Catégories d'archives: 2019 10 Amsud 3 Pérou

Les sacs de voyage se remplissent (curieuse entrée en matière, non? on dirait que ça se fait tout seul), mais on n’a pas échappé  aux questions existentielles: quels vêtements emporter ?

On ne se souvient plus de ce qu’on a laissé dans le véhicule, c’est si loin, déjà 10 mois!

Par contre, côté culture, on est paré: Agnès m’a offert le dernier Piketty « Capital et idéologie ». 1200 pages, 170 graphiques, un pavé de 1128g, avec ça, je tiens jusqu’en Alaska, mais je ne ferai pas de notes de lecture…

Nous avons dû retarder notre départ, l’année a été difficile pour Agnès qui a enchainé quelques soucis de santé avec, en point d’orgue, une intervention au genou pour régler un problème de ménisque. Elle n’est pas encore prête pour crapahuter, mais il est temps de partir et nous serons très prudents dans nos projets de randonnées, tant qu’elle ne sera pas au top.

Décollage prévu le 16 octobre, et arrivée à Cusco en fin de journée, sauf surprise. L’heure sera tardive et nous avons réservé un hôtel près de l’aéroport: arriver de nuit et dormir dans un véhicule froid, encombré de matériel et sans électricité ne nous parait pas judicieux…

Ensuite, visite de la partie amazonienne du Pérou (ce qui n’a pas brûlé..), puis le nord du pays. Et après, c’est le brouillard total: nous pensions visiter l’Equateur, puis la Colombie, et enfin expédier le véhicule  depuis Cartagena vers Veracruz, au Mexique, où nous avions l’intention de le laisser 6 mois en gardiennage.

Cela parait sévèrement compromis vu la situation en Equateur où les routes sont barrées et l’état d’urgence proclamé. Pas les meilleures conditions pour le tourisme!

Nous recherchons donc un plan B, pour l’instant rien en vue.

A bientôt donc, pour les prochaines éditions de ce journal et bienvenue aux nouveaux lecteurs  « abonnés » : Jean-Pierre et Michel, Rémy et Jacqueline.

Mercredi 16 octobre . Jour 1  

Que voilà un voyage qui commence mal : longue attente à l’enregistrement d’Iberia à Orly, puis l’employé qui nous demande de lui présenter notre billet de retour. Stupeur !

Les règles internationales, que nous avions oubliées, et qui d’ailleurs ne nous avaient pas été appliquées lors de notre précédent voyage vers Montevideo, imposent cette disposition pour les voyageurs sans visa, ce qui est notre cas puisque nous resterons moins de trois mois au Pérou. Nous protestons, sans succès, demandons à rencontrer le supérieur hiérarchique à qui nous présentons les documents douaniers du véhicule prouvant qu’il est en dépôt sur place et que, vu la limitation dans le temps de l’autorisation temporaire nous quitterons forcément le pays.

Rien n’y fait. A notre demande, elle appelle son propre supérieur, ne parvient pas à le joindre, et nous intime d’attendre pendant que l’enregistrement continue.

Il va être clos, nous laissant tout marris.

Seule solution : acheter un billet au départ de Lima, le moins cher possible. Mais Iberia n’est pas une compagnie low cost, et le délai qui nous est laissé rend impossible un achat sur internet, on n’est pas si geeks que ça, malgré l’assistance téléphonique d’Eulalie qui fait de son mieux pour nous trouver une solution.

Bien coincés, on achète, cher, deux places sur un vol Lima – Santiago, qui ne nous serviront pas, on enregistre les bagages, derniers passagers du vol, et on se rend en hâte à la salle d’embarquement.

Puis, là, ça traine, et de nouveau dans l’avion : nous décollerons avec une heure de retard. C’était bien la peine de nous mettre la pression ! Evidemment on arrivera à Madrid à la bourre.

Sur place, nous découvrons que l’embarquement du vol pour Lima est dans un terminal éloigné, qu’il faut prendre une navette ferroviaire et que le transfert nécessite au minimum 27 mn. On cavale (enfin, on se dépêche, nos sacs cabines sont lourds, chargés d’ordi, de liseuses et d’appareils photos), jusqu’à la salle d’embarquement que nous découvrons vide, l’avion est parti, sans nous….

Le service clients Iberia nous trouve un vol sur Latam à 1h du matin, et nous fournit des coupons pour les repas dans un resto de l’aéroport. Et il nous faut d’abord récupérer nos bagages, ils n’ont pas été chargés dans le vol pour Lima (on aurait été surpris qu’ils courent plus vite que nous).

On attaque par un repas dans « Le » resto qui accepte les coupons. Plats de cantine, boulettes frites ou poulet de batterie frites : c’est le menu réservé aux voyageurs laissés pour compte. Je comprends mieux la mimique de l’employé quand je le remerciais chaleureusement pour ces repas de gastronomie espagnole…

Longue après midi d’attente dans le terminal, de temps en temps on marche pour se dégourdir les guiboles (6km quand même au podomètre sur la journée) et, pour le repas du soir, même menu dans le même resto, il n’y en a pas d’autre qui accepte les coupons.

On laisse tomber et nous rabattons sur le stand de jambon ibériques, où on s’envoie une assiette de pata negra de ballotta (**** , le ***** est vraiment trop cher) , sur du pain grillé imprégné d’huile d’olive, arrosé d’un verre de blanc.

Même plaisir que lors de notre précédente escale à Madrid, il faut bien compenser. (A propos, est ce que le concept existe en France ? ça ferait un tabac)

Long vol, 11h 30, jusqu’à Lima, et à l’immigration, on ne nous demande pas nos billets de retour. Les boules…

Nouvelles cavalcades dans les couloirs, la récupération des bagages a été longue (qui ignore l’angoisse du voyageur guettant ses valises sur les convoyeurs ?), puis dernier vol pour Cuzco, et taxi jusqu’à Quinta la la, où on arrive à l’heure prévue, mais plus crevés, puisqu’on a passé la nuit dans l’avion au lieu de l’hôtel.

Jeudi 17 octobre – Mardi 22 octobre. Jours 2 à 7. Cuzco

Accueil chaleureux de Milli que nous retrouvons avec plaisir, et redécouverte de notre véhicule. Sale, bien sûr, 10 mois d’intempéries laissent des traces

Milli se chargera de descendre à la douane pour demander la cessation de la suspension temporaire de l’autorisation d’importation en détaxe du véhicule (fermez le ban..). Elle nous explique que la durée qui restait dans l’autorisation initiale recommence à courir, il nous reste donc 66 jours pour sortir du Pérou. Pas de problème pour nous, mais à savoir pour ceux qui solliciteraient une suspension à la fin de la durée de validité de l’autorisation initiale.

La remise en état du véhicule commence par le branchement et la mise en charge des batteries, jusqu’ici ça va, le rangement des bagages, et une rapide descente en ville pour des courses légères. Il nous faut nous réhabituer à l’altitude, le souffle est court et on est un peu migraineux. De plus, contrairement au séjour précédent où nous étions arrivés par la route, nous n’aurons pas eu d’accoutumance progressive à l’altitude, et le camping est à 3600m.

Coucher tôt, décalage horaire oblige, et nuits hachées. Et, pour être complet, le médicament prescrit contre le mal des montagnes, le Diamox, a pour effet d’accélérer la diurèse, je ne fais pas de dessin..

Les jours se suivent, avec une météo bizarre: grêle, pluies diluviennes, puis ciel dégagé avec un indice UV à 13, on se tartine, puis on sort les capes de pluie.

La fin de semaine retarde les activités incompressibles (visite de contrôle de la douane, révision du véhicule), et on vit un peu au ralenti, avec quelques descentes en ville, toujours aussi attirante, en particulier le marché avec ses couleurs violentes, ses odeurs tout autant, et ses fruits inconnus.

De longues périodes d’oisiveté. On écoute les play lists que nous avaient préparées Paul et Bertrand, merci à eux.

Peu d’envie de faire des photos, ce sera donc une édition sans, et beaucoup de lecture des infos, cette année nous nous sommes abonnés à l’édition numérique du « Monde », et on suit le fil de « France info ». Bien nous en a pris :  l’Amérique du sud connait une poussée de fièvre. Au Chili et en Equateur, les politiques d’austérité imposées par les droites au pouvoir provoquent des explosions sociales, en Bolivie, Evo Morales, seul président indigène du continent, est contesté après avoir un peu tordu la constitution pour se représenter, et en paye le prix. Et comme le comptage des votes du présent scrutin est douteux, ça sent le roussi.

En ce qui nous concerne, égoïstement, Chili et Bolivie sont derrière nous, le Pérou est stable, et l’Equateur s’est calmé après recul du gouvernement. Mais les voyageurs, actuellement au Chili, n’osent plus circuler et cherchent désespérément des infos sur les blogs.

La douane vient de passer pour vérifier la présence du véhicule et nous expédiera par mel ce soir (inch’Allah), le certificat de levée de la suspension.

Demain, on prend la route, enfin ! pour Puerto Maldonado, dans les basses terres amazoniennes, on a sorti les produits anti moustiques.

Mercredi 23 octobre. Jour 7   Cuzco / Mazuco

Si nous pensions descendre gentiment de Cuzco, 3500m d’altitude, à Puerto Maldonado, à 250m, nous nous sommes gentiment bercés d’illusions. Rien de bien nouveau jusqu’à Urcos, 2800m, nous avions déjà parcouru cette route à plusieurs reprises. Une bonne surprise : la ville, qui était en chantier lors de notre dernier passage en raison de la construction d’un pont, se traverse maintenant facilement.

