Dimanche 11 février Jour 80

Visite de Cordoba,  fondée au XVII° siècle dans cette plaine fertile cernée de montagnes. Elle devint le cœur du Paranagua, pays de missions jésuites couvrant le nord argentin, la Bolivie, le nord du Chili le Paraguay et le sud du Brésil. De très nombreuses estancias crées par les jésuites subsistent dans la région, où l’ordre avait développé autant de communautés agricoles, pour alimenter les régions désolées de cet immense territoire, en s’appuyant sur les « indigènes » dont il poussait la promotion.

L’expérience jésuite pris fin avec leur expulsion en 1766, suite à leurs indisciplines vis à vis de la couronne royale qui voyait, par ailleurs, d’un mauvais œil leur politique en faveur des peuples locaux. Ils furent remplacés par d’autres ordres, comme les franciscains, plus politiquement corrects, qui déployèrent dans les églises tout le faste dont les jésuites s’étaient abstenus. Nous découvrirons le centre ville grâce à un « Free walking tour » guidés par une jeune argentine, avec sa belle cathédrale, qui nécessita 2 siècles de construction, faute de personnel qualifié.

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Visite ensuite du quartier jésuite et notamment l’université, fondée en 1716, puis de la « Manzana », église de la congrégation à l’architecture minimaliste, dont la voute en coque de navire inversée fut, après l’expulsion des jésuites, peinte par des indigènes et des esclaves africains.

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Nous terminerons par  le « Cabildo », la résidence du gouverneur. Malheureusement, ces témoignages d’une époque conquérante sont noyés dans un environnement urbain souvent hideux.

Au passage, une curiosité : l’immeuble le plus étroit d’Amérique du sud, avec 3 m de profondeur, résultat de la mésentente chronique entre deux frères, français, propriétaires de deux parcelles mitoyennes…

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Et la chaude ambiance attendue dans la ville n’étant  pas au rendez vous, il fait gris, tout est fermé pour repos dominical et les 200 000 étudiants qui font de Cordoba le plus grand centre universitaire d’Amérique du sud, sont en vacances ; nous décidons donc de reprendre la route vers le nord, mi frustrés, et traverserons un paysage très cultivé. A la sortie de la ville, on trouve bien un marchand de machines agricoles tous les 100m..

Halte aux abords de Salinas grandes. Une tentative d’approche de la saline se solde par un échec, les chemins sont mouvants d’une récente pluie. On se résigne à bivouaquer, avec l’accord de la très charmante fonctionnaire, devant le poste de police du village de Lucio V Mansilla, un brin sinistre, qui ne vit, semble t il, que de l’extraction du sel dans la saline qui le borde.

Km 260 Total 15548

S 29° 48’ 30.4’’    W 64° 42’ 31.1’’

Ciel couvert, quelques gouttes   13/26°

Lundi 12 février. Jour 81

Route sans intérêt, toute droite, dans cette pleine immense dont on ne voit pas les limites. A 50 km de Tucuman, on note les premiers champs de canne à sucre, qui fit la fortune de cette ville, puis son déclin, et qui domine toujours dans le paysage. On aperçoit alors les premières reliefs montagneux.

Il est 17h30, nous ne souhaitons pas entrer dans une ville de plus de 800 000 habitants à cette heure tardive, même si nos guides indiquent que le centre en est plein de charme. On saute donc l’étape, restons sur l’autoroute vers Salta, dont on nous dit encore mieux…. Cette autoroute se transforme rapidement, dès les premières pentes, en une belle route dans un paysage encore bien vert.

Arrêt pour la nuit à une cinquantaine de km au nord de Tucuman, dans le parking d’une station service.

S 26° 22’ 15.6’’    W 65° 17’ 39.4’’

Km 434 Total 15981

temps variable. 13/21°

Mardi 13 février. Jour 82

Autoroute, puis 4 voies, souvent belle, parfois mauvaise, dans un paysage de moyenne montagne très agricole où les maïs alternent avec les plantations de myrtilles. Dans cette région, les contrôles de police sont nombreux, mais pas intrusifs et toujours polis, avec un barrage au moins tous les 50km. Au dernier, le fonctionnaire à la cartouchière remplie de chevrotines nous recommandera de faire attention et nous souhaitera bonne chance !!!! Rafraichissant.

Arrivée à Salta en début d’après midi, le bureau d’information à l’entrée de la ville est ouvert en ce jour férié (carnaval !) et nous orientera très efficacement, pour le centre ville d’une part, et l’unique camping, géré par la ville. Il est bien plein, mais bien équipé, avec la plus grande piscine que nous ayons jamais vue.

