de magasin avec vitrine et néons n’a pas cours, les commerces sont au rez de chaussée des HLM, à peine signalés par des affiches. Les gens du cru savent les trouver.

Nous levons l’ancre et reprenons la route qui traverse une succession de monts dénudés et de plateaux où, fait rare par rapport aux régions précédemment traversées, des cultures apparaissent puis s’étendent : cette région est le grenier à blé de la Mongolie,. En nous rapprochant de la Russie, la végétation change, les arbres sont de plus en plus nombreux et, dans les zones plus accidentées, de véritables forêts apparaissent. Nous progresserons plus vite que prévu et décidons de passer la frontière, où nous arrivons vers 15h30.

Formalités kafkaïennes coté mongol, deux voisins de bureau dont l’un fait un petit somme de temps en temps, saisissent alternativement les mêmes infos sur leurs ordinateurs et se passent et repassent nos cartes grises avec un air de profonde et morose perplexité avant de se décider à appliquer le coup de tampon libérateur. Nous en profiterons pour échanger avec 4 jeunes polonais qui font le tour du monde en 18 mois dans un combi VW. Pas trop de problèmes, ceux là, dans le choix de leur vêtements chaque matin : Sponsorisés, ils doivent, par contrat, porter les T shirts aux couleurs de leurs sponsors. Inutile de préciser qu’au bout de plusieurs mois, les badges commencent à être plutôt délavés…

Les formalités seront plus rapides côté russe, mais, de part et d’autre, la même absence d’amabilité des gratte papiers. Affaire de climat ? Neurasthénie d’une affectation à la frontière mongolo/ sibérienne ? Qu’est ce que ça doit être par -30° !  Les jeunes  bidasses sur le terrain sont bien plus sympas.

4 heures pour solder le tout et nous nous éloignons d’une trentaine de km de la ville frontière russe, Kyatkhta, ville de garnison : Nous apercevrons au passage les cantonnements de chars et éviterons de les photographier. Ils ne sont sûrement pas là pour les mongols. Prêts à toute éventualité face à la Chine ?

Nous bivouaquerons auprès d’un restau routier, perdu dans la campagne au croisement d’une piste, en nous demandant de combien il faudra décaler nos montres. 

N 50° 34.301’   E 106° 23.844’

Altitude 696m

350km   Total 27782 

Vendredi 14 août Jour 146 Frontière – Ulan Ude 

Nous traversons des cordons de monts émoussés, par la  très belle et très mauvaise route qui joint Oulan Bator à Ulan Ude. Très mauvaise car pleine d’ondulations, c’est la première fois que nous voyons de la tôle ondulée sur du goudron, mais sans trous, net progrès par rapport aux routes mongoles, avec énormément de rustines, qui nous obligent à freiner brutalement quand on les distingue : Elles secouent terriblement.

Très belle car excellemment balisée, les zones très pourries étant signalées, mais surtout  serpentant  dans un paysage de pinèdes magnifiques puis devenant rectiligne sur de vastes plateaux verdoyants. Après 70km, au passage d’un pont franchissant une large rivière, la route devient très bonne, ce qui nous permettra d’atteindre Ivolguinsky Datsan avant le déjeuner.

Ce  monastère principal du bouddhisme en Russie fut crée en 1946 à un moment où Staline voulut récompenser les bouriates de leur contribution pendant la « guerre patriotique », la région, très industrielle, étant alors le siège d’intenses productions de chars et d’avions de combat. Le datsan, donc, abrite aujourd’hui une trentaine de moines qui vivent dans de petites maisons de bois, dans l’enceinte du monastère, qui comporte plusieurs temples.

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Nous filons ensuite sur Ulan Ude, capitale de la Province autonome de Bouriatie. Nous apprendrons qu’en Union Soviétique, quand dans une région une minorité ethnique était dominante, le statut de République autonome était accordé, dans les autre cas il s’agissait d’Oblat.. Ces divisions administratives subsistent aujourd’hui.

Ulan Ude est une grande ville moderne où nous trouvons une population très mélangée de bouriates, mongols et « caucasiens » pour reprendre la désignation politiquement correcte de ce qu’on appelait autrefois des blancs, dans une atmosphère de ville européenne, très rafraichissante.

Change, nous constaterons que le rouble a perdu 20% par rapport à l’euro depuis notre passage début avril, petit café,  puis visite du musée d’histoire de la région, où nous remarquerons une salle consacrée aux « Anciens croyants », secte orthodoxe schismatique qui, à l’instar des Amish aux USA ou des Mémonites au Canada s’est figée dans le temps pour observer règles et modes de vie immuables et fut persécutée sous le régime communiste. 

Un petit tour à la statue de Lénine, dont la forme est sujet de plaisanteries locales, les têtes décapitées des condamnés étant ici exposées dans les temps barbares, avant de se procurer une clé 4G et le forfait ad hoc chez Megaphon, 23 € soit 5 fois moins cher qu’en Chine.

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Nous quittons alors le centre ville pour aller bivouaquer à une douzaine de km, aux portes du parc abritant le musée ethnographique de plein air.