On s’engage ensuite sur la 30 C « Interocéanique Sud » qui relie les deux océans, traversant le Pérou et le Brésil, excellente route à deux voies, très bien entretenue. Mais avant le Brésil, il y a encore un peu de cordillère andine.

Montée sérieuse pour atteindre le col de l’ Abra Cuyuni », à 4185m. On se dit que c’est déjà pas mal pour une mise en jambes. Descente rapide puis, rebelote, en plus sec et en plus long jusqu’à l’Abra Pircuyani, à 4725m. On fera quasiment toute la montée en seconde. Peu de trafic, peu de poids lourds, heureusement.

On se lance dans la descente et, au bout d’une trentaine de kms, on se dit que ce voyage semble devoir être baptisé la « scoumoune » : un voyant orange s’allume, indiquant un défaut moteur, et je ne parviens plus à dépasser les 2000 tours/mn. Angoisse, et incompréhension, le véhicule sort tout juste de révision ! On descend poussivement jusqu’au premier bourg un peu important, sans vraiment prendre garde au paysage, aux quelques effondrements de chaussée causés par une pluie récente, ni à la température qui a sensiblement augmenté.

A Mazuco, nous trouvons un atelier où deux jeune types, perplexes devant un turbo démonté, nous renvoient chez le voisin, électricien auto.

Miracle, vu l’environnement, il possède une console et peut scanner la carte électronique du véhicule. Je coupe le contact, le remets, le défaut a disparu…

Je teste, l’accélération, OK jusqu’à 4000 tours, il scanne la carte : R.A.S. Mystères de la technique !

L’électricien ne voudra rien pour sa prestation, 10 mn il est vrai, et nous repartons en quête d’un bivouac, que nous trouverons à Santa Rosa, sur le parking d’une station-service « Servi Aldo », après avoir essuyé trois refus.

Km : 361 Total 375

S 12° 55.534’    O 70° 17.880’

Altitude 320m

Jeudi 24 Jour 8 Mazuco / Puerto Maldonado

Départ matinal, le soleil se lève à 5 heures. A 7heures, il fait déjà 27° !

La route est rectiligne, le paysage très semblable à celui du Pantanal : rizières, bananeraies, vergers et potagers dans les zones habitées, forêt luxuriante (comment éviter cette banalité dans ces régions ?) la plupart du temps. De temps en temps, quelques cabanes sur pilotis, une école en dur, et toujours les « rompe muele », ces dos d’âne qui ne vous pardonnent pas de les avoir oubliés.

Nous sommes vite stoppés par une barrière de chantier. Et là, nous comprendrons le mode de gestion des passages alternés : une moitié du temps pour un sens, une moitié pour l’autre, et, comme disait Escartefigue, une troisième moitié pour les travaux. Nous patienterons ainsi 40 mn avant de voir s’ouvrir la barrière.

Fin du trajet jusqu’à Puerto Maldonado plutôt relax, et Agnès nous guidera magistralement jusqu’à l’ « Anaconda Lodge », repéré sur IOverlander.

L’endroit a dû connaitre de meilleures heures. Une grande parcelle boisée où ont été aménagés, à minima, une dizaine de bungalows, des allées qui nécessiteraient un bon débroussaillage et ne permettent pas le passage de véhicule.

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Mais il a deux points forts : la piscine, et la cuisine thaï.

Le lodge est en effet la propriété de Donald et de son épouse thaïlandaise. Ils y survivent avec la fille de celle-ci, âgée d’une trentaine d’années. Survivent car le peu de touristes qui vient jusqu’ici est hébergé près de la réserve de Tambopata, rares sont ceux qui résident en ville, il n’y a rien à y voir, sauf le pont, qui enjambe sur le rio « Madre de Dios » et conduit vers le Brésil.

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Donald est un personnage : né au Pérou, élevé en suisse, il a été militaire, puis guide touristique et s’est installé ici depuis une dizaine d’années. Il nous fait penser à ces vieux coloniaux décrits par Georges Conchon. Vêtu d’un bermuda, un verre de blanc en permanence à portée de la main, il semble pratiquer à l’extrême l’exercice difficile de la délégation. En deux jours, nous ne le verrons rien faire, si ce n’est caresser le ventre de sa guenon en nous expliquant que son comportement était changeant, la petite est enceinte.

Sa passion pour les animaux est réelle, il identifie tous les oiseaux , les repère dans la ramure, tel ce toucan.

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Il nous surprendra, à la nuit, au bord de la piscine, lorsqu’il nous invitera à observer avec lui les arabesques des chauves-souris, attirées par les cris de leurs congénères qu’il reproduit grâce un petit magnétophone. Moment hors du temps…

Km 141 Total 516

S 12° 35.887’    O 69° 13.064’   Altitude 230m

Vendredi 25 octobre Jour 9  Puerto Maldonado

Nous avions réservé, auprès de nos hôtes, une excursion d’une journée autour du lac Sandoval, dans la réserve de Tambopata, point d’intérêt de cette région.

Un taxi nous récupère au lodge, nous dépose à l’embarcadère où attendent déjà une quinzaine d’autres voyageurs. Certains ont réservé des circuits de 2 jours, d’autres de 3 ou 4. On se retrouve vite à glisser sur le rio « Madre de Dios », large de bien 500m, jusqu’à un lodge d’où une partie du groupe prend possession de ses locaux, puis on repart vers la réserve.

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Longue marche d’approche, le genou d’Agnès tient, puis à bord de longues barques, tour du lac, entrecoupé d’une pose déjeuner. Nous dégustons le riz végétarien que l’on nous avait distribué le matin, roulé dans des feuilles de bananier.

La faune n’est pas aussi riche que celle que nous avions découverte au Pantanal, ou plus méfiante.

Quelques instantanés :

Les loutres qui se prélassent dans la mangrove, avant de tenter une petite traversée. Elles se déplacent toujours en groupe, craignant les gros caïmans noirs.

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Les tortues, que les papillons aiment bien chatouiller

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Une petite variété d’oiseaux dont un cormoran qui voudrait impressionner ses potes, ça les ferait plutôt marrer.

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Des singes, capucins et sapajous, les deux espèces étant fréquemment mêlées.

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Une escadrille de chauve- souris. On dirait des « Rafales Marine » sur le pont du Charles de Gaulle. De près, ne sont-elles pas mimi ?

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Et, partout, de fantastiques papillons, qui, parfois, se rassemblent en bouquet.

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Sur le chemin du retour, à la nuit, on cherchera les petits caïmans blancs, sur le bord du rio. Rien ne les dérange.

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Arrivés au lodge à l’heure du repas du soir, une seule surprise : Les femmes sont en cuisine, Donald est bien là, partageant le diner avec les voyageurs, mais il est passé au rouge…

Samedi 26 Jour 10   Puerto Maldonado – Quelque part sur la route

Retour sur nos pas, on se dit que ce que nous avons vu ne valait pas vraiment 1000km et trois jours de route.

Nous souhaitons dormir à moins de 2500m d’altitude, pour nous réaccoutumer. Cela sera fait en nous arrêtant tôt dans la montée de l’Abra Parcuyani, en bordure de route, près d’une posada fermée en cette saison mais où l’on nous accepte bien volontiers. En remerciements, vu les poulets qui courent partout, nous achèterons une douzaine d’œufs et laisseront un petit souvenir de Paris. La joie de la propriétaire nous surprendra.

S 13° 33.064’   0 70° 53.338’

Altitude 2165m

Km 288 Total 804km

Dimanche 27 Jour 11   Retour à Cuzco

C’est jour de marchés dans tous les villages traversés. C’est bondé et on ne s’arrêtera pas pour immortaliser la foule des paysans venus vendre leurs produits ou acquérir l’essentiel. Dommage car les coiffes des femmes sont exceptionnelles, larges et colorées, souvent pailletées.

Lors d’une halte, pourtant, je pourrais saisir, de loin, trop loin pour que je puisse demander l’autorisation, l’une d’entre elles. Me voyant, elle tente de se dissimuler derrière un buisson. Elle ne gagnera pas un prix de camouflage !

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Nous la rejoignons et là, souriante, elle prend la pose, puis sollicite une petite gratification, que nous acceptons bien volontiers. La photo n’étant pas très réussie, je la garde pour moi..

Arrivée à Quinta la la à l’heure du repas, petite sieste, puis corvée de lessive pour Agnès (c’est bien la peine de me moquer de Donald) et blog pour moi.

A la tombée de la nuit (ici c’est 17h30/18h), on frappe à la porte. Un de nos voisins hollandais vient nous inviter pour des « happy hours ». Et chacun d’apporter ses sièges, ses verres, du liquide et des bricoles à grignoter, et nous nous retrouverons à une quinzaine, de tous pays, à prendre l’apéro en échangeant des expériences de voyage.

Je n’ai pas noté le kilométrage, ça sera pour demain, le suspense ne doit pas être insoutenable.

 

 

 

 

Lundi 28 octobre. Jour 12   Cuzco

En préambule, toutes nos félicitations à Michel qui, après 5 ans de lecture assidue (et méritoire) de ces textes, a enfin compris comment on agrandit les photos. Magie du simple clic…

A 9h pile, nous sommes devant l’atelier où nous avions commandé deux pneus la semaine dernière. Les ouvriers ouvrent les grilles, pas de pneus : c’est la patronne qui doit les amener. A 9h45, elle se pointe, sans pneus : ils seront livrés à 15h.

