Mercredi 4 décembre Jour 50   Monpiche  

Comme prévu, ça sera une journée détente : sur la terrasse de la Casa Coral, échanges autour d’un café avec les jeunes routards qui font halte au gite. Ils sont impressionnants de décontraction, se déplaçant en bus, qui avec sa guitare, qui sa planche de surf.

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Puis ballade sur la plage en attendant, avec les pélicans, le retour des pêcheurs, et achat de poissons.

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De retour de pêche, on prépare déjà les filets pour le lendemain.

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A 4km du village, l’île Portete : pour l’atteindre, un petit tour en moto taxi, puis une traversée d’une centaine de mètres, qu’on pourrait presque faire à pied à marée basse.

Dans la montée, la moto s’arrête : le câble d’alimentation est simplement enroulé autour de la tête de bougie, sans écrou. Pas étonnant qu’il saute. Et comme la batterie est naze, il faudra pousser pour redémarrer. A l’arrivée, quand le chauffeur demandera, gonflé, un pourboire en plus du prix convenu, je lui en demanderai un pour avoir poussé.

Sur l’île, côté Pacifique, une longue plage de sable blanc ourlée de cocotiers, comme dans les pubs d’agences de voyage, côté continent, une rangée de paillotes abritant des gargotes, pas encore très fréquentées.

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Décidément, le ceviche équatorien est différent de ceux que l’on a apprécié jusqu’ici en Argentine, au Chili ou au Pérou : le poisson, ici, est précuit en petit cubes et non simplement confit dans le jus de citron, l’accompagnement est moins riche en oignons doux, épices et aromates, le tout baigne dans un bouillon qui nous fait regretter nos expériences précédentes. Mais, bon, c’est toujours mieux que le sempiternel poulet frit ou le bœuf trop cuit.

Au retour, une fois franchi le bras de mer, arrêt sur la Playa negra. Le sable y est d’origine volcanique, d’un beau noir mat.

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Jeudi 5 décembre Jour 51  Monpiche / Mindo

Pour revenir vers le centre du pays, plutôt que d’emprunter le trajet aller, nous choisissons de suivre la côte vers le nord jusqu’à Esmeralda, avant de repiquer vers le sud-est, un peu plus long , mais nous évitera le déjà-vu. La route est fort accidentée, dans un paysage de cultures tropicales toujours aussi denses.

De nombreux camions transportent les régimes de noix de palmistes vers une huilerie dont on perçoit les effluves.

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Les régimes seront égrenés, les noix triturées, pour en extraire l’huile de palme, puis les noyaux pressés pour obtenir l’huile de palmiste.

La variété de palmier à huile qui est cultivée ici est différente de celle exploitée en Asie, les produits sont plus riches en acide gras insaturés et leurs compositions se rapprochent de celle de l’huile d’olive. L’huile de palme est utilisée localement pour la friture, et pour l’export dans des usages alimentaires et cosmétiques. L’huile de palmiste est davantage utilisée dans les cosmétiques.

Nous découvrirons également le mode de séchage des fèves de cacao, le plus écolo qui soit : le soleil, et le moins hygiénique qu’on puisse trouver ; en bord de route, dans les gaz d’échappement.

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La route serpente entre 1000 et 2000m d’altitude, c’est le royaume de la forêt tropicale humide, ou « forêt de nuages », nous prendrons l’habitude de ne voir le soleil que le matin.

En arrivant aux abords de Mindo, de nombreuses résidences de vacances, bien à l’abri de leurs murs d’enceinte, jalonnent le parcours. Nous sommes à moins de 100km de Quito, l’endroit est manifestement prisé des citadins.

Mindo est un petit village en bord d’un rio aujourd’hui bien limoneux, qui prend un grand essor touristique avec ses « routes du chocolat » et du café, ses points d’observation d’oiseaux et de papillons.

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Notre point de chute sera le « Bicok lodge », un gite à l’esthétique et aux aménagements très réussis, créé par un couple de voyageurs français qui ont ici posé leurs sacs. Nous n’aurons pas la chance de les rencontrer.

N 00° 02’ 58.9’’     W 78° 46’ 26.8’’

Km 336  Total   6785

Vendredi 6 décembre Jour 52   Mindo / Quito

Lever tôt, car les oiseaux s’observent entre 6 et 7 heures du matin.

La terrasse de l’hôtel Descanso, qui surplombe un arpent de jungle très apprivoisée, permet l’observation des colibris qui viennent s’y nourrir de l’eau sucrée qui leur est abondamment fournie chaque matinC’est pour eux moins fatiguant que de pomper le nectar des fleurs, car comme chacun sait, le colibri ne se pose pas pour se nourrir.

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Et, après l’effort, notre athlète récupère en faisant un peu la gueule..

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Et bien, nous pouvons démentir cet adage : sur les abreuvoirs, le colibri se pose pour se nourrir !

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Mais il sait aussi attendre le bon moment, perché sur des brindilles.

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Une fois rassasiés, les colibris retournent sous les taillis. Il est alors temps pour nous d’aller faire un tour du côté de la « route du chocolat ». En fait un établissement combinant arboretum, chocolaterie et hostal.

