Catégories d'archives: 2015 05 24 Chine Gansu & Qinghai

         Dimanche 17 mai  Jour 62  Turpan Hami 

Nous avons profité du break de Turpan pour faire un peu d’entretien : Camion au garage VW pour graissage et vidange. Leur pompe à graisse n’ayant pas les embouts convenables, j’ai dû prêter la notre et montrer les points de graissage. Dans la fosse en compagnie de Guy et de deux mécanos, moment de franche rigolade lorsque j’ai hissé à bras le corps l’un d’eux, trop petit pour atteindre le graisseur, qui s’est terminé par deux gobelets de thé offert par le  personnel du garage 

Par l’autoroute 312, qui joint la capitale du Xinjiang, Urümqi au centre de la Chine, nous nous dirigeons vers Hami, notre prochaine étape. Paysage inchangé, entre désert et montagne où de temps en temps un cimetière, une oasis ou un ouvrage d’art de la ligne de chemin de fer rompt la monotonie.

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Arrivée à Hami en fin de journée, installation dans la cour du très bel et très verdoyant Hôtel «  Hami », puis visite du Mausolée des Rois Ouigours de Hami, qui abrite une mosquée et les tombes de 9 générations des  familles royales locales. Plus intéressant par le contraste entre les styles architecturaux que par son contenu…

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N 42° 48’ 53.496 ‘’   E  93° 31’ 8.112’’

451km Total 12143 

Lundi 18 mai Jour 63  Hami  Donhuang 

Nous changeons de région entre Hami et Liyuan, quittant le Xinjiang pour le Gansu, que nous traverserons rapidement pour entrer dans le Qinghai . Désormais la signalétique routière, de même que les enseignes commerciales ne seront plus en Ouigour et  chinois, mais seulement en chinois.

Cette région, comme un coin entre le Xinjiang et le Tibet, peuplée de Hans, devrait son existence à la volonté d’éviter une éventuelle coalition entre les Ouigours au nord ouest, les Tibétains au sud et les Mongols au nord est.

Sur l’autoroute, nous croiserons un convoi de véhicules anti émeutes sortant d’usine et se dirigeant vers le Xinjiang. La situation n’est clairement pas complètement stabilisée…

Nous constaterons très vite que le nombre de contrôles de police et leur sévérité s’assouplira considérablement dans cette nouvelle province. Ne subsisteront que de pénibles débats sur la catégorie de nos véhicules aux péages d’autoroute : A la vue de nos engins, les préposés plongent dans leur manuel pour essayer de nous classer et leurs conclusions ne rejoignent pas les nôtres, d’où refus et appel aux chefs. Sally nous a préparé des affichettes en chinois précisant «  Ce n’est pas un camion, mais notre maison… » à présenter aux caissiers, ça ne marche pas à tous les coups et elle doit souvent intervenir pour tenter de réduire le tarif. Tout se passe cependant dans la bonne humeur.

 

Poursuite sur la très belle 312 pendant 300km, puis nous obliquons plein sud à Liuyuan pour nous diriger, par 120 km de très mauvaise route, vers Donhuang, oasis près de laquelle se situent les grottes de Mogao. Les zones irriguées sont là aussi consacrées à la vigne, avec un mode de tuteurage différent fait de perches obliques. Le vent peut souffler, vu les dimensions de celles-ci.. 

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Un chapelet de hautes dunes domine la ville, nous bivouaquerons dans le parking d’un temple bouddhiste, à proximité du parc de loisir des dunes (très dans le vent le parc, ballades en 4×4, surf sur les dunes, VTT spécial sable..).

En fin de journée, une bourrasque de poussière assombrira le ciel, les quelques gouttes qui suivront, les premières depuis Astrakhan, auront pour seul effet de coller la poussière ocre sur les carrosseries. 

N 40° 6’ 10.692’’   E 94° 40’ 20.424’’

435km Total 12578 

Mardi 19 mai Jour 64 Donhuang 

Le site des grottes a été réaménagé l’année dernière et est prêt maintenant à recevoir les touristes en masse. Immense parking, bâtiment de réception avec projections cinéma classique et 360° qui permettent d’en comprendre l’histoire  et son contenu, navettes de bus pour parcourir les 15km de désert jusqu’à la falaise qui abrite les grottes, guides polyglottes.