Histoire de ne pas perdre de temps, on passe chez Ford, à deux pas, pour faire vérifier l’électronique, le défaut s’étant reproduit. Au scanner, rien d’anormal, il va donc falloir s’habituer à vivre avec un voyant taquin.

Courses diverses, recherche d’un bar wifi, puis retour à l’atelier. La patronne se tord les mains, le camion est bloqué à un contrôle de douane, à plus d’une heure de Cuzco, elle essaye de les faire livrer en taxi….

Celui-ci arrivera à 17h30, impossible donc de partir ce soir. Et pour corser le tout, un goujon est grippé, il a dû être remonté en force lors de la dernière crevaison, au Brésil. Il cède enfin, mais ne pourra être remonté, filetage ruiné. On roulera donc sans.

Retour imprévu à Quinta la la à 19h30, et, ce soir, pas de happy hours.

Km : 12 Total 1020

Mardi 29 octobre  Jour 13 Cuzco  / Laguna Pacucha

Il nous faudra une bonne demi- heure pour traverser Cuzco, ayant loupé une intersection et baguenaudé dans quelques ruelles bien pentues.

Puis une belle route, de montagne, naturellement, avec un col, l’abra Surlacca, à 4000m, avant de dévaler jusqu’à Abancay.

La ville s’est déployée dans une vaste combe qu’elle obture complètement et il est impossible de la contourner.

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Ses rues étroites, engorgées et pentues sont un délice, nous gardions de notre premier passage un souvenir ému, et retrouverons les mêmes émotions : c’est dans ce genre d’occasion que je puise dans mon répertoire de jurons, au grand agacement d’Agnès.

En fond de vallée, nous trouvons l’embranchement pour d’Ayacucho. La route est belle, et raide. Au sommet, il faut choisir : une piste rejoignant le fond de la gorge, puis remontant le rio, ou les crêtes. Sur la base de l’expérience vécue par d’autres voyageurs qui avaient choisi la gorge et y avaient passé la journée, nous choisissons les crêtes.

Qui dit crêtes, dit cols. L’abra Huayllaccasa et ses 4165m nous attend : on monte à 35 km/h, mais la route est en très bon état, comme la plupart des routes péruviennes d’ailleurs.

En fin de journée, nous quittons la route pour un piste de 8km afin de bivouaquer au bord de Laguna Pacucha. Ce petit lac abrite sur ses rives quelques restaurants, fréquentés en saison. Aujourd’hui, c’est grand calme.

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S 13° 36.468’   O 73° 20.258’   Altitude 3125m

Km 347 Total 1367

Mercredi 30 octobre Jour 14 Laguna Pacucha / Ayacucho

Joli réveil, en bord de lagune, et charmante visite.

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Mauvais début de journée par contre : plus d’eau aux robinets, alors que j’ai fait le plein la veille ! Est-ce un problème de pompe ? de fusible ? de colmatage ? Un nettoyage du filtre, qui en avait bien besoin, ne règlera pas le problème. Nous constaterons alors que le réservoir est vide. Une fuite ? Misère..

Je réalise alors que, en déplaçant du matériel dans un coffre, j’ai malencontreusement actionné le poussoir de la commande de vidange du réservoir d’eau. Un incident banal mais qui nous montre, une fois de plus, à quel point nous sommes dépendants du matériel.

Abra Saraccocha, premier col à 4263m, ça monte sec, mais, avec 100kg d’eau en moins, ça passe mieux. Il faut voir le côté positif des choses…

La région est fertile, les vallées intensément cultivées et les pentes exploitées au maximum: maïs, pommes de terre et cultures maraichères alternent avec des parcelles de céréales qui sont fauchées avant maturité pour nourrir les bêtes.

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Bêtes qui d’ailleurs partent pâturer dès le matin, accompagnées de grand mères ou de jeunes filles. Traverser les routes ne les préoccupe guère, elles ont le sentiment légitime d’être prioritaires. Nous verrons même un cheptel familial complet défiler devant nous : les vaches, bien sûr, les moutons, aussi, et même une truie, en laisse, avec ses petits.

Au-delà de 3900m, beaucoup moins d’agglomérations, plus de ce maraichage qui verdissait le paysage, encore moins d’arbres : on ne voit plus qu’un tapis de graminées et parfois des parcelles, sur les versants les mieux exposés, qui viennent d’être labourées. Bien plus qu’en Bolivie, l’agriculture est mécanisée et seules les terres les plus pentues sont retournées à la main. Dans le brouillard et l’altitude, les couleurs sont moins riantes.

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Col franchi, roue libre (ou presque) jusqu’au lit d’une rivière 2200m plus bas. Halte au passage dans un village pour quelques emplettes : l’épicière, surprise que l’on achète un quatre quart entier (20 tranches !) alors qu’elle s’apprêtait à nous en vendre deux, est ravie, et tient à nous faire un cadeau : une petite boite d’allumettes ; ça tombe bien, on est à court.

Nous atteignons le pont permettant de traverser la vallée pour attaquer le versant opposé. Halte pour déjeuner au début de la montée : ce 2° col, l’abra Huamina, 4296m, il va falloir se le faire..

On n’est pas déçus, les épingles se succèdent par dizaines. Sur la journée, j’ai dû changer 2000 fois de vitesse…

Bonne surprise au sommet, on est sur l’altiplano et on peut, dans de belles lignes droites et de longues courbes progresser plus vite. Dernier col, que l’on efface facilement étant resté en altitude : l’abra Tocctoccsa, à 4200m. On termine le parcours par une longue descente vers Ayacucho, et sollicitons l’autorisation de nous garer pour la nuit à la station Primax, où nous refaisons le plein d’eau.

S 13° 13.279’   O 74° 13.707’   Altitude 3304m

Km 245   Total 1612

Jeudi 31 Jour 15   Ayacucho – Churcampa

L’entrée en ville en début de matinée est sportive. Heureusement Agnès a repéré sur Eoverlander un emplacement où nous pourrons laisser le véhicule, à moins de 2km de la Plazza de armas. Par chance, pour s’y rendre, on circule à contreflux et ça se dégage. Pas aussi simple sur la fin, la ville est coupée par un rio et de nombreuses rues finissent en cul de sac, qui nous vaudront quelques demi- tours.

Jolie place d’armes, qui nous rappelle celle d’Arequipa, avec toutefois une cathédrale bien plus modeste. Les arcades abritent comme dans la plupart des villes péruviennes, services publics, banques et agences de voyage. On y repère quand même « Le » café wifi où nous pourrons satisfaire notre addiction à l’internet en prenant un second petit déjeuner en terrasse, et what’sapper avec la famille.

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Les rues voisines de la place abritent de jolis immeubles de l’époque coloniale, aux vastes cours bordées de galeries.

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Nous visiterons la cathédrale en fin de matinée, bien décevante par son architecture mais aux splendides autels churrigueresques. (j’aime bien, je le ressors à chaque fois…)

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Par contre, le musée le plus intéressant, consacré aux arts populaires, est fermé. Nous décidons donc d’abréger l’étape et reprenons la route vers Huancayo.

Belle route jusqu’à Huanta. Agnès m’annonce : nous suivrons le lit du rio sur plus de 100km, pas de col en vue !

Sauf qu’à l’entrée de Mayocc, la route est barrée, il faut descendre dans le lit du rio puis le traverser sur d’anciens pont. Dans le village, déviation, on nous explique que la route est en travaux et n’est ouverte que les fins de semaine. Il nous faut nous engager sur la 3SD, par les crêtes.

Et on se tape une route bien raide, plus de 10% sur certains passages, et la plus étroite, que l’on ait jamais parcourue. Heureusement le goudron est de très bonne qualité, il est possible, à de rares endroits, de se croiser, et la circulation est réduite. Je ne cesserai de m’interroger, dans les épingles qu’il faut franchir en 1°, sur ce qu’il faudra faire face à camion…

Au bout d’une trentaine de km, nous débouchons dans un village, Churcampa, avec une jolie placette où nous décidons de passer la nuit. Plein les bottes.

Echanges sympas avec l’épicier du coin, puis : bonne nuit les petits…

S 12° 44’ 22.1’’    O 74° 23’ 15.6’’    Altitude 3306m

Km 128 Total 1740

Vendredi 1° novembre  Jour 16   Churcampa / Viques

Départ matinal, l’étape risque d’être longue. Dès la sortie du village, plus de goudron, mais une route bien dure, sans trous ni tôle ondulée, quasiment le rêve.

Sauf qu’on est bien sur une route de montagne : 120km à plus de 3800m d’altitude dont 30  à plus de 4200 m, et si étroite qu’il nous faudra faire marche arrière deux fois pour pouvoir croiser des camions.

Dans un virage, la question ne se pose plus : une semi-remorque est à 45° : pour pouvoir croiser et éviter que le véhicule en face verse au ravin, le chauffeur a mordu le fossé côté montagne et son tracteur a basculé et se trouve maintenant en appui sur la pente de rochers. La remorque a suivi.

Il nous reste assez de place pour passer et Agnès n’apprécie pas trop la sensation : côté ravin, le passager à une belle vue sur l’abîme..

Et, à l’issue d’une longue descente où la route est parfois tracée sur la crête avec des ravins de chaque côté, nous retrouvons enfin le goudron.