Nos véhicules attirent deux curieux qui voudront absolument nous faire goûter de la vodka, J’accepterai un verre, mais ¼ d’heure plus tard ils reviendront à 4 pour poursuivre la séance en nous offrant biscuits et cornichons. Nous accepterons les cornichons et refuserons fermement le reste. Ils n’insisteront pas et nous quitteront en clamant leur admiration pour De Gaulle et Napoléon… 

N 51° 53’ 02.8’’  E 107° 39’ 00.6’’

241 km Total 28023 km

Altitude 684m 

Samedi 15 aout Jour 147 Ulan Ude – Babushkine  

Le musée n’ouvre qu’à 10h, cela laisse un peu de temps pour terminer les articles sur la Mongolie. Visite du musée, dans une belle pinède,  un peu sommaire sur sa partie préhistorique, mais avec quelques beaux bâtiments transplantés ici  pour illustrer les XVII° et XIX° siècles. Nous noterons l’alambic à Vodka des isbas paysannes, indispensable, avec ses canalisations en bois. Quant au zoo, est à l’ancienne, les animaux, tigres, loups, ours n’ont que quelques m², pas très enthousiasmant.

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Départ en direction d’Irkoutsk, la route traverse une zone humide  pour rejoindre le bord du lac Baïkal et le contourner par le sud. Nous pensions, à la vue de notre carte, que la route longeait le lac et que nous pourrions profiter du paysage, mais elle en est éloignée de quelques centaines de mètres et serpente sur les reliefs qui le surplombent , en une suite de montées et descentes brutales qui nous font comprendre d’où vient l’expression « Montagnes russes ». Pendant près de 80km, nous ne le verrons pas,  apercevant parfois la ligne du transsibérien qui, elle, a été tracée sur la rive, isolant les villages de pêcheurs du bord du lac.

A chaque fois que nous avons évoqué notre itinéraire avec des russes, nous avons vu leur regard s’éclairer lorsque nous avons mentionné le Baïkal. C’est, pour eux, un endroit mythique, sujet de nombreuses légendes et chansons traditionnelles.

Il le mérite : C’est le plus grand réservoir d’eau douce de la planète, avec une longueur de 637 km, une largeur qui atteint 79 km et une profondeur exceptionnelle de 1400 m. D’une superficie équivalente à la Belgique, il contient autant d’eau que l’ensemble des grands lacs américains. Ses eaux sont extrêmement pures et il abrite de nombreuses espèces endémiques, dont l’unique espèce de phoque d’eau douce. 336 rivières s’y jettent, une seule en constitue le déversoir : L’Angara, à la pointe ouest, sur les rives de laquelle a été bâtie Irkoutsk, à une cinquantaine de km, au nord.

L’Angara après 1800km mêlera ensuite ses eaux à l’Ienisseï, qui filera plein nord se jeter dans la mer de Kara, au nord du nord.

De jolies légendes racontent le mariage du fleuve et de la rivière, et les colères du père Baïkal qui n’acceptait pas cette mésalliance …

Nous souhaitions nous rendre à Posolskoïe,  village de pêcheur, mais  impossible de le trouver, nous avons dû manquer la route ( la piste ?) d’accès. Pour compenser, nous ferons une ballade dans le village de Babouchkine. Pas très gai, quelques immeubles déglingués, des isbas mal entretenues, un village coupé en deux par une gare de triage et un accès à la plage par un passage sous les voies ferrées. Routes en terre et les trottoirs n’ont pas encore été inventés..

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Nous cherchons les pêcheurs désespérément, tout a l’air abandonné sur cette plage, néanmoins, nous aurons vu le lac !  Rassurant par contre, dans un environnement aussi triste que celui du village, les jeunes filles portent mini shorts et débardeurs moulants, les enfants font du vélo ou des rollers

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Retour au camion, garé en bord de route, deux femmes vendent du poisson fumé à 10m du véhicule !

De nouveau les montagnes russes, il sera  impossible de quitter la route car elle est en chantier continu et les pistes qui la croisent sont trop étroites et défoncées. Bivouac sur un vilain terrain vague en  bord de route qui servait de parking aux engins de chantier, et sur les voies, à 50m, un train toutes les 10mn..

Le soir nous dégustons les omoul, ces poissons du lac, avec des pommes de terre au beurre, un vrai régal.. 

N 51° 35’ 48.2’’  E 105° 23’ 12.5’’

Altitude 473m

232km  Total 28255 

Dimanche 16 août Jour 148  Babushkine Irkoutsk 

Départ 7h30, nous continuons les montagnes russes à flanc de collines avec des pentes à 10%. Parfois des zones de chantier mais la route est généralement neuve, nous passerons souvent à des endroits où le goudron est encore collant ! La multiplication des chantiers est due à la brièveté de la période hors gel, 4 à 6 mois, qui oblige à concentrer tous les travaux routiers à la belle saison.

Arrivée à Irkoutsk vers 13h, sous la pluie, après un passage de col pour contourner l’extrémité ouest du lac. Nous nous garons sur le parking d’un supermarché dans la quartier de Sinusha Hill. 

Irkoutsk, ville historique fondée par des cosaques au XVII° siècle grandit rapidement, devenant une des villes étapes importantes de la Route du Thé, voie de commerce entre la Chine et la Russie. Elle dû aussi sa croissance à l’afflux d’exilés, un tiers de sa population au XIX° siècle étant constitué de bannis ! Situation qui perdura d’ailleurs puisque de nombreux camps du goulag étaient situés dans ses environs , comme autour des autres villes sibériennes. 

C’est une cité, comme toutes celles de Sibérie, où les faubourgs sont encore constitués d’isbas, il en reste même de très nombreuses en centre ville, faites de rondins et aux fenêtres ourlées de dentelles de bois coloré, plus ou moins bien entretenues.