L’endroit aurait été choisi par un moine qui y termina sa vie, la première grotte ayant été creusée en 366 après JC. Chaque dynastie s’efforça d’enrichir le site en creusant et aménageant des grottes plus riches et plus belles que les précédentes, toutes dédiées à Bouddha et ses disciples, les boddhisattwas. Le site devint un haut lieu du bouddhisme, les caravaniers venant y prier, apporter des offrandes ou des contributions à la construction de nouvelles grottes avant le périlleux voyage vers l’ouest. La construction de nouvelles grottes cessa avec la pénétration de l’Islam.

 Sur les 429 grottes, 20 se visitent. Toutes de forme rectangulaire, de dimensions variées suivant l’opulence des donateurs, la plus hautes statue de Bouddha y dépasse 34m, le Bouddha couché 20m, leurs murs et plafonds ornés de fresques d’une grande richesse représentant des scènes de la vie quotidienne et de la mythologie bouddhiste.

Dans l’une d’entre elles furent dissimulés pendant des siècles des dizaines de milliers de manuscrits, rédigés en toutes les langues d’Asie centrale par les plus fins calligraphes chinois, qui furent bradés pour 220£ par le moine gardien du site aux archéologues occidentaux du début du XX°.

Il est malheureusement interdit de prendre des photos dans les grottes, ce qui ne nous permettra pas de partager ces splendeurs. L’extérieur de la falaise dans la zone visitable, rénové dans les années 60, à une époque où la Chine entrait dans les convulsions de la révolution culturelle, a un très piteux aspect, l’entrée des grottes ressemblant à des cabines électriques, qui ne met pas en valeur le contenu.

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Dans la soirée, une partie du groupe assistera à une représentation d’un ballet au théâtre de la ville, mélange de comédie musicale et de numéros de cirque qui les laissera un peu sur leur faim.

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Mercredi 20 mai  Jour 65  Donhuang Jyauguan 

Départ à 7h30 pour une longue étape, qui commence par une bonne surprise : La route qui permet de rejoindre la 312 est une autoroute flambant neuve ; les autorités ont clairement misé sur le développement touristique de la ville.

Parcours sans nouveauté, entre montagne et désert.

A Jyauguang a été construit sur une hauteur, sous la dynastie Ming, le fort qui faisait fonction de sentinelle de l’Empire. Le plateau séparant les deux chaines de montagne s’y rétrécit et n’a une largeur que de 25km, aisée à contrôler. Le fort est flanqué de deux murs qui barrent le plateau, le mur nord rejoignant les premiers tronçons de la Grande Muraille. A l’est, le monde civilisé, à l’ouest les espaces désertiques peuplés de barbares où l’on exilait les bannis et les fonctionnaires en disgrâce. La porte de l’ouest y gagna le nom de « Porte des soupirs… »

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Bivouac au pied de la Grande muraille, sous les nuages annonciateurs de pluie.

Et, note incongrue, une piste de skate au pied de la muraille. Pas un chat…

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N 39° 51’ 6.732’’   E  98° 10’ 38.928’’

393 km Total  12971 

Jeudi 21 mai  Jour 66 Jyauguan Zhangye 

Nous traversons la ville que nous avions contourné la veille, qui se révèle bien plus importante et moderne que nous l’avions imaginé : Vaste avenues, immeubles récents, équipements collectifs et culturels de grande capacité.

C’est d’ailleurs un schéma que nous avons déjà rencontré dans les oasis précédentes : Environnement désertique (c’est même la définition…) approches industrielles avec usines variées et centrales thermiques, ces régions sont riches en charbon comme en témoignent les centaines de poids lourds qui sillonnent les pistes, pollution atmosphérique prégnante, agriculture intensive dans les zones irriguées, banlieues à habitat traditionnel  puis  centre ville moderne.