Route nord -ouest vers Huancayo, belle route bien large, et bien pentue. Si pentue que le conducteur d’une semi-remorque circulant en sens inverse en a perdu le contrôle dans la descente, a traversé la chaussée et s’est retourné dans le fossé de la voie montante, quelques instants avant notre passage, la police vient tout juste d’arriver.

Le métier de chauffeur de poids lourd, dans ces contrées, où ils rejouent chaque jour « Le salaire de la peur » mérite le respect…

Nous devons traverser Viques, mais la route est barrée, pont en construction dans le village. Un gros effort de rénovation du réseau est manifestement entrepris, une dizaine de ponts doivent être reconstruits dans le secteur. Déviation donc, sportive par des chemins étroits et des raidillons Pour corser le tout, les locaux taxent les véhicules qui empruntent ces chemins : 2 soles le passage. Ils ne manquent pas d’air !

Nous cherchons le camping repéré sur Eoverlander, c’est à 40km, dans la montagne. Un nouveau col à 4000m, et plus nous nous enfonçons dans la montagne, plus le doute nous envahit sur la localisation. Arrivés au point GPS, nous sommes sur une piste, au milieu de nulle part. Vérification faite, j’ai fait une erreur en encodant les coordonnées dans le Garmin…

Une demi- heure de pause et on fait demi-tour. Comme toujours, le retour nous paraitra bien plus rapide, belle consolation. Sans plus chercher, bivouac sur la plazza de Viques

S 12° 09’ 19.1’’     O 75° 14’ 42.2’’      Altitude 3200m

Km 276         Total 2016

Samedi 2 novembre. Jour 17  Viques / La Florida

Malins, pour éviter les chemins périlleux de la déviation du pont de Viques, nous nous dirigeons vers Huancayo par la rive droite du rio, et bénéficions d’une route peu fréquentée qui nous mène tout droit au pont qui permet d’accéder à la ville.

Nous laissons le véhicule dans une station- service et gagnons le centre- ville, Plazza de la Constitucion, en taxi.

Huancayo ne vaut pas le détour : ville active, se modernisant à grand pas, bruyante et sans autre intérêt que ses mercados. Après la halte wifi indispensable (au Starbucks, la honte !) nous irons y chercher un peu de dépaysement dans un quartier bouillonnant, derrière la gare.

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Nous ne nous attarderons pas à Huancayo et repartons vers La Florida, où nous espérons pouvoir passer la nuit dans une hacienda.

Arrivés sur place, nos vœux sont exaucés : la propriétaire est charmante et nous indique l’emplacement idoine pour y garer le véhicule, dans une des cours de cette belle exploitation, agricole, mais où se pratique en parallèle une activité hôtelière.

Vestiges des temps passés, la cloche, pour sonner l’alarme, la simplissime chapelle, le pigeonnier

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Visible de la terrasse, Le jardin, et son espace méditation,  vaut le détour.

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Nous y profiterons de la restauration : au diner on nous servira en dessert une préparation dont nous n’avons pas capté le nom : de la semoule de maïs cuite à l’étouffée dans des feuilles de maïs, relevée de quelques raisins secs confits dans de l’alcool. Délicieux, quoique un peu roboratif.

S 11° 22.124’   O 75° 40.822’’   Altitude 3010m

Km 130  Total 2146km

Nous venons d’apprendre le décès de notre ami Bertrand. Face à cela, toutes nos petites mésaventures paraissent bien dérisoires. Il avait choisi de faire de sa passion pour le voyage son métier. Avec lui, c’est l’élégance qui s’en va.

Toute notre affection à Nadine, Romain et Simon

 

 

Dimanche 03 novembre. Jour 18   La Florida / Tornamesa

La gestionnaire de l’hacienda nous le confirme, pour Lima, il vaut mieux compter en heures de route qu’en km :10heures de route pour 240km !

Peu de trafic jusqu’à La Oroya, et deux cols, dont l’un à 4227m sans difficulté particulière. On imagine donc que le pire est à venir. De fait, la traversée de La Oroya est un peu difficile, un flux de camions y naissant : cette ville est le cœur minier du Pérou, on y longe des usines d’affinage de métaux et une gare de triage, et elle est proprement hideuse. Elle serait l’une des plus polluées au monde, le taux de métaux dans le sang dépasse la norme chez 9 enfants sur 10, mais les habitants se battent pour conserver les usines…

Enserrés dans le flux de camions, nous attaquons l’Abra Anticona, qui culmine à 4822m. De part et d’autre de la route, des mines, des usines de traitement métallifère et des terrils. Arrivés au sommet, on peut se dire qu’on s’est fait le mont Blanc, en voiture, mais pas tous seuls.

Nous perdons de l’altitude dans des gorges spectaculaires où s’entrecroisent les meccanos géants des ponts de chemin de fer et les vestiges des ponts de l’ancienne route.

A San Matteo, en sortie de gorges, pour corser le tout, blocage total : c’est la fête de la danse et les groupes défilent dans la rue. Il n’y a qu’à attendre et admirer les costumes.

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Très longue descente, pour perdre 3300m d’altitude en 60km, dans une vallée étroite.  A chaque fois que l’espace se dégage, c’est la ruée pour doubler. Le moins réactif reste derrière les camions, au pas…

On fait de même, et ayant rapidement adopté le mode de conduite local, je me fais une belle ligne continue dans une large courbe. Manque de pot, en sortie de virage, une escouade de flics se tape sur le ventre en guettant les fautifs.

Coup de sifflet, rangez- vous, documentos…

J’ai droit au bis repetita de notre racketteur bolivien : vous allez à la ville, vous payez l’amende (498 soles) dans une banque et vous revenez avec le reçu. Etant 100% en tort je n’ai qu’à faire profil bas. Et comme en plus mon pandore est compréhensif, il veut m’aider….

Je m’en sortirai avec une punition de 200 soles (environ 50€), directement dans la poche. Et tout ça à 10m de l’officier commandant l’escouade !

Ça finirait par agacer.

Nous arrivons en début d’après-midi à la » Casa de los titiriteros », où nous devrions pouvoir bivouaquer.

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Surprise d’y trouver de jeunes compatriotes, formé(e)s au street art, et qui, au titre du service civique, assurent des missions artistiques auprès d’ados dans le cadre d‘une association animée par une franco -péruvienne. Moment d’échanges agréables, leur enthousiasme est rafraichissant.

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S 11° 54.186’    O 76° 30.934’   Altitude 1500m

Km 182 Total 2328

Lundi 04 novembre  Jour 19  Tornamesa   / La Vegueta

On quitte nos jeunes artistes, et reprenons la descente.

Tout le long de la route s’alignent des « lavaderos », qui bénéficient de l’eau de la rivière canalisée dans des conduites forcées. Un bon nettoyage du véhicule s’impose, en particulier au niveau des panneaux solaires, encrassés par l’hivernage à Cuzco.

A 50km de Lima, les agglomérations se multiplient et le trafic se densifie. A un feu rouge, nous observons le rassemblement matinal d’une escouade de police, le chef donne ses instructions aux agents alignés, qui lui prêtent une oreille distraite. 500m plus loin, un motard nous rattrape, il a dû nous repérer au feu, et rebelote.

Rangez- vous, documentos…Air connu

Il tourne autour du véhicule, teste la fixation de notre plaque d’immatriculation. Manifestement, il cherche….

Nos papiers en main, il nous indique alors que notre véhicule n’arbore pas les bandes réfléchissantes règlementaires au niveau des bas de caisse.

Cela fait bientôt deux mois que nous circulons au Pérou et c’est la 1° fois que la question se pose ! Il nous indique qu’on n’en trouve pas avant Lima.

Et là, j’ai une pensée pour les prêcheurs qui, à longueur de blogs, vous indiquent qu’il ne faut jamais payer, se montrer ferme, faire semblant de ne pas comprendre l’espagnol et exiger de se faire accompagner au commissariat : le type nous invite de lui- même à le suivre au commissariat et maitrise parfaitement google trad sur son téléphone…

Accueillis par deux policiers, on nous oriente sur un petit bureau où notre motard nous ressort le même numéro : l’amende est de 336 sols, mais, ému par l’émotion (fort bien surjouée par Agnès), il veut bien nous aider moyennant 100 sols.

On paye, et quand on lui demande où se procurer des bandes réfléchissantes, il fait un geste indiquant que ça n’est pas nécessaire, et nous laisse partir…..

Moins d’un km plus loin, on trouve une boutique où le patron passera une demi- heure à nous poser, très soigneusement, (ça colle bien, la voiture est propre!) 2,50m de ces bandes rouges et blanches, pour 42 sols. Il a mal choisi son métier, pour s’enrichir, il aurait mieux fait d’entrer dans la police…

Arrivés dans les faubourgs de Lima, le plafond est si bas, brume ou pollution ? la circulation si anarchique, et notre niveau de confiance dans la police locale si sévèrement entamé, que nous décidons d’abandonner notre projet de visiter la ville et prenons la direction  de la «panaméricaine nord » par une voie rapide. Elle n’a de rapide que le nom, puisqu’on y trouve des intersections, sans feux, avec des avenues fort chargées, et on y notera même des semi -remorques faisant demi -tour sur place, au milieu de carrefour ! 2 heures pour parcourir une vingtaine de kms, on ne regrettera pas Lima.

Sortis de la mégalopole (10 millions d’habitants, près d’un tiers de la population péruvienne), ça se dégage et on se retrouve dans le même désert côtier que celui que nous avions traversé au sud du pays : bonne route, dunes, et des dizaines d’élevages industriels de poulets.