 

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Certains  surnomment Irkoutsk le « Paris sibérien », un peu surfait, même si les jardins au bord de l’Angara ont beaucoup de charme. 

Promenade vers les 3 églises situées près du fleuve, derrière la Douma. L’église catholique polonaise de briques et en style gothique,la moins colorée, abrite également des concerts d’orgue, nous ne pourrons la visiter. L’église Spasskaïa  et celle de  l’Epiphanie sont elles, très  belles quoique fort différentes.

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 Longue recherche de la Cathédrale Notre Dame de Kazan, de l’autre côté de l’Angara, édifice aux couleurs extraordinaires construit en 1718.

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Nous ne trouverons pas l’embarcadère Rakita d’où s’embarquer en hydroglisseur pour Listvyanka, à l’embouchure de l’Angara, mais nous admirerons l’extérieur de la Maison de l’Europe, ancienne propriété d’un négociant prospère, sauvée de la démolition par des associations européennes et maintenant classée par l’Unesco.

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Promenade dans ce quartier des décembristes. Officiers progressistes, ces aristocrates  tentèrent, en décembre1825, un coup d’état pour libéraliser le régime. Cinq furent exécutés par Nicolas II, une centaine furent exilés à Irkoutsk pour y subir de longues peines de prison, puis assignés à résidence, où ils finirent leurs jours. Une vingtaine d’épouses, mères ou sœurs les rejoignirent pour y fonder au fil des ans, une communauté qui apporta à la région un ensemble de transformations culturelles ou sociales fondamentales, à tel point que l’épouse du comte Volkhonsky  y est devenue une icone.

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On peut visiter les belles propriétés que certains y  bâtirent après leurs longues années de bagne. Coup de chance, le syndicat d’initiative y est logé, nous y trouverons les infos pour le bus pour Listvyanka… car pas d’hydroglisseur le lundi.

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Au retour, nous ferons halte dans une zone d’isbas complètement rénovée, mélange naturellement de boutiques de charme et de centre commercial de luxe. Nous y remarquerons, avec surprise, une pancarte qui nous fera penser à nos ami (e)s de l’association humanitaire « Prométhée ». Michel, bises à tous de notre part.

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N 52° 15’ 52.8’’   E 104° 13’ 18.6’’

Altitude 437m

243 km   Total 28498 

Lundi 17 août  Jour 149   Lystvianka

Nous prenons donc le bus, sous la pluie, jusqu’à Listvyanka, à l’embouchure de l’Angara. Cela doit être gai en été ! Village qui s’étend le long de la route côtière, étroite plage de galets, la flotte du Baïkal à quai. Un charmant marché aux poissons où nous achèterons galettes, omouls frais et fumés avant de déguster, avec les doigts les poissons frais, à peine fumés, qui sont conservés chauds par les vendeuses dans des marmites norvégiennes. Une chair de truite au goût délicat, une galette chaude, une bière mousseuse dans un café à l’ambiance hivernale (rondins, poêle et vitres embuées), que demande le peuple ?

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    Tout d’abord mille excuses à nos suiveurs, et en particulier aux profs d’ Hist et Gé dont nous connaissons la rigueur et le souci de l’exactitude: Le tsar qui châtia les décembristes n’était pas Nicolas II mais bien Nicolas I°. La documentaliste est privée de vodka jusqu’au retour en France.

Mardi 18 août Jour 150 Irkoutsk Alzamay

Nous prenons la route inverse de celle que suivit Michel Strogoff.  (Nanar de Carmine Gallone en 1956, d’après Jules Vernes avec Curd Jurgens et Geneviève Page et sa phrase culte:  » Regarde, de tous tes yeux, regarde… »  C’est ce que nous faisons.)

Départ 7 h pour la première des nombreuses étapes de liaison. La route vient d’être refaite et est excellente, sauf …sur les portions non refaites ou en chantier ! Elle longe le transsibérien pendant 600km , dans une région de céréales et de prairies, mais, curieusement, on ne voit pas de fermes. Nous traversons de petites villes, moins souvent des villages qui sont en retrait de la route et accessibles par des pistes boueuses.

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A ce propos, pas de cars dans ces régions, nous verrons par contre de nombreux camions Kamaz 6×6, les mêmes qui équipent l’armée, sur lesquels sont montées des cellules  équipées de sièges d’autocars. On imagine les conditions de circulation, l’hiver ou par temps de pluie, qui imposent ces véhicules tout terrains. Avantage, pas besoin de pancarte « Interdit de parler au chauffeur »

Nous entrons enfin dans la forêt, mélangée de bouleaux et mélèzes.

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En bord de route, même loin de toute habitation, myrtilles et champignons sont proposés à la vente et nous nous faisons un devoir de contribuer à l’essor de l’économie vivrière. Les champignons, d’une espèce que nous ne connaissons pas, se révèleront très amers après cuisson. Nous ne pourrons les consommer, ils nécessitaient sans doute une préparation spéciale, que nous ignorions; mais les myrtilles rattrapent le reste.