Et partout, partout, des chantiers, des centaines de tours en construction, des quartiers neufs qui s’étalent à l’infini. 

Autoroute sans problème, entre désert et montagne, mais maintenant les montagnes sont au sud et le désert, c’est le début du Gobi, au nord. 

Bivouac sur le parking du « Geopark » de Zhangye, et visite de ce site où l’érosion a formé dans les couches teintées d’oxydes de fer ocres, rouges, rosés, de magnifiques compositions.

 

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N 38° 58’ 28.272’’    E 100° 01’ 44.436’’

Altitude 1772m

238km Total 13209 

Vendredi 22 mai Jour 67  Zhangye Dinang 

Etape de liaison comme l’écriraient les journalistes sportifs. Nous piquons sud est en direction de la chaine  des Quilian shan. La plaine s’élève lentement et nous gagnons 1200m d’altitude sur 100km en une seule ligne droite. Traversée des Quilian par un premier col à 3686 m, encore 220km jusqu’à Xining, puis long plateau parallèle au deux chaines à 3500m d’altitude, pâturages, yacks et moutons, 2° col, 2° plateau  et franchissement des Datong shan par un 3° col à 3785 m, raide celui là et descente itou, dans les nuages, à 118km de Xining  pour terminer par 80km d’autoroute.

Celle-ci emprunte l’étroite vallée où est située Xining, capitale du Qinghai. Enorme ville de 1.3 M d’habitants, des tours, des tours, des tours…

Nous dépassons Xining pour bivouaquer à Ping’an dans le parking de l’Hotel Haifeng international, la température s’est bien rafraichie, 15° le matin au lieu des 26/28 que nous avons connu dans le Xinjiang. 

N 36° 30’ 11.016’’   E 102° 5’ 52.728’’

Altitude 2200m

424 km  Total 13663

 

   Samedi 23 mai  Jour 68  Ping’an – Tongren -Xiahe 

Réveil avec la musique de la gymnastique matinale. Pratiquée partout, tôt et longtemps.

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Nous suivons l’axe autoroutier en construction qui emprunte les gorges du fleuve jaune, où on pratique l’aquaculture puis nous dirigeons plein sud vers Tongren. La route est ornée de peintures tibétaines, bordée de stupas et de ces faisceaux de rubans de prières qui tiennent lieu d’ex voto.

 

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 Passage de col à près de 3800m puis, dans la descente, arrêt auprès du campement de fortune où s’abritent les cueilleurs de médicaments. Leur prix en est astronomique, une des plantes que l’on nous proposera  coûte plus de  1.5€ pièce. Vertus garanties contre le cancer.

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Tongren, siège de plusieurs monastères, mais aussi connue pour avoir produit les plus beaux thangkas, peintures et calligraphies bouddhistes sur support de coton. Nous pourrons en admirer de nombreux dans un petit atelier du monastère Wutong  (N 35°33’ 41.148’’   E 102° 2’ 56.652’’).

Soit figuratifs, soit géométriques, de couleurs splendides, une toile de 20×20 cm nécessite 15jours de travail, le prix, en conséquence, nous dissuadera..

Les moines sont curieux, la visite du véhicule s’imposera.

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 Nous continuons le saute moutons sur le plateau tibétain, de col en col. Dans une descente, le monastère de Juashize révèle, en bord de route, ses somptueux moulins à prière. Sur les plateaux, abondance de yacks et de moutons, le long des rivières, des colonies de marmottes s’égayent à notre passage.

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 Petit détour pour aller visite la ville de Can Jia Bajiao, fondée il y a 2000 ans par une dynastie Han sur un plateau. Entourée d’une double muraille d’adobe, elle abrite encore une population de 350 familles. La vie y est bien dure, au milieu de nulle part. Deux points d’eau, hors enceinte, pour tout le village.

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La route vers Xiahe ne figure pas sur nos cartes. En fait elle est en réfection et nous subirons 40km de piste, puis une montée sévère agrémentée de passage boueux. Un poids lourd s’y est mis en situation délicate et nous serons bloqués 2 heures jusqu’à ce qu’il benne une partie de son chargement pour s’alléger et que deux engins le dégagent.