S 24° 48’ 46.6’’     O 65° 25’ 10.1’’   Altitude 1250m

Km 253 Total 16234

17°/22°, temps couvert

Mercredi 14 février. Jour 83

Bus 3b devant le camping pour descendre place du 9 de Julio. On n’a pas la carte d’abonnement, seul moyen de paiement accepté, alors le chauffeur nous fait cadeau du transport..

On trouvera une place très animée, des rues très commerçantes et un centre ville avec quelques joyaux d’architecture coloniale, ou néo coloniale, la ville ayant connu une rénovation urbaine importante dans les années 30, mais noyés dans un environnement sinistre : HLM ayant mal vieillis, parkings sur friches ou constructions de briques  dégradées, mais toujours barricadées de grilles et de volets roulants. La place centrale, vrai cœur de ville est jolie avec ses grands arbres et ses restaurants sous les arcades, mais le tout aurait grand besoin d’être rafraichi.

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Témoignage de l’âge d’or où l’Argentine nourrissait l’Europe, ce bâtiment à l’intérieur « art nouveau », construit en 1913et qui abritait à l’origine un club privé, dans l’esprit des clubs anglais, naturellement réservé aux hommes. Aujourd’hui, centre culturel « America », géré par la province.

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Décidément, les villes ne nous réussissent pas : les musées qui nous intéressent sont exceptionnellement fermés ce mercredi, notamment le musée ethnographique de haute montagne. Y  étaient présentées la culture  et les traditions des peuples vivant sur l’altiplano, après la colonisation Inca et en particulier les pratiques de sacrifice humain, au travers de momies d’enfants datant du XV° siècle découvertes il y a une dizaine d’années au pied du volcan Llullaillaco. Dommage…

Quant à la cathédrale, le matin c’était la messe, on n’en aura donc qu’un aperçu rapide, et l’après midi »Cerrado ».

Nous pourrons quand même visiter le modeste musée municipal et le Cabildo, ancien palais du gouverneur, abritant quelques salles précolombiennes.

Nous serons aussi frappés par les queues de dizaines de mètres devant chaque banque et chaque distributeur de billets. Cela a toujours été le cas dans les villes d’Argentine que nous avons traversées mais ici, c’est paroxystique. Il y a eu un accès de faiblesse de la monnaie, (nous l’avons d’ailleurs constaté sur nos relevés bancaires, le cours a plongé de 10% en deux mois) et les gens veulent retirer du liquide, mais comme toujours, c’est plafonné à 3000 pesos , soit environ 140 € par retrait (dans les banques les plus généreuses) et scandaleusement taxé. Nous avons même vu une banque qui nous délivrait au maximum 1000 pesos et taxait de 121 pesos, soit 12% !!! (sans compter la com de la BNP..) On est allé ailleurs et commencé à fréquenter les changeurs, avec prudence…

Retour précoce au camping, Salta, pour nous, sera presque un coup pour rien… Demain, nous prendrons la route N°9 vers le nord, qui remonte la Quebrada de Humahuaca, ensuite, toujours vers le nord, un petit tour en Bolivie jusqu’au salar d’Uyuni, avant de repiquer vers l’ouest, repasser au Chili jusqu’à San Pedro de Atacama, puis retour en Argentine pour la dernière partie du voyage.

Bivouac inchangé

2 commentaires pour “2018 02 16 Argentine-Cordoba

  1. Jocelyne et Michel le 17 février 2018 à 16 h 33 min a posté:

    On s’y croirait! Nous sommes toujours en attente de vos superbes photos.
    On vous souhaite de nouvelles découvertes.
    Rapportez- nous des recettes pour que nous puissions goûter nous aussi de la
    cuisine sud – américaine.
    Bises
    PS: Agnès n’oublie pas de rapporter quelques plantes (avec racines) pour mes
    plantations.
    Maman (Jo et Michel)

  2. Francois le 18 février 2018 à 18 h 42 min a posté:

    Franciscains contre Jésuites, ça fait désordre. Les seconds étaient plus progressistes, n’en déplaise à mon St Patron , dont les émules auraient du continuer à parler aux petits oiseaux; présentement avec un Pape Jésuite , quelle revanche ( pardon : une bien mauvaise pensée pas catholique)
    Nous vous allons vous laisser poursuivre votre chemin , en vous précédant un chouia par une escapade au Pérou « classico touristico » du 21 fevrier au 3 mars.
    On s’efforcera de laisser une bonne impression pour quand vous y parviendrez.
    Bises
    Josette et François

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