Bivouac après Alzamay, sur un parking routier

N 55° 33’ 09.8’’ E 98° 37’ 32.1’’

Altitude 381m

625km Total 29123

Mercredi 19 août Jour 151 Alzamay – Krasnoyark

Nous quittons la forêt, qui reste visible au loin, sur les hauteurs. Nous ne sommes pas dans la Sibérie de Dersou Ouzala (et oui, encore Kurosawa, 1975), que l’on trouve sans doute plus au nord, mais où sont les routes pour y parvenir ? Nos cartes en sont vierges. Ici, c’est plaines céréalières ou marécages. Au bord de la route, vendeurs de pommes de terre et de girolles patientent en attendant les clients. Pas découragés, nous achèterons les deux.

On pousse jusqu’à Krasnoyark. La ville n’est pas belle, seule la promenade au bord de l’Ienisseï, majestueux, présente de l’attrait.

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Nous constatons qu’il nous faut retarder nos montres d’une heure, de nouveau, et prenons la direction de la sortie de la ville, pour un bivouac sur le parking Leroy Merlin ( cherchez la contradiction entre bivouac et Leroy Merlin…)

Diner d’un plat de girolles, délicieux.

N 56° 2’ 58.3’’ E 92° 54’ 24.3’’

Altitude 189m

481 km Total 29604

Jeudi 20 août Jour 152 Krasnoyark – route de Komerovo

Départ matinal pour une longue étape, nous commençons a avoir envie de rentrer, mais la journée commence mal : Crevaison du pneu arrière droit, maintenant irrécupérable ; C’était la roue de secours mise en place à Boukhara, elle aura quand même tenu 22000 km, avec sur la fin quelques entailles sur les flancs récoltées en Mongolie ! Il nous faudra 1h30 pour la changer. Croisons les doigts, la seconde roue de secours est douteuse, il nous faut tenir ainsi jusqu’à Nihzni Novgorod, 4000km, où nous espérons pouvoir acheter des pneus neufs.

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Après une centaine de km, c’est le véhicule de Guy qui fait des siennes, voyant moteur allumé. L’échange du filtre à gazole n’y fera rien, il faut trouver un garage Ford. Soit demi tour vers Krasnoyark, soit Novosibirsk, sur notre route, mais à 600km. On continue !

Komerovo est le cœur minier de la Russie, la majorité de la population y travaille dans les mines. Le transport du charbon se fait par train, bon point par rapport à la Chine. Nous le vérifierons de visu en attendant 25 mn à un passage à niveau pour le passage de 5 trains, comptant de 50 à 80 wagons chacun ( quand on attend, on n’ a pas mieux à faire que de les compter…)

Bivouac sur un parking routier, à environ 120km de Komerovo

N 55° 53’ 28.1’’ E 87°16’ 22.4’’

Altitude 262m

440km  Total 30044

Vendredi 21 août Jour 153 Route de Komerovo – Novosibirsk

Le garage Ford dont nous avions l’adresse n’existe plus. En face, le personnel du garage GAZ nous accueille avec sympathie, en particulier une jeune ingénieure en mécanique angliciste, qui nous « parrainera ». Faute de pièces, ils ne pourront prendre en charge le véhicule de Guy, mais nous indiquent l’adresse d’un « Ford Services ». Il nous faudra une heure et deux aller retour pour le trouver, vu la complexité du système des adresses en Russie. Nous trouvons enfin le garage, qui est en fait une agence Webasto qui distribue quelques pièces Ford, avec également un représentant de Bosch Car service. Je sympathiserai avec celui-ci, Alexandre, qui téléchargera sur la tablette d’Agnès l’adresse de tous les centres Bosch en Russie, au cas où .., et nous invitera à l’appeler en cas de problème. Nous constaterons ici, comme en d’autres occasions, que si le 1° contact est indifférent, voire froid, nos interlocuteurs deviennent très vite chaleureux et serviables.

Vidange et échange de filtre à huile faits, nous repartons, avec la recommandation d’éviter le gazole bon marché, non sans avoir posé devant le garage pour les traditionnelles photos des véhicules.

En route, nous achèterons cèpes de pins et girolles par seaux…

Enorme bouchon dès le début de l’autoroute. Les locaux ne se gênent pas et dévalent les talus pour remonter les files. Nous, nous abandonnons et plantons le bivouac en bord de route, à la nuit.

N 55° 11’ 02.1’’ E 82° 53’ 59.0’’

Altitude 120m

396km  Total 30440

Samedi 22 août Jour 155 Novosibirsk Omsk

« Plaine oh ma plaine, plaine oh mon immense plaine.. « (Sur fond de chœurs de l’armée rouge, ou solo d’Ivan Rebroff, au choix)

Céréales, prairies, bouleaux et vendeurs de champignons sur une très bonne route, fraichement refaite. La Russie étale des millions de tonnes de bitume chaque été..

Dans les champs de blé, à la veille des moissons, pas un coquelicot…

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A l’étape, recherche de supermarché, on traverse Omsk, malgré nous, et on le regrette car c’est une ville sans intérêt. Omsk, comme la plupart des villes de l’ouest sibérien ou de l’Oural est extrêmement industrielle, du fait des ressources minières, d’un part, mais aussi, et surtout, à la suite de la décision de Staline qui fit déménager 1300 usines et déplacer des centaines de milliers d’ouvriers pour les mettre à l’abri de l’avance allemande, pendant la « Grande guerre patriotique ».

Bivouac en sortie de ville sur le parking d’un bar Karaoké, heureusement fort calme.

