Vendredi 29 mai Jour 73 Dazu – Leshan
Descente vers le sud par l’autoroute. Le paysage de collines se transforme avec l’apparition de nos premières rizières. Chaque pouce de terrain est méticuleusement cultivé, toutes les micro vallées sont en terrasses, un bassin constituant réserve d’eau. On comprend vite pourquoi le Sichuan est un des greniers de la Chine
Arrivée dans la grande ville de Leshan où nous ous installons sur le parking du site du Dafo, ou Grand Bouddha de Leshan. Cette statue de 71m taillée dans la falaise est située au confluent des rivières Min, Dadu et Qingy. Le moine sculpteur à l’origine du projet, Haitong, l’entreprit en 713 afin d’apaiser la colère des eaux et le finança grâce aux revenus agricoles de la région et à ceux des mines de sel. De fait les déblais du chantier comblèrent les trous d’eau à l’origine des dangereux courants…
Sur l’autre rive, saisissant contraste avec la ville moderne
N 29° 32’ 28.212’’ E 103° 46’ 38.82’’
289km Total 15312
Samedi 30 mai Jour 74 Leshan
Journée de repos où l’on profite des commodités de la ville , apprécie le calme et le raffinement des maisons de thé, se mêle à la population pour la séance vespérale de danse en plein air.. A Leshan, dans un parc, plusieurs milliers de personnes dansaient au son de haut parleurs tonitruants : La fièvre du vendredi soir
A l’inverse, c’est la population qui se mêle à nos agapes : On viendra même soulever nos couvercles et touiller nos préparations : Les chinois sont curieux, rigolards, un brin sans gêne. Ils veulent savoir d’où nous venons, où nous allons, combien coûtent nos véhicules.
Dimanche 31 mai Jour 75 Leshan – Emei Shan
Petite étape pour joindre le site de Emei Shan. Sur les pentes, le long de l’autoroute, premières plantations de thé.
La ville au pied du site est en plein chantier, de nombreux complexes hôteliers sont en construction et nous peinons à trouver un parking.
Le mont Emei, la Montagne Sacrée, qui domine la plaine de ses 3090 m est ainsi considéré par les taoistes et les bouddhistes depuis des centaines d’années. De nombreux temples en jalonnent les pentes que l’on atteint par des milliers de marche. Dommage que la pollution voile le paysage et que les singes, dont on nous a prévenu de la sauvagerie, restent cachés.
Sur le trajet, une école abandonnée, transformée en écurie. Les murs portent encore les affiches des grands nom de la science occidentale : Marie Curie, James Watt etc..
Pour les randonneurs fatigués, des porteurs gagnent péniblement leur vie en les hissant le long des escaliers sans fin.
Après l’effort, le brancard sert aussi à la sieste réparatrice.
Visite de quelques temples, dont celui du « Bouddha volontaire », juché sur un éléphant. Comme toujours, de nombreuses offrandes : Billets bien sûr mais aussi flocons d’avoines, pommes, et curieusement, de nombreuses canettes de Red Bull. Un esprit mal tourné y verra une incitation à l’action pour les moines bénéficiaires.
Retour vers la ville en suivant le lit d’un torrent, qui s’évase en petits lacs
N 29° 34’ 12.252’’ E 103° 27’ 15.876 ‘’
53 km Total 15365
Lundi 1° Juin Jour 76 Emei Shan Xichang
Longue étape autoroutière pour atteindre cette ville étape et son lac. Nous nous engouffrons dans un paysage sauvage où l’audace des ingénieurs a lancé des viaducs de pic en pic pour franchir des cols de hauteur modeste, certes ( 2400 m), mais escarpés. Nous en viendrons à nous demander si l’autoroute, que l’on voit tout là haut, est bien celle où l’on veut nous faire grimper, où s’il s’agit d’une autre, tant les viaducs s’entrecroisent.
Expérience unique : Un tunnel en colimaçon qui permet, via un 360° complet de gagner un palier supérieur !
Bivouac dans un des parkings du complexe hôtelier « Qonghai » au bord du lac du même nom, composé de plusieurs bâtiments au style un peu pompier, dans un parc magnifique. Cet ensemble a tout de l’ancien centre de vacances pour cadres du parti.