Nous y parcourrons le cycle complet, que je retranscris sous le contrôle de Francis Boom, Docteur es Chocolat de l’ Université de Cargill les Mouscron : depuis la cabosse qui se récolte toute l’année et dont on extrait les fèves, suivie  d’une semaine de fermentation, au cours de laquelle les fèves sécrètent une huile , à usage cosmétique et aromatique, puis une semaine de séchage, une torréfaction entre 120 et 140°, et un broyage pour obtenir la pâte de cacao.

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Un pressage permettra de séparer le beurre de cacao de la poudre de cacao, matières de base pour l’industrie agro- alimentaire. La pâte pourra aussi être mise en œuvre artisanalement après conchage et addition de sucre, de lait et de composants divers pour obtenir le produit qui comblera l’amateur.

Nous aurons droit à une dégustation où tout nous plaira, sauf le chocolat au piment…

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En direction de Quito, plein nord, la route est toujours fort vallonnée, sous la pluie ou dans les nuages, et parfois les deux.

Quito, deuxième capitale la plus haute du monde après La Paz, détruite sur ordre du général inca commandant la place pour éviter sa prise par les espagnols, refondée par ceux ci en 1534, et qui y détruisirent les derniers témoignages de l’histoire précolombienne, non sans avoir pillé ce qui était récupérable, Quito donc, compte aujourd’hui près de 3 millions d’habitants.

L’entrée dans la ville sera aisée grâce à des artères pénétrantes bien dégagées, puis par la très longue avenue « Mariscal Sucre ». L’arrivée par la voie d’accès, extrêmement pentue, qui monte à la gare de départ du téléphérique sera plus sportive : Impossible de grimper, même en première, sans passer en 4X4 vitesses lentes.

Nuit sur le parking du téléphérique, que nous escomptons emprunter le lendemain jusqu’au volcan. Il pleuvra des cordes toute la nuit.

S 0° 11’ 30.18’’    W 78° 31’ 4.32’’

Km 101  Total 6886

Samedi 7 décembre  Jour 53   Quito

Temps si couvert que la montée au volcan est illusoire. On se translate vers le centre, pour aller s’installer au Parque Carolina, grand parc très aéré, aux parkings gardés. On y prendra un taxi pour se rendre dans la ville coloniale.

Tout le centre se structure autour de la Plazza Grande, qui, malgré son nom, n’est pas la plus belle ni la plus grande des places d’armes que nous aurons admirées jusqu’ici.

Notre première visite sera pour l’église de la Compagnie de Jésus, à la façade baroque et à l’intérieur d’une richesse étonnante. Ayant nécessité 150 ans de travaux avant d’être achevée en 1706, peu de temps avant l’expulsion des jésuites d’Amérique du sud en 1767, ce serait l’église la plus couverte d’or de tout le pays.

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Les photos y étant interdites, on se contentera d’une photo faite en douce, sans viser..

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Comment les jésuites en sont-ils venus à cet étalage de dorures, quand on a en mémoire l’extrême simplicité des églises visitées dans les zones de mission au Pantanal bolivien, en Argentine ou au Paraguay ? Est-ce en raison d’une compétition avec les franciscains dont le monastère proche abrite une église, terminée en 1580, et dont la richesse est éblouissante ?

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Le cloitre de ce monastère, par contraste, est d’une absolue simplicité.

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La visite de la résidence du général Sucre, puis du musée de la ville, termineront cette première journée à Quito.

S 0° 10’ 42.96’’  O 78° 29’ 4.20’’

Km 6   Total 6891

Dimanche 8 décembre Jour 54  Quito / Ibarra

Avant de prendre le chemin de la Colombie, matinée consacrée à la visite de la « Capilla  del hombre Guayasamín », située sur les hauteurs, face au vocan Pichincha, sur les pentes duquel se déroula la bataille qui sonna le glas de la domination espagnole sur le pays.

Dernière demeure du peintre Osvaldo Guayasamin (1919-1999),qui abrite son atelier, elle est devenue un musée grâce à l’exceptionnelle collection d’art précolombien et d’art religieux colonial qu’il y avait rassemblé.  Nous aurons la chance d’être accompagnés par une guide russe francophone établie en Equateur et formée aux Beaux Arts, qui nous fera partager sa passion pour les œuvres du maitre et pour ses collections.

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La Capilla, bâtiment moderne conçu par le peintre et ayant pour but de valoriser les cultures aztèque, maya et inca, en contrebas de la maison s’inspire de l’architecture inca.  Terminée peu après la mort du peintre, elle est gérée par la même fondation familiale que la maison .

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Elle abrite quantité d’œuvres, au style inspiré de Goya, du Greco et de Picasso. Hanté par la souffrance, la domination coloniale et ses dizaines de millions de victimes, indigènes ou africains déportés, traumatisé par les horreurs des dictatures qui ont sévi sur le continent, Guayasamín, métis devenu porte voix de ces ombres, fit de son œuvre une arme de combat contre les oppressions.

Nous n’en montrerons que deux exemples : Ce tableau de femme, symbolisant le métissage caractéristique de l’Amérique latine,

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Et celui-ci, le condor andin terrassant le buffle espagnol.

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Départ vers la frontière colombienne en début d’aprè-midi . Très belle route, souvent à 4 voies dans un paysage d’alpes suisses où l’on remarque lors des traversées de village, une  évolution ethnique couplée à une paupérisation évidente.