N 54° 53’ 48.2’’ E 73° 13’ 49.4 »

Altitude 87m

723 km   Total 31163

Dimanche 23 août Jour 156 Omsk Golyshmanovo

Journée pénible, sous la pluie et sur une route défoncée par les camions, creusée de rails sur lesquels je pars en crabe, heureusement récupéré.; ça me calmera et j’irai bien plus doucement dans les zones où les camions ont creusé ces profonds sillons dans le bitume. Pourri de chantiers avec un énorme trafic de poids lourds, ce trajet s’avère désespérément long.

A propos de poids lourds, les routiers russes sont très corrects, ne cherchent pas à dépasser n’importe où et remercient d’un coup de warning quand on leur laisse le passage. Par contre ils roulent vite, très vite. Il ne se passe pas de jour sans que nous ne voyions un poids lourd au fossé ou une semi remorque en portefeuille, mais en général, ils se viandent tous seuls…

La région est très marécageuse: Roselières, bouleaux, quelques prairies.

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Paradoxalement, nous ne trouverons pas d’eau dans le village où nous bivouaquons. Cela s’explique, lorsque les villages sont un peu plus « évolués », on le constate aux rues goudronnées, les maisons ont l’eau courante et le réseau de pompes extérieures que l’on trouve dans les villages plus traditionnels a été désaffecté.

Bivouac sur le parking d’un magasin, dans le village de Golyshmanovo

N 56°24’ 10.1’’ E 068° 23’ 02.6’’

Altitude 117m

430 km  Total 31593

Lundi 24 août Jour 157 Route de Tioumen – Yekaterinburg

Bonne route roulante avec quelques zones dégradées ou en chantier, beaucoup moins de camions. ( Je me rends compte que la description du réseau routier russe est un brin fastidieuse, mais c’est le quotidien des voyageurs…). Céréales et quelques belles zones de bouleaux, nombreuses traversées de fleuves ou rivières, dont la taille nous impressionne à chaque fois.

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Nous suivons les recommandations du garage et n’achetons plus que du gazole « Eco » à 35 roubles le litre (0.44€) alors qu’on peut en trouver jusqu’à 0.31€, mais quid de la propreté et du rendement?

Très bonne nouvelle d’Andrei Komarov, le Customer service Mgr de l’usine AGC de Bor : il m’a trouvé les pneus Michelin dont j’ai besoin. Alleluiha !.

Bivouac sur un parking de zone commerciale en entrée de ville, après avoir erré une heure en quête du supermarché de nos rêves…

N 56° 45’ 54.3’’ E 60° 44’ 32.2’’

Altitude 240m

589 km Total 32182

Mardi 25 août Jour 158 Yekaterinburg-

Le problème de Guy n’est pas solutionné, son moteur a des ratés et nous devons  trouver un garage Ford. Il nous faudra 1h pour parcourir les 5km qui y mènent, en raison des bouchons du matin.

Le diagnostic sera vite fait :Il faut changer une pièce sur le circuit d’échappement. Le personnel sera efficace et parviendra à se procurer la pièce chez un distributeur local, après force coups de téléphone. Pendant l’intervention, nous laissons Guy et Micheline sur place et profitons du véhicule du chef d’atelier, parti chercher la pièce, pour nous faire déposer devant l’église / mausolée des Romanov, bâtie sur le lieu de l’exécution de de la famille impériale, en 1918.

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Intéressant plus par ce qu’il montre de l’évolution de la Russie, ( les réacs sont en train d’en faire des saints..) que par son contenu. En plus l’encens, à force, ça lasse…

Nous nous réconforterons devant une grillade et une gaufre chantilly, les premières depuis ….

Promenade dans cette très belle ville, avec son musée à l’allure de petit Ermitage et ses contrastes parfois saisissants. Ville de culture, au vu des très nombreuses affiches annonçant concerts, spectacles et récitals.

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Nous chercherons en vain un taxi, au bout d’une ½ h Agnès abordera un jeune homme qui, par chance, parle anglais. Il nous appellera un taxi et restera avec nous 30mn pour s’assurer que celui ci arrive bien, discuter le prix et lui expliquer notre destination. Mille merci à Dimitri, jeune étudiant en droit de 22 ans, qui confirmera ce que j’écrivais plus haut sur l’esprit de service des russes.

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Départ à 16h30 pour un court bout de route. Bivouac sur un parking routier

N 56.79714° E 59.41215°

99km Total 32281

Mercredi 26 août Jour 159 Yekatrinburg - Pervouralsk (Ocher)

Belles forêts de résineux dans cette traversée de l’Oural, étonnement peu escarpée. L’altitude des vallées empruntées par la route ne dépasse pas les 200/300m. Comme j’ai pu le lire dans un guide: « L’Oural n’a jamais constitué un obstacle aux invasions ». Nous retrouvons ensuite des zones céréalières.

Au passage, à Kungur, détour de 10km pour visiter les « Grottes de glace », qui, après visite, ne le méritent pas. 1.5km de galeries, c’est une vraie belle grotte, mais avec peu de glace et une guide volubile qui fait durer la visite 1h15. Quand on se gèle les pieds (grottes de glace, on aurait dû prévoir), 1h15 de russe, c’est long.

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En soirée, halte au monument marquant la séparation Europe Asie. Vous ne couperez pas à la photo neuneu immortalisant cet évènement.

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N 57.86770°   E 54.78431°

Altitude 150m

423km Total 32704

Jeudi 27 aout Jour 160 Pervouralsk – Imeni Tattchika

Quelques mauvaises portions mais route généralement bonne avec même des sections d’autoroute en contournement des villes. 1 h de bouchon pour chantier, pour conclure la journée.