Nous quittons la panamericaine à La Viguetta pour chercher un bivouac en bord de mer, derrière une piscine « olympique » fermée en cette saison. Plage de galets, où les locaux viennent extraire du gravier, et gros rouleaux, pas l’endroit idéal pour une baignade, mais on est « face à la mer.. » pour se préparer un petit mojito et oublier les ripoux..

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S 11° 01.545’   O 77° 38.993’

Km 225 Total 2553

Mardi 5 novembre Jour 20   La Vegueta / Chavin de Huantar

Nous nous dirigeons vers l’intérieur et la cordillère blanche. Très longue montée pour atteindre l’Abra Kaiuasi, avec un orage de grêle qui nous empêche d’admirer les sommets enneigés. L’ascension se termine par un tunnel à 4515m d’altitude, à la sortie duquel une statue joue les Corcovado pour bénir les voyageurs parvenus jusqu’ici, (qui le méritent bien), puis rapide descente sur la vallée de Chavin, très encaissée.

Arrivés en début d’après- midi, on se gare dans terminal de bus, immense et vide. Le plafond est bien bas.

Pour se remettre de nos émotions, on se fera un petit menu sympa au restaurant «Chavin turistico » qui, selon notre guide, est recommandé par les archéologues qui continuent à fouiller les vestiges du temple pré inca qui justifie notre visite. « Trucha a l’ajo » et « piquante de cuy » (devinez qui a choisi quoi ?), après un petit pisco sour, nous réconcilieront avec la région. (ce voyage n’est pas sponsorisé par Paul Ricard !)

S 09° 35.093’    O 77° 10.526.707’   Altitude 3150m

Km 292   Total 2845

Mercredi 6 novembre Jour 21   Chavin – Huaraz

La civilisation de Chavin s’est développée de 1200 à 800 avant notre ère, dans cette vallée d’altitude. Le témoignage le plus impressionnant en est ce temple, construit en bouchon dans la vallée, au prix d’un détournement du rio pour aménager l’espace nécessaire.

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Peu de fréquentation, des visites pédagogiques. Les gamins largueront vite leurs uniformes contre des tenues de sport une fois la traditionnelle photo effectuée.

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L’illustration ci dessous donne une idée des proportions de l’édifice principal.

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Espace cérémoniel, dont l’orientation répondait à des considérations astrologiques relatives à la position du soleil aux solstices, comme dans les temples incas plus récents, le temple était composé de plusieurs zones dont celles des bâtiments, réservés aux prêtres. Le rituel visait à impressionner les foules par la mise en scène, la musique produite au moyen de conques marines et l’usage massif de plantes hallucinogènes. (Jean Michel Jarre n’a rien inventé..)

Dans le bâtiment principal, visite des galeries, ventilées et éclairées. Elles étaient destinées à des cérémonies privées, ainsi qu au stockage des offrandes et des instruments du culte. Au croisement de deux galeries, le « Lanzon ». Ce personnage monolithique représente la divinité principale du peuple de Chavin et est constitué d’une combinaison de caractéristiques humaines et animales.

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Au musée, construit par le Japon en guise de cadeau à la nation péruvienne, à l’extrémité du village, on admirera les reproductions de ces monolithes, une série de têtes qui ornaient les murailles extérieures du temple, des bas- reliefs finement gravés de motifs zoomorphes, de superbes poteries et une collection de conques marines.

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Le retour s’effectuera par la même route, via l’Abra Kaiuasi, avant de s’engager dans la descente vers Huaraz.

Bivouac sur une esplanade herbeuse, à l’arrière de l’hôtel Real Huascarian, en compagnie d’herbivores de diverses espèces.

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S 9° 30.798’      O 77° 31.863’    Altitude 3020m

Km 132   Total 2957 

Jeudi 7 novembre  Jour 22   Huaraz

Grand beau temps au réveil, nous pouvons ’admirer, depuis l’hôtel, les sommets jumeaux des Huascaran.

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Nous avons décidé de laisser le véhicule au repos. Dès l’aube (soyons honnêtes, dès 8h30), nous sommes en ville pour retirer du cash, déposer du linge à une lavanderia, et trouver l’excursion qui nous permettra d’admirer les sommets enneigés de la Cordillera bianca. Coup de pot, un minibus est devant une agence de voyages, et part dans 10 mn.

Première halte à Carhuaz, sa placette et sa fontaine aux statues naïves, puis Yangai , à une trentaine de km de Huaraz.

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Le 31 mai 1970, à 15h23, un tremblement de terre de 7,8 sur l’échelle de Richter détruisit totalement la ville coloniale de Huaraz, causant la mort de 30 000 personnes.

Quelques minutes plus tard, un pan de montagne se détacha du Huascaran Nord et des millions de tonne de glace, de roches, de boues et d’arbres arrachés se déversèrent dans la vallée, à près de 300 km/h, et vinrent ensevelir sous dix mètres d’éboulis le village de Yangai et ses 25 000 habitants. Les seuls survivants, une centaine de personnes, durent leur salut au fait qu’ils étaient dans un point haut du village, le cimetière…

Yangai a été reconstruit un peu plus loin, et les vestiges de l’ancien village sont devenus une étape obligée des excursions dans la région. Pas notre destination préférée, mais bon, une fois qu’on y est, on ne va pas rester dans le minibus…

Lente traversée de ce village mausolée, dont on ne voit rien, si ce n’est une carcasse de bus et des débris de l’église.

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La ballade se poursuivra par une longue montée sur une piste assez mauvaise, dans une vallée encaissée où les cultures florales égayent le paysage. Malheureusement les nuages arrivent et viennent masquer les sommets enneigés.

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L’excursion se terminera à Laguna Chinancocha.

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On y retrouve cette espèce singulière d’arbres, à l’écorce caduque  et dont j’ai oublié le nom, qui pousse jusqu’à 5000 m d’altitude.

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Lac glaciaire à 3850m d’altitude, cette « laguna » est située au cœur d’une réserve naturelle, sur les terres d’une communauté indigène, qui taxe les visiteurs, normal, leur permet de se restaurer frugalement grâce à des plats confectionnés dans des chaudrons bien culottés, (caldo de gallina ou piquante de cuy, ça devient une habitude) mais dont les membres se prêtent volontiers à la séance de pose.

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Retour à la nuit à Huaraz

Vendredi 8 novembre Jour 23   Huaraz / Chao

Montée raide pour quitter la ville et, coup de patins, un fil électrique barre la route au niveau de notre pare- brise, j’ai failli l’arracher ; Agnès parviendra à le soulever suffisamment pour que, au prix d’un démarrage en côte sympa, je puisse passer dessous.

Abra Punta Callan à 4210m pour traverser la Cordillera negra, puis longue descente dans une vallée très cultivée jusqu’à la côte, on retrouve alors le désert côtier. Au niveau de Casma, on quitte la panaméricaine pour rechercher la mer qui, si la logique est respectée, baigne les quais de Puerto Casma. En guise de quai, une vilaine plage, quelques bateaux de pêche sur cales et ce qui ressemble à une prison. Pas l’endroit idéal pour des vacances.

On trouvera quand même une gargote pour y déguster une chevice poissons/calamars.

Traversée de Chimbotte, premier port de pêche péruvien, en déclin en raison de la surexploitation des ressources, mais ville toujours très active. 90% des véhicules sont des taxis qui, pour marauder, s’arrêtent n’importe où, y compris sur les voies de gauche, contribuant à d’énormes bouchons.

L’odeur d’anchois qui baigne la ville nous fait renoncer à l’idée d’aller jusqu’au port : il ne doit ressembler que de très loin à un petit port de pêcheurs des cyclades…

La panaméricaine traverse maintenant une plaine côtière, où l’irrigation permet la culture de riz, et de canne à sucre, alternant avec les champs d’asperges et de piments. Les poulaillers industriels, typiques du désert, se font plus rares mais les poids lourds transportant des caisses de poulets sont toujours aussi nombreux !

Halte sur la place d’armes de Chao, envahie d’écoliers jusqu’à tard en soirée.

S 08° 32.361’    O 78° 40.769’ Altitude 100m

Km 288 Total 3245

 

 

 

 

Samedi 09 novembre. Jour 24   Chao / Huanchaco

Avant de pénétrer dans la grande ville côtière de Trujillo, nous nous dirigeons vers deux temples mochicas, à quelques kms à l’est de la capitale régionale.

La civilisation Moche s’est développée dans cette région depuis l’an100 avant notre ère jusqu’à 800 après J.C. Outre ses représentations des scènes de la vie quotidienne, des châtiments, des actes chirurgicaux et des rapports amoureux, elle a laissé une forte empreinte architecturale, dont la plus spectaculaire est constituée par deux temples pyramidaux, les Huacas, séparés par un village.

Le Huaca de la Luna abritait les activités religieuses et les prêtres, le Huaca del Sol les activités administratives et les juristes. Le village regroupait le peuple, avec les ateliers des artisans, potiers, fondeurs, tisserands dont la production fit la réputation de cette civilisation.

Le Huaca del sol, fort dégradé par le temps et qui a perdu un tiers de son volume, emporté par les pluies, est le plus grand édifice préhispanique du Pérou, a l’allure d’une colline artificielle et ne se visite pas. Il aurait nécessité, pour sa construction, 140 millions de briques d’adobe, bon nombre d’entre elles portant la marque des artisans qui les fabriquèrent.