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Les camping car franchiront avec succès les obstacles, mais nous serons de nouveau bloqués par un semi remorque qui patine sur la chaussée trop grasse, nous devrons l’aider en étalant de la terre sèche sous ses roues. Col franchi, longue descente entre chien et loup vers Xiahe, sur une route en chantier.

Bivouac dans le parking de l’hôtel «  Civil aviation international  » ( où sont les avions ?) 

N 35° 12’ 8.82’’   E 102° 31’ 9.876 ‘’

Altitude 2927 m

km 251  Total 13914 

Dimanche 24 mai Jour 69  Xiahe -  Langmussi 

Xiahe, ou le Tibet pour ceux qui craignent le mal des montagnes..

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Matinée au monastère de Labrang, « université » de la secte des « Bonnets jaunes ». Cette lamaserie, fondée en 1709 par un moine devenu l’incarnation du Bouddah vivant, 3° rang dans la hiérarchie tibétaine, fut fermée pendant la révolution culturelle et couvre une partie de la ville.

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Elle abrite aujourd’hui 1700 moines et reçoit des milliers de pélerins.

 

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Ils remontent la longue allée menant au temple, soit en faisant tourner chacun des 1080 moulins à prière qui la bordent, soit en accomplissant un véritable chemin de croix : Allongé, debout, mains levées puis sur la poitrine, allongé, un pas de coté et on recommence, sur 1 km.

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Visite des temples, partout des statues de bouddha, bien sûr, dans une ambiance étrange de clair obscur et l’odeur du beurre de yack rance qui alimente les lumignons. Les pèlerins déposent de la nourriture aux pieds des moines en prière et de l’argent à chaque autel, parfois accompagné de demandes de prières. Nous assisterons au comptage de la monnaie dans un des temples, les demandes de prières seront ensuite réparties entre les moines pour les effectuer.

Curieux paradoxe dans une des rares salles où les photos sont permises, qui abrite des figurines en peau de yack : Un bouddha qui tient entre ses doigts un billet à l’effigie de Mao…

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Les moines se consacrent à l’étude et à la prière dans les temples ou les galeries, parfois distraits de leur tâche par l’intérêt qu’ils portent aux visiteurs étrangers.

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On nous dira que dans ces régions, les familles ne peuvent nourrir que deux garçons, le troisième deviendra moine. Force est d’admettre qu’il sera alors, de façon détournée, nourri sans travailler (au sens productif…). Pas étonnant que cela ait chagriné les membres du parti

Nous remarquerons au passage que l’appartenance à la secte et une vie consacrée à la spiritualité n’interdisent pas le bénéfice des symboles les plus marquants du monde matérialiste.

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Nous assisterons à « l’entrée des moines ». A l’occasion de cérémonies,, qui reviennent fort cher aux familles qui les sollicitent, les moines se rassemblent progressivement sur les marches de la grande salle des Sutras où ils s’installent pour psalmodier jusqu’à ce que, au signal de trompes entonnées par deux moines sur le toit, ils se précipitent dans la salle pour la cérémonie, abandonnant leurs bottes de feutre sur les marches

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Nous reprenons la route, devenue routine : Cols à 3600m, plateaux à 3400, yacks, villages avec leur tas de combustible : Des bouses de yacks.

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Descente vers Langmussi dans les nuages. Toute petite ville peuplée de Hui et de Tibétains, avec son quartier musulman, plutôt délabré et sa partie bouddhiste où fleurissent temples et stupas. 

Bivouac dans la cour de l’hôtel Langmussi, après voir acheté quelques bombes d’oxygène pour un membre du groupe, un peu hors d’haleine en raison de l’altitude. Examen rapide par un médecin local, tout se rétablira plus bas.

La salle de restaurant, dans la cour de l’hôtel, est si froide que nous nous ferons livrer les plats dans le camion. 

N 34° 5’ 20.04’’   E 102° 37’ 56.496 ‘’

Altitude    3344m

230 km Total 14144