Les produits, en bord de route, varient. Ici c’est patates et miel, nous nous contenterons du second, au parfum très marqué. Dans les forêts, les arbres « se parent aux couleurs de l’automne ».

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Bivouac dans un village, à l’écart de la route, face à une petite épicerie où nous faisons quelques courses, accueil sympathique. Nous décalons à nouveau de deux heures et sommes à l’heure de Moscou. Pas le jet lag, mais presque… Demain, Nizhny Novogorod.

N 55°.70536 E 49°.63738

Altitude 70m

584km  Total 33288

 Vendredi 28 août Jour 160  Imeni Tattchika- Niznhy Novgorod 

A part quelques mauvaises sections, la route est bonne avec même des portions d’autoroute, notamment pour le contournement de Kazan. Nous sauterons la visite de cette ville car nous avons hâte d’arriver à Niznhy Novgorod.

Halte pour déjeuner devant un petit magasin où la babouchka qui attend le client sur le seuil nous invite à entrer. Surprise, on y vend une grande variété de poissons fumés et un peu de charcuterie locale. Nous ne saurons résister mais, au moment où nous payons, un pêcheur dépose une caisse grouillante d’énormes écrevisses, jamais vu de si grosses. Comme que nous ne sommes pas sous le vent de Tchernobyl, nous en prenons une belle livre, qui passera immédiatement au court bouillon.

Nous entrons dans Niznhy vers 16h après avoir traversé la Volga.

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Nous aurons auparavant croisé des files interminables de poids lourds, au pas, dans cette région très industrielle. La route M7, artère Ouest Est qui mène à Moscou, traverse la ville sur près de 20km, et dans notre sens par contre, la circulation sera étonnement fluide.

Pas de chance, Guy crève à 2km du garage, il est un peu loin derrière nous et nous ne pourrons l’aider car il est impossible de faire demi-tour. L’échange avec sa dernière roue de secours sera long, il casse son cric pendant l’opération ! Un automobiliste lui prêtera le sien; il est urgent, pour lui aussi, d’arriver au garage.

A l’atelier, les pneus nous attendent et seront montés dans la foulée, au prix convenu, montage compris. Nous serons maintenant bien plus sereins: 4000km sur les routes russes sans roue de secours avec des pneus fatigués, nous n’étions pas vraiment tranquilles…

Nous souhaitons rester dans la cour  de l’atelier pour 2 nuits,  le responsable de l’atelier accepte, nous montre les caméras de surveillance pour nous rassurer (??) et nous amène la facture, c’est payant, 2000 roubles par véhicule !

Bien plus cher qu’un parking routier où nous payions 100 à 150 roubles, mais bon…  Pour oublier, on déguste les écrevisses. Comme disent nos filles, chez les Blanc, quand on a une contrariété, on compense toujours à table… 

N  56° 17’ 53.9’’   E 43° 51’ 55.7’’

Altitude 83m

464 km Total 33752 

Samedi 29 août  Jour 161  Niznhy Novgorod 

Matinée de repos. Andrey Komarov nous récupère à 14h pour une promenade dans NN, malheureusement sous la pluie. Jolie ville avec sa rue piétonne de 2km, sa banque, inaugurée par le Tsar et qui ressemble à un château de contes de fées, ses immeubles aux couleurs pastels, beaux restes de ce qui fut, à sa fondation une ville de commerce avec la plus grande foire de Russie et qui est aujourd’hui l’une des villes les plus dynamiques du pays.

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Bâti sur une colline, son kremlin , protégé par des remparts de briques rouges, abrite le gouvernement de la région et les habituels lieux de commémoration de la II° guerre mondiale, très prégnante en Russie.

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Des remparts, vue époustouflante sur la Volga et son confluent avec l’Oka. Les banlieues industrielles qui ont fait de la  ville, renommée Gorki sous l’ère soviétique, le cœur de l’industrie d’armement et en interdisaient l’accès aux étrangers, sont à peine visibles, à l’exception des cheminées des float d’ AGC Bor, à 6 km, sur l’autre rive.

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Nous traversons la Volga au moyen du « cable way » qui joint NN à Bor, télécabine horizontale (toujours Poma..) de 1600m dont 800 entre les 2 pylônes centraux, à 80m au dessus du fleuve.

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 Visite, chez Andrey, de son jardin, où il cultive quelques pieds de vigne pour produire une quarantaine de bouteilles de vin par an ( avec autant de sucre que de raisin…) puis du sauna, (en russe, bania, à la température moins élevée que le sauna finlandais, de 60 à 80°), et où nous  comprenons enfin à quoi servent les bouquets de feuillages vendus en bord de route : A se flageller avant de retourner transpirer, puis plonger dans l’eau glacée.. Il faut être russe pour aimer ça. 

Ballade dans la pinède qui domine la Volga, au point de vue où sont installées les statues de Gorki et Chaliapine, qui vinrent ici écluser quelques verres.

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Nous retrouvons ici cette agréable pratique, déjà remarquée en Chine et quasi inconnue chez nous, de parsemer les rues de statues de bronze illustrant des scènes historiques ou des personnages typiques locaux.