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Le Huaca de la luna , dont les fouilles sont terminées, est aujourd’hui bien protégé, et présente une structure étonnante : Imaginez un temple trapézoïdal sur le concept des poupées russes : au commencement était le 1° niveau, composé de pièces à vocation rituelles, aux murs intérieurs ornés d’un motif en losange répété à l’infini, avec au centre, la représentation de la divinité, une tête humanoïde aux dents de félins et à la toison de tentacules « poulpesques ».

Tous ces décors étaient effectués en terre façonnée et peinte.

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Le thème restera toujours  le même mais les représentations évolueront, avec parfois des prises de relief.

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Les murailles extérieures étaient, elles, ornées de frises représentant des animaux mythiques, des activités domestiques et/ou rituelles :  pêcheurs, danseurs, défilés de guerriers et de prisonniers enchainés destinés au sacrifice.

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La sélection de ces derniers était effectuée lors de duels, leur but n’étant pas la mort, puisqu’elle devait avoir lieu lors du sacrifice, mais la désignation du vaincu, le 1° à perdre sa coiffe lors du combat.

A l’issue du duel, le vaincu était « préparé » par les prêtres, notamment par l’absorption de plantes hallucinogènes, et conduit dans la chambre du sacrifice pour y être décapité, et son sang recueilli pour un usage rituel.

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A la fin d’un cycle, marqué par le décès d’un grand prêtre, la prise de pouvoir par un nouveau clan ou tout autre évènement nécessitant de marquer le passage à une nouvelle ère, l’ensemble du temple était comblé au moyen de briques d’adobe, les murs extérieurs et la toiture recouverts du même matériau, masquant toute décoration antérieure, et cette pyramide constituait le socle d’un nouveau temple bâti autour et sur le précédent.

Le Huaca de la luna comporte 5 niveaux, 5 temples emboités …

Et pour donner une idée, un cliché pas très réussi, mais qui permet de visualiser les dimensions de l’édifice.

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La visite du musée révèlera d’extraordinaires poteries zoomorphes et anthropomorphes, qu’il est malheureusement interdit de photographier : je me suis fait taper sur les doigts pour avoir tenté de le faire, en douce.

Mon esprit de sacrifice ayant ses limites, j’en suis resté là, et comme par ailleurs, les poteries érotiques caractéristiques des mochicas sont présentées dans d’autres musées, nos regrets seront limités.

Brève visite ensuite du centre de Trujillo, belle ville à la splendide « Plazza de armas » aux beaux immeubles coloniaux, avant de nous diriger vers Huanchaco.

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Nous avons choisi d’y bivouaquer à la Casa Amelia, sur le malecon. Cette station balnéaire, très animée, est un centre de surf réputé, où l’on peut encore voir quelques pêcheurs affronter les rouleaux sur leur « Caballo tortora », fragile embarcation en roseaux (les tortora) dont l’usage se perd mais dont subsistent de nombreux spécimens dressés le long de la plage.

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A l’hostal, cour minuscule qui ne peut recevoir que 3 ou 4 véhicules, nous rencontrerons un couple de jeunes américains qui descend de Colombie dans un petit fourgon, et avec qui nous pourrons échanger sur nos itinéraires respectifs

S 08° 04.485’    O 79° 07.133’   altitude 21m

Km 182 Total 3338

Dimanche 10 novembre  Jour 25  Huanchaco

Au mercado du dimanche, peu d’étals de poisson, on y achètera une espèce de bonite, puis des petits crabes. Nous y faisons la connaissance d’Elvira, dite Lali, institutrice en retraite qui consacre son temps à des activités sociales dans les quartiers pauvres de Huanchaco, où se regroupent des paysans déracinés et des réfugiés vénézuéliens. Elle nous invitera chez elle pour nous cuisiner du poisson à la péruvienne : épicé, avec du riz et des racines de yucca.

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Mais, avant le repas, un pisco sour, à l’ancienne, avec du vrai blanc d’œuf monté en neige.

Nous avions découvert ce tubercule, sans l’identifier, dans une cevicheria. Allongé, à la forme et l’aspect d’un concombre, une fois épluché, il a une texture et une saveur très proche de la pomme de terre, et accompagne tous les plats de viande ou de poisson, à l’instar de la patate douce.

L’après-midi, nous nous rapprocherons de Trujillo pour visiter Chan Chan avec Lali. Ce site fut le cœur de la civilisation Chimu, qui, de 850 après J.C jusqu’à sa défaite face aux incas, en 1471, succéda à la civilisation moche et domina toute la côte de Chancay à Guayaquil. Il est surtout notable par ses dimensions : c’est la plus grande ville pré inca d’Amérique du sud, comptant 10 000 habitations, et près de 60 000 âmes à son apogée, et la plus vaste cité en adobe de la planète.

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Fort dégradée, et pillée par les espagnols, rien ne reste de ses trésors. Elle a bénéficié de mesures de conservation permettant de protéger les vestiges des constructions, de reconstituer les volumes des salles de cérémonies et des temples, de reproduire les frises qui le décoraient, mais le résultat n’a rien de la richesse sculpturale et chromatique du Huaca de la Luna, bien que plus ancien de 7 siècles, mais qui fut protégé, ainsi que le Huaca del Sol, par sa conception même.

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Le musée y est plus que symbolique, on y retiendra que les Chimu, peuple vivant de la mer, maitrisaient aussi la métallurgie de l’or et du cuivre, et que, lorsque les incas conquirent cette région, ils transférèrent les artisans fondeurs à Cuzco pour bénéficier de leur savoir.

Bises à Lali et échanges d’adresses, puis on se quitte, ravis de cette journée ensemble. Comme les Chimu, on essaiera de vivre pendant cette étape des produits de la mer : on passe les crabes au court bouillon.  Agnès qui n’aime pas les dépiauter se contentera des pinces, je m’expliquerai avec le reste. C’est beau, l’amour !

Et puisque nous en sommes à l’alimentation, un petit rappel pour ceux qui n’ont pas bien suivi les épisodes précédents : le cuy est l’appellation péruvienne du cochon d’Inde, il est ici élevé pour sa chair. Spécialité de la vallée de Sicuani, il est aujourd’hui servi dans tous les restaurants péruviens, de la gargote au restaurant gastronomique.

Traditionnellement cuit au four, sa chair est moelleuse et très proche de celle du lapin. Personnellement, j’aime, mais je veux bien admettre que, dépouillé sur les étals, ou servi entier, grillé, ses petites pattes antérieures en prière lui donnent un léger aspect fœtal qui peut rebuter les âmes sensibles…

Lundi 11 novembre Jour 26   Huanchaco / Cajamarca

Adieu au couple américain qui descend vers le sud, bises à Amelia, puis on prend la petite route côtière qui nous évite la panaméricaine sur une trentaine de km. Entre mer et dunes, personne, avant de pénétrer une zone de culture de cannes à sucre. La zafra a commencé, les remorques chargées de cannes se multiplient et les sucreries s’activent.

On retrouve la panaméricaine, pour s’engager ensuite plein est sur la route N°8, en direction de la cordillère et Cajamarca. Ici, plus de cannes à sucre, mais des rizières. Lali nous ayant indiqué que les crustacés étaient la spécialité du village de Ciudad de Dios, nous y recherchons un restaurant ad hoc. Echec sur place, mais on nous aiguille sur des établissements un peu plus loin, sur la route.

Bonne pioche, celui où nous nous arrêtons est tenu par un couple sympathique. Le chef, en guise d’apéritif, nous vante le paysage depuis sa terrasse : dans une semaine, après le repiquage du riz, tout sera vert. On est passé un peu trop tôt, mais on se console avec ses propositions :  il nous montre son vivier, une simple citerne, ou frétillent ce qui ressemble à de jeunes poissons- chat.

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Prêts à toutes les expériences, nous prenons le risque : on se partagera des crevettes sautées et une espèce de bouillabaisse très relevée. Pas le goût de vase que je redoutais, mais pour manger ces poissons à la chair savoureuse quoiqu’un peu molle, une seule méthode : avec les doigts, comme pour les sardines grillées.

Pas de sieste aujourd’hui, la route est encore longue en remontant une étroite vallée jusqu’à Cajamarca : il faudra franchir l’Abra El Gavilon, à 3225m et subir les circulations alternées sur la dizaine de chantiers que nous rencontrerons. Manifestement, on refait tous les ponts du Pérou

Arrivée en fin de journée à l’hostal « Telem backpacker » Très bel établissement, où nous pouvons stationner en bord de rue.

S 07° 09.798’    O 78° 27.908   Altitude 2680m

Km 317   Total 3655

Mardi 12 novembre Jour 27   Cajamarca / Balsas

Miguel et sa femme gèrent cet hostal proche des « Banos des los incas », qui dispose lui-même d’une piscine d’au chaude. Nous en profiterons avant de descendre en ville en taxi.

Celle-ci fut conquise par les incas en 1460, et ils en firent une étape importante sur la route de Cuzco à Quito. C’est à Cajamarca, où Atahulapa s’était installé avec son armée de 60 000 hommes pour y prendre les eaux, que Francisco Pizzaro et ses 168 ruffians, en 1532, tendirent le piège qui leur permit, grâce à leurs canons, leurs chevaux et leurs armures, de massacrer l’escorte de 6000 hommes de l’empereur inca, de le capturer, et de s’emparer du pays (pour plus de détails, cf. l’édition « Incas 1 »)

C’est à Cajamarca que Atahulpa remit la fabuleuse rançon qui devait permettre de le libérer, et c’est là qu’il fut exécuté, en 1533.