N 27° 50’ 35.7’’ E 102° 16’ 9.372 ‘’
434km Total 15799
Mardi 2 juin Jour 77 Xichang – Yonsheng
Nous nous attendions à une étape difficile, elle le fut : Début dans la joie, une autoroute qui ne figure pas sur les cartes nous tend les bras, tout le long de la remontée d’une hideuse vallée minière. Plus de 90 minerais différents y seraient exploités et les mines de charbon à ciel ouvert succèdent aux carrières. Des collines entières sont arasées pour en extraire les silicates d’aluminium qui serviront à la fabrication du ciment. Et le thermomètre grimpe à 45° au soleil!
Déception, l’autoroute est barrée à la sortie de Panzhiahua. Elle nous narguera, de ses deux rubans vides, sur une cinquantaine de km alors que nous peinerons sur une petite route défoncée par les chantiers, puis déroulant ses lacets pour franchir des cols sévères : 90 km en 3h30
Au sortir du premier col, vue époustouflante sur une plaine rizicole. Nous dévalons 800m et pensons rester à ce niveau mais il nous faut déchanter et entamer l’escalade d’un second, à 2700m .
Proches du sommet, nous sommes bloqués par une file de véhicules. Un accident a interrompu le trafic et il nous faudra une heure d’attente avant de pouvoir, au coude à coude, franchir l’obstacle. Nous aurons eu le temps d ‘admirer les rizières, en contrebas.
Il nous fat l’admettre, nous ne terminerons pas l’étape et stoppons à Yongsheng. Il nous faudra quitter le premier bivouac, face à une caserne, pour nous translater un peu plus loin. On entendra cependant les appels réglementaires, à 6h30 et 22h, les hauts parleurs militaires sont puissants..
N 26° 40’ 29.208 E 100° 45’ 10.656 ‘’
Altitude 2149 m
383 km Total 16182

















Bonjour, fille et fils du ciel,
Si je comprends bien, en 731, soit un an avant que Charles Martel se décide à stopper les Omeyyades à Poitiers, (en fait ils étaient venus pour le Futuroscope, mais les travaux n’étaient pas terminés), le moine Haitong entreprit de réaliser un ouvrage de défense contre les inondations, en bouchant des trous de crues, et en l’agrémentant de cette sculpture grandiose. Quel talent ces chinois ! Ca a plus d’allure que nos ronds points pour les ouvrages routiers…encore que’à Mazan il y en a quelques uns bien gratinés .
A l’époque, on ne devait pas s’embêter à compter les accidents du travail, d’autant plus que ceux qui avaient fait un faux pas disparaissaient aussitôt dans le torrent. Si le moine Haitong est de la famille de celui que l’on voit dans Tintin au Tibet, il a pu utiliser son pouvoir de lévitation pour sculpter confortablement en hauteur.
Agnes bravo ! Tu danses super bien le Madison (j’ai reconnu les pas)
Ca avait l’air bon votre frichti, normal qu’il y ait des amateurs ; bientôt vous serez sur Tripadvisor ou sa version chinoise).
Chaises à porteurs : que voilà une bonne idée à faire passer au gouvernement pour les emplois d’avenir (en plus de celle des cyclo-pousse, déjà piquée aux asiatiques)
Bravo et merci pour le CR de cette étape impresionnante.
PS Chengdu : Le Panda rouge est il le résultat d’un croisement Panda/garde rouge ?
Bises
Josette et François
Coucou les globes trotter !!!
Votre traversée de la Chine est toujours aussi passionnante et nous donne des images plus belles les unes que les autres. Quelle chance vous avez eu d’approcher les PANDAS.
Nous suivons les reportages sur la route de la soie au journal de 13h sur France 2, et pour tout vous dire vos articles sont beaucoup plus complets que ceux présentés à la télé.
Après ces quelques jours passés en Chine, vous devez bien maîtriser le maniement des baguettes, ce sera peut être plus difficile avec une bonne carbonade flamande.
Ici il commence à faire très chaud, avec l’humidité en moins, nous avons depuis 3 jours des températures supérieures à 30°, vive la piscine !!!!!!!
Nous espérons que vous n’aurez plus trop d’incidents techniques avec le camion.
On vous embrasse tous les 2
Bonne route
Christine & Daniel
Bonjour.
Vos images et leurs commentaires sont toujours aussi passionnants.
Continuez …
Ici nous palpitons au rythme des aller retour…mais Paris Avignon
A bientôt
Joël