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Nous restera, de ces instants, une image de zone verte résidentielle très différente de celle que j’avais de Bor, qui était pour moi une banlieue industrielle, accessible au prix de pénibles embouteillages sur une chaussée digue, étroite, défoncée, saturée de poids lourds et bordée de vilains immeubles. Il est vrai que je n’étais pas en vacances…

Nous retrouvons,  au départ du cable way, Vera Golikova, aujourd’hui retraitée après avoir été Responsable Logistique de l’usine AGC Bor, ainsi que  l’épouse d’ Andrey avant de regagner NN pour diner. 

Au restaurant nous attaquerons par une spécialité, la vodka au miel et au radis noir, histoire de se faire un palais, ( l’étymologie de « spécialité « est, sur le plan du goût, tout à fait justifiée..) continuerons par des zakouskis, puis de petits esturgeons du fleuve pour terminer par de délicieux desserts et un samovar de thé. Nous aurons accompagné tout ça de Chablis et rentrerons, ravis et  un peu gais, au camion, après moult embrassades avec nos amis de Nizhny.

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Dimanche 30 août  Jour 162 Nizhny Novgorod – Lakinsk 

Départ tranquille de notre garage pour prendre la route de Moscou, avec une première halte à Boliogoubovo, une des villes qui constituent l’anneau d’or, chapelet de cités au nord est de Moscou, remontant au moyen âge et qui formèrent autrefois le cœur de la Russie. Leur opulence résultait de la fertilité des terres de la région, permettant de dégager les revenus qui financèrent la construction d’innombrables édifices religieux dont la plupart subsistent aujourd’hui. Notre trajet emprunte la boucle sud de cet « anneau d’or »

Bogolioubovo donc, où l’on peut visiter la cathédrale, mais pas le couvent établi dans la même enceinte. Les religieuses qui protègent sévèrement les lieux doivent fuir le soleil, au vu de leur air anémié, ou bien les privations font  elles partie de leur Règle, mais quelqu’en soit la cause, ça les rend peu accueillantes…

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Nous quittons la M7 pour un petit détour de 25 km vers Suzdal, charmant village médiéval fondé vers l’an 1000 où l’on trouve quantité d’églises, dont une superbe en bois, dans ce qui est devenu un musée en plein air de l’architecture en bois et, au cœur d’un petit kremlin, la Rozhdestvensky sobor, ou cathédrale de la Nativité de la vierge, aux magnifiques bulbes bleus nuit, piqués d’étoiles d’or.

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Saturés d’églises, nous sauterons l’étape de Vladimir , elle aussi perle de l’anneau d’or, pour nous installer en bord de route, après une heure d’embouteillage dans la traversée du village de Lakinsk. 

N 56.00702°    E 39.92519 °

Altitude  123 m

260 km  Total 34012

Lundi 31 août   Jour 163  Lakinsk – Moscou 

Comme prévu, l’entrée dans Moscou sera pénible. Bien que d’un accès facile avec un trajet qui nous fait passer de circulaires en pénétrantes par de larges avenues, l’abondance de chantiers et le trafic du lundi matin entraineront de tels embouteillages qu’il  nous faudra 3h pour franchir les 20 derniers km menant au camping Sokolniki, dans le parc du même nom, au nord de la ville.

Joli endroit, sous les arbres, que l’on atteint depuis le métro, lui aussi du même nom (tout est simple pour les voyageurs !) par un tram qui serpente en site propre dans les bois. A certains carrefours, la machiniste descend pour actionner les aiguillages, c’est très rafraichissant… 

Agnès, qui a concocté le programme, nous a prévu une ballade en bateau sur la Moskowa pour découvrir la ville. Belle idée car la vue en  est splendide et, de plus, nous essuierons quelques grains bien à l’abri ! 

On y balaie tous les styles et toutes les époques qui ont marquées l’histoire de la Russie, dont on s’épargnera le récit, du classicisme post catherinien au néo classique stalinien, le ministère des affaires étrangères et les gratte ciel  qui dominent la ville en constituant les plus beaux exemples, du baroque, avec la statue de Pierre le Grand en navigateur, au modernisme du business conquérant.

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Le soleil revenu, on goûte le charme du parc Gorki qui borde la rivière, attraction pour de nombreux moscovites qui viennent y flâner sur les quais, et paradis des joggers , rolleurs et autres skateurs.

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La Cathédrale du Christ Sauveur détruite par Staline, et reconstruite par le maire Iouri Loujkov en 1993 pour 250 millions de $, (il a été limogé depuis, un peu trop complaisant pour les promoteurs) a retrouvé son lustre d’antan, sur la rive gauche. On a même construit un pont pour y accéder depuis l’autre rive !

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La ballade se termine devant les murs du Kremlin et la cathédrale de Basile le Bienheureux, toute droite sortie des fantasmes d’un décorateur « dysneylandien ». 

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Nous reverrons cette basilique de plus près, au coin de la place rouge, place malheureusement transformée en salle de spectacles, on y répète pour un festival de musiques militaires, après avoir visité la petite église St Georges, aux bulbes bleu nuit, en bordure du quartier de Kitai Gorod.. 

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Les grands magasins Goum, à l’architecture exceptionnelle, autrefois rendez vous de la Nomenklatura qui y trouvait tous les articles inaccessibles ailleurs qu’à Moscou et se donnaient rendez vous auprès de la fontaine centrale, bordent la Place Rouge, face au Kremlin. Construits fin XIX° sur le modèle du musée d’histoire et aménagés en magasins sur l’ordre de Lénine, ils sont devenus le temple du luxe occidental. On y trouve même une galerie de près de 100m de long uniquement consacrée à l’épicerie fine, le « Gastronome N°1 ». 