La vaste place d’armes est entourée d’immeubles coloniaux sans grand caractère, de l’église San Francisco et de la cathédrale. Celle-ci est fermée mais l’église mitoyenne ne l’est pas et nous permet d’admirer une belle architecture romane.

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Les rues adjacentes de la place ont conservé leur cachet, et de nombreuses églises, dont certaines, comme l’église de Bélen construite entre 1627 et 1774 en même temps que l’hôpital, possèdent un fronton magnifique, et valent le détour.

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Dès que l’on s’éloigne du cœur historique, les immeubles, à l’exception de quelques un récents et de standing, retrouvent les caractéristiques communes à l’Amérique du sud : de briques, non crépis et sans alignement, au dernier étage inachevé, sans doute pour des raisons fiscales,

Nous quittons la ville en fin de matin. La route jusqu’à Celendin est belle et traverse une montagne étonnement verte et soigneusement cultivée. Ici, les chapeaux se portent hauts, et à large bords. Et la pluie s’installe, comme tous les après midi.

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Le Lonely Planet nous annonçait une route difficile, étroite et raide. C’est bien le cas, dès la sortie de Celendin. Mais à peine avons-nous franchi les deux premiers lacets que la route est coupée pour travaux. La déviation de fait par un mauvais chemin de terre, barré de deux belles frondrières. Sans 4X4, des chances de rester plantés.

On passe, dans l’élan et en légère glissade.

On se retrouve à l’embranchement entre deux pistes. Nos GPS sont paumés. Nous sommes tentés par la plus large, l’autre, bien que nous semblant aller dans la bonne direction est étroite et un peu boueuse. On s’en remet aux locaux : il faut prendre la moins engageante. A Dieu vat !

Elle s’améliore cependant, bien que les croisements soient scabreux, et l’application OSM sur la tablette d’Agnès retrouve le tracé et confirme les affirmations des habitants. Le Garmin, lui, restera aveugle jusqu’au bout.

Nous rejoindrons ensuite une piste très accidentée qui, sur 25 km, nous permettra de contourner la montagne, dans un paysage époustouflant.

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Nous retrouvons le goudron. La route est toujours étroite, pentue, semée d’épingles et l’on s’y croise au prix de manœuvres, mais on est contents, c’est du goudron, donc, en principe, pas de trous, et ça ne glisse pas, ou peu. Sur ces itinéraires, notre moyenne ne dépasse pas les 35 km/h.

On perd près de 2600m d’altitude et la température augmente jusqu’à 26°. Nous avions pensé aller beaucoup plus loin, mais la route ne le permet pas. On décide donc la halte au micro- village de Balsas, en fond de vallée. Consultée, la police nous recommandera un point de bivouac qui ne nous plait pas, on retournera donc s’installer au cœur du village, en bord de rue, dans les odeurs de grillades.

S 6° 50’ 40.62’’      O 78° 1’ 45.90’’    Altitude 820m Température 23° à 17h

Km 157   Total 3812

Mercredi 13 novembre Jour 28   Balsas / Tingo Viejo

Mauvaise nuit, la chaleur, l’anticipation de la route à venir l’ont rendu courte. Départ dès 6h30, il fait déjà 21°.

La route sera identique à la veille, étroite, vertigineuse, et nous fera franchir les cols de l’Abra Chanchillo à 2500m (une broutille !) et de l’Abra Calla Calla, à 3600m, avant d’attaquer une longue descente, dans les mêmes conditions perilleuses. Heureusement, la région est peu peuplée et nous ne croiserons que trois véhicules sur les 85 kms qu’il nous faudra près de 3 heures pour franchir.

La pente s’adoucit, la route s’élargit, un peu, et nous arrivons dans la vallée du rio Utcubamba, au village de Leymebamba, où nous faisons halte pour visiter le musée dédié à la civilisation Chachapoyas.

Ce très joli musée, de construction récente, a été implanté ici pour abriter les 219 momies qui ont été découvertes par des ouvriers agricoles en 1996 dans des falaises surplombant le Lago de los Condores, à 8 heures de marche dans la montagne.

La civilisation chachapoya, ou « peuple des nuages », qui se développa dans cette haute vallée tropicale de l’Utcubamba de l’an 500 de notre ère à 1493 environ, a laissé de nombreux vestiges qui ne furent découverts que tardivement du fait de leur inaccessibilité.

Deux types d’habitats la caractérisent : des habitations troglodytes, à flanc de falaise dont la position constituait une défense naturelle et que les maquettes du musée permettent de visualiser, et des forteresses en nid d’aigle, la plus remarquable étant celle de Kuelap.

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Les momies étaient conservées dans des sarcophages verticaux, aux lignes étonnement modernes, dont le musée présente des reproductions, ainsi que la collection de momies.

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Chamans et bâtisseurs, les chachapoyas évoluèrent indépendamment des civilisations voisines, du fait de leur isolement. Féroces guerriers, on retrouva sur ces sites nombres de crânes marqués de trépanations ou de scalps.

L’expansion de l’empire inca au XV° siècle se heurta à leur résistance acharnée, de courte durée du fait de l’arrivée des conquistadores, et les chachapoyas n’apprirent jamais la langue Quechua.  Cette période fut émaillée de nombreuses révoltes jusqu’à la conquète espagnole, à laquelle les chachapoyas s’empressèrent de contribuer en leur prêtant main forte contre les incas lors de l’affaire de Cajamarca, et l’influence inca sur la région resta marginale.

On présente néanmoins au musée des quipus, pièces exceptionnelles que nous n’avions pas remarquées à Cuzco.

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Ces assemblages de cordelettes constituaient le support de transmission d’informations qu’utilisaient les incas, qui ne disposaient pas, on l’a vu, de l’écriture : ils servaient à la fois de calendriers, de registres généalogiques, de bases de données statistiques et comptables. La nature et la couleur des fibres utilisées, le type de torsion, le type de nœud et leur position, le nombre et la position des cordelettes secondaires répondaient à une codification précise, maitrisée uniquement par des spécialistes capables de les interpréter, et de les réaliser.

Plus bas dans la vallée, nous avons décidé de nous arrêter pour déjeuner au restaurant hostal « El Tingo », à Tingo Viejo, pour plusieurs raisons. Parce que c’est une bonne base de départ pour visiter le site de Kuelap, parce que la faim nous pousse, mais surtout parce que nous voulions rencontrer les propriétaires : Eulalie et Thomas y avaient séjourné il y a 4 ans et étaient partis randonner à pied vers Kuelap, cinq heures de marche, suivis (guidés ?) par Rex, le chien de l’hôtel. Au retour, impossible de ramener le chien en « collectivo », refus du chauffeur. D’où les remords de ces jeunes gens, rongés de culpabilité à l’idée que le chien n’avait pas retrouvé son chemin.

Les propriétaires, à la vue des photos de Rex, avec Eulalie et Thomas, que nous leur montrons sont tout émus. Le chien était bien revenu ce jour là, mais, victime de cette habitude d’accompagner les voyageurs, il avait plus tard suivi un combi et, volé ? accidenté ? n’était jamais revenu, au grand regret de la famille, dont on perçoit encore la vraie émotion.

Nous déjeunerons sur place, puis une petite sieste. A 14h30, on apprend qu’il est trop tard pour attraper la télécabine qui, depuis peu, permet d’accéder à Kuelap en évitant 40 km de piste. On remet à demain, une après midi de repos ne nous fera pas de mal.

S 06° 22’44.9’’    0 77° 54’ 20.6’’ Altitude 1800m

Km 136  Total 3948

Jeudi 14 novembre Jour 29 Tingo Viejo / La Choza

MotoTaxi pour aller de Tingo viejo à Tingo Nuevo, où se trouve la billetterie. L’engin peine dans la montée, le pilote joue sur les vitesses, puis s’arrête, pour embarquer une mémé. Elle n’est pas grosse, heureusement, et on se serre sur la banquette.

Redémarrage poussif, on tressaute d’un côté à l’autre de la piste quand la moto prend un peu de vitesse. Soudain, des glapissements s’élèvent de l’arrière de la machine, et on réalise, avec le pilote et la mémé, qu’un chien s’est invité pour la ballade en sautant sur la plate- forme arrière. Maintenant il veut descendre mais, effrayé par la vitesse (façon de parler) et les cahots, il n’ose pas sauter, et braille. Cela durera un bon km, et on aura droit à toutes les vocalises qu’un chien peut émettre, jusqu’à ce que le chauffeur, fatigué du concert, ralentisse, lui permettant de sauter et de filer la queue basse, sous les quolibets de la mémé.

Belle billetterie, un vrai hall de gare, où l’on patiente jusqu’au départ de la prochaine navette qui nous conduit en  10 mn par une très belle route 200 m plus haut, jusqu’à la gare de départ des télécabines, réalisation de l’entreprise française Poma. Cette installation, voulue par les autorités pour développer le tourisme dans la région « Amazonias », permet de franchir une vallée encaissée et d’atteindre, en 20 mn, l’entrée de la forteresse de Kualap, 700m plus haut.

Une vingtaine de minutes de montée, et on est au pied des formidables murailles, plus de 20m de hauteur, de Kuelap. Il s’agit en fait d’un village fortifié, long de 700m et qui abritait, sur 3 niveaux, 3500 habitants dans près de 400 constructions circulaires.