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La cathédrale Notre dame de Kazan au coin du Goum, qui fut rasée par Staline pour permettre le passage des chars lors des grandes parades sur la Place rouge y fut  également reconstruite en 1993. On a beaucoup consacré d’argent aux églises dans cette période là, les recettes pour redonner le moral à un peuple après un bouleversement historique n’étant pas si nombreuses: Retour aux Traditions, à la Grandeur passée et à la Foi unificatrice , ou plongée dans le tourbillon artificiel de la consommation. La Chine et la Russie ont chacune choisie leur voie, mais, dans les deux cas, les classes dirigeantes sont restées au pouvoir !

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Nous terminerons la journée par un spectacle équestre, aux accents nationalistes, les lices étant installées devant le Mausolée de Lénine. Curieux symboles, le Mausolée du fondateur de la Russie communiste, face au temple du Luxe triomphant , masqué par des « jeux du cirque ». Le respect se perd…. 

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N 55.81678°  E 37.67743°

251 km   Total 34263 km

 

 

Mardi 1° septembre au jeudi 4 septembre  Jours 164 à 166  Moscou 

Visite du Kremlin, essentiellement la Place des cathédrales, dont on ne résiste pas au plaisir de citer les noms, (Cathédrale des Patriarches, Cathédrale de l’Assomption, la plus belle, Cathédrale de l’Annonciation, Cathédrale de l’Archange St Michel, Eglise de la Déposition de la Robe de la Vierge, Clocher d’Ivan le Grand), le reste des bâtiments étant réservé aux usages gouvernementaux: Sénat, Palais du Gouvernement. Visite ensuite, toujours dans l’enceinte du Kremlin, de l’exceptionnel Musée des armures, avec une collection d’orfèvrerie éblouissante, la majorité des pièces ayant été offertes comme cadeaux diplomatiques par tous les souverains européens.

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Retour à la Cathédrale St Sauveur, sur les bords de la Moskowa. De l’intérieur, on comprend où sont passés les dollars, tant cela ruisselle de dorures, icones, fresques..

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La promenade se poursuivra par le Bolchoï, malheureusement fermé et masqué par des portiques de  sono pour des concerts en plein air, suivie  par des emplettes chez le Fauchon moscovite,  ( le cours du rouble aidant..) l’épicerie Elisseiev, à la superbe architecture intérieure art nouveau.

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Le lendemain, le musée Pouchkine, un peu décevant et la magnifique Galerie Trediakov, (dans sa partie consacrée à la peinture russe jusqu’au XIX° siècle, les contemporains étant hébergés dans un autre bâtiment, en bord de Moskowa), nous mettront sur les genoux.

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Nous terminerons cette journée dans la reposante Maison de Tolstoï, voisine de l’église colorée de St Nicolas des Tisserands, non sans nous être sustentés dans un restau géorgien au vin aussi râpeux qu’un mauvais beaujolais…Nous lisons dans notre guide que ces vins sont rares et chers, cher il l’était, rare ..?

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 Notre dernier jour sera aussi sportif: Très longue marche pour aller admirer le panorama de Moscou depuis le mont des Moineaux., qui surplombe la Moskowa.  Panorama il y a , mais brumeux, on distingue à peine les coupoles du Kremlin.

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Nous redescendons vers le monastère Novodiévitchi, au sud ouest de la ville. Ce monastère forteresse a joué un rôle important dans l’histoire de la ville car c’est depuis se murs que s’est construite la victoire des russes contre la Pologne au XVII° siècle. Il a également servi de prison, Pierre le grand le trouvant fort utile pour y loger ses épouses répudiées ou sa demi sœur qui avait comploté contre lui.

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Retour , pedibus , vers le métro pour regagner le centre ville, en constatant au passage que le bâtiment de l’université Lomonossov est aussi stalinien de près que de loin…

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Nous terminerons notre séjour moscovite par une lente déambulation dans la rue Arbat, rue piétonne où se concentrent les attrapes touristes, mais bien agréable par son calme et la beauté des immeubles qui la bordent. Nous y apprécierons un chocolat viennois bien mousseux, ayant renoncé à celui du café Pouchkine depuis que nous avons appris qu’il avait été inventé par Bécaud pour les rimes de sa chanson « Nathalie » . Le café Pouchkine où l’on boit les chocolats les plus chers de Moscou a été créé par un malin qui avait constaté que les touristes recherchaient ce café, sans le trouver !

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Bye bye Russia

Nous quittons Moscou demain et prenons la route du retour, la même qu’à l’aller, par la  Lettonie et la Lituanie, car nous ne pouvons aller au plus court à travers la Biélorussie pour cause d’état des routes et nécessité de visas. Nous sauterons simplement l’étape de Berlin et chercherons le trajet le plus court en Pologne, Allemagne et Belgique. 

Sauf incident mécanique, nous visons d’être à Spy, en Belgique, le 11 septembre pour  passer ensuite une semaine dans le Nord entre le 12 et le 18. Nous devrions être en région parisienne les 19 et 20 avant de regagner Suze la Rousse , via une halte à Tournus. 

Cet « article » est donc le dernier de notre blog, nous espérons que vous avez eu autant de plaisir à les lire que nous en avons eu à choisir les photos et à le rédiger. Encore une fois, merci à David, sans lui nous n’aurions pu faire partager cette expérience extraordinaire ni maintenir les liens, indispensables, avec chacun d’entre vous.