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Toutes de même plan, d’un diamètre de 6 à 10 m, elles étaient constituées d’une plate- forme périphérique, de murs maçonnés et coiffées de hauts toits de chaumes. Ornées extérieurement de motifs en losange au niveau du soubassement, elles comportaient une entrée étroite sans autre ouverture, un puisard permettant de drainer les eaux pluviales percolant à travers le toit de chaume et une zone réservée à l’élevage des cuys.

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Seuls deux édifices avaient un usage cérémoniel : une tour, à l’extrémité de la forteresse, qui aurait servi de tour de guet et à des rites visant à appeler la pluie (on se demande pourquoi, avec ce qui tombe..), et une construction exceptionnelle, surnommée, par sa forme, « el tintero » (l’encrier) : il s’agit d’une salle souterraine, en forme de quille de bowling, dans laquelle furent retrouvés des squelettes d’animaux portant des marques de sacrifice, exécutés sur la plate -forme avant d’y être précipités.

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La maquette permet d’en comprendre la structure.

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Déjeuner à l’auberge, ( avec le pire steak que j’ai jamais mangé : viande fibreuse, dilacérée par l’attendrisseur, qui semble avoir été conservée séchée, puis servie frite, imbibée d’huile, une recette que l’on ne retiendra pas) avant de prendre la route de la petite ville de Chachapoyas, où on s’autorisera une séance café/internet sur sa jolie, quoique très simple, place d’armes : Chachapoyas, étape importante sur la route de l’Amazonie, aurait été la 3° ville fondée par les espagnols après Lima et Piura

Très longue descente ensuite dans les gorges magnifiques du rio Utcubanca, aux eaux boueuses semées de rapides.

Bivouac en bord de route, face au resto La Choza

S 05° 54’ 24.8’’    O 078° 07’ 41.2’’  Altitude 720m   Température 25° à 17h30

Km 117 Total 4065

Vendredi 15 novembre Jour 30  La Choza / Chulucanas

Journée consacrée à rouler, nous voulons nous rapprocher rapidement de la côte pour profiter des derniers jours en bord de mer, et terminer notre périple péruvien avant le 19 afin d’éviter de devoir renouveler notre assurance auto, valable un mois. On poursuit donc notre descente des gorges du rio Utcubanca, toujours aussi impétueux.

Puis la vallée s’élargit, et les rizières s’étagent au pied des collines. C’est la saison du repiquage, et on s’active dans les parcelles d’un vert tendre pour lier les bottes des pousses qui seront transplantées.

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Au niveau de Jaen, confluent entre le rio Utcubanca , que l’on abandonne après 200km, et le rio Chamaya. Tous deux se jettent dans le rio Maranon, s’écoulant nord-est, vers l’Amazonie. Nous piquerons, nous, vers l’ouest, en remontant la vallée du rio Chamaya, en direction de Piura.

Notre dernier col péruvien sera l’Abra de Porculla, à 2137m. Raide, mais montée assez rapide, comparativement à ce que nous avions vécu depuis Cajamarca.

On quitte la direction de Piura pour un petit détour vers Chulucanas, village réputé pour la qualité de ses artisans. La bonne surprise est que la piste d’accès, que notre guide nous annonçait médiocre, est maintenant goudronnée. Les choses évoluent vite au Pérou, qui investit de façon impressionnante dans son réseau routier, et les entretient avec constance, malgré des routes fréquemment soumises à des éboulements, voire des portions, en bordure de rios, emportées par la violence du courant. Un seul bémol, la voirie dans les villes, un cauchemar.

Bivouac à la station Primax à l’entrée du village, on en profite pour refaire le plein de GPL (et de bière fraiche, il fait 33° à 17h !)

S 05° 07’ 16.7’’    O 80° 10’ 23.7’’

Km 409 Total 4474

Samedi 16 novembre Jour 31  Chulucanas / Lobitos

La mauvaise surprise est qu’il n’y a pas de céramistes dans le village, contrairement aux indications de notre guide. Nous rebroussons chemin et bifurquons en direction de Ancatada, petit village à quelques kms où se trouvent les ateliers des céramistes. La route est jolie, et serpente entre les bananeraies. Sur chaque arbre, un régime, emballé. Pour le protéger des parasites ? La question est ouverte.

Visite de deux céramistes à Ancatada. Comme toujours, le Lonely planet s’est montré exagérément enthousiaste : ce n’est pas Vallauris… On repart bien vite, jusqu’à Catacaos où se tient toutes les fins de semaine, un marché d’artisans. Beaucoup plus sympa, on y fait quelques emplettes.

Puis direction Piura, la capitale de la région, le paysage de garrigue poussiéreuse devient de plus en plus poussiéreux et de moins en moins garrigueux , les habitations, plutôt baraques que maisons, s’égrènent le long de la route dans ce morne décor. On se demande de quoi vivent les habitants, aucune culture n’est visible. Un micro- élevage peut être ?

Une fois au cœur de la grande ville, contraste brutal : un gigantesque centre commercial aux galeries marchandes abritant les habituels H&M, Zara, Bata et consorts comprend également un supermarché extrêmement bien achalandé. On y recharge notre cambuse, bien vide, on s’y starbuckise pour bénéficier de la wifi et whats’apper avec la famille, et on se dit que deux mondes se côtoient sans se voir.

Retour sur la panaméricaine, qui traverse maintenant de magnifiques rizières, puis déviation pour rejoindre la côte. La ville de Talara, où les carcasses de bateaux de pêche jalonnent les rues , est bien vite oubliée, c’est devenu un port pétrolier. La route côtière qui remonte vers le nord est dans un état épouvantable jusqu’à ce que l’on ait quitté la ville, puis se transforme en bonne piste traversant les champs pétroliers et les dépôts de matériel d’extraction, dans un paysage lunaire, et enfin en bonne route aux abords de Lobitos.

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Bivouac au lodge « las Cabanas de Neto », à 50 m de la plage, avec vue sur les plate-forme pétrolières, au large.

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La nuit, leurs feux pointilleront l’obscurité.

S 04° 27’ 12.7’’     O 81° 16’ 43.9’’

Km 238 Total 4712

Dimanche 17 Jour 33 Lobitos/ Zorritos

Matinée pépère dans ce lodge pour routards où on notera la prescription suivante (je traduis) : « interdiction de fumer des pétards de marihuana à moins de 100m des locaux »

Le hameau, qui comportait une pêcherie, est quasi abandonné, des épaves de bateaux pourrissent sur la plage et nombres de bâtiments sont en ruines. Dans ceux qui résistent au temps se sont installée 2 ou 3 écoles de surf, désertes en cette saison. Est-ce l’activité pétrolière qui a condamné la pêche artisanale où y a-t-il d’autres raisons ?

Les quelques pêcheurs qui y croient encore devraient être rentrés en fin de matinée. On n’en verra aucun, au bout du ponton, les pelicans squatteñt les barques et c’est râpé pour acheter du poisson frais. Repos dominical ?

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On quitte donc Lobitos par la piste d’une dizaine de kms qui doit nous ramener, à travers des champs pétroliers, vers la panaméricaine. Le paysage est aride, ingrat, sillonné des pipelines et des gazoducs qui gavent les cuves de stockage.

Trajet beaucoup plus cool ensuite sur une route un peu déformée, mais qui serpente dans les collines à la végétation typique de « forêt sèche », et vient de temps en temps se rafraichir dans des anses baignées des rouleaux du Pacifique, où se sont développées de petites stations balnéaires ou, plus intéressant, des pêcheries artisanales.

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Peu de pêcheurs sur les pontons en ce dimanche, mais les rares présents, en étêtant et en étripant leurs prises, attirent pélicans, mouettes et autres spécialistes du vol planant, particulièrement spectaculaire vu le vent violent (on y perdra chacun notre chapeau, cadeau aux tortues qui viennent participer au festin).

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On poursuivra notre ballade côtière jusqu’à Zorritos, pour bivouaquer dans ce qui apparait, avec ses ombrages, sa piscine, son décor en bois flotté et ses hamacs en bord de plage, comme une vraie oasis, le « Grillo 3 puntas »

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S 03° 41’ 47.0’’    W 80° 42’ 19.3’’

Km 151 Total 4863

Lundi 18  Jour 34 Zorritos / Puerto Pizzaro

Matinée tranquille, l’étape est courte. Toujours le long de la côte, nous traversons rapidement Tumbes et arrivons à Puerto Pizzaro, dernier bourg avant la frontière. Pas de problème pour se garer, la route qui mène au centre du village est en cul de sac, avec un parking au bout. On s’y installe, on y sera très bien pour notre dernière nuit au Pérou.

Pas le temps de se balader dans le village, la marée est descendante et il sera bientôt impossible de faire la promenade vers la mangrove en bateau. Un rabatteur nous amène à son compère et on embarque. En route, on se rendra compte que le bateau doit être le plus vieux de la flotte, mais le type est sympa, bavard (un de plus qui croit que je parle espagnol !), on oublie le reste.

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Balade dans la mangrove, c’est vite dit, on passe en revue les bateaux de pêche, on fait un tour dans la baie pour contourner les bancs de sable et on remonte un court estuaire bordé, effectivement, de mangroves, jusqu’à un élevage, tristounet de crocodiles.

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Mais le moment aura été agréable et se terminera par un excellent Ceviche / riz aux fruits de mer, sur la place du village. Que demander de plus ?

Demain, nous passons en Equateur

Km 48 Total 4911

S 03° 30’ 03.0’’      O 80° 23’ 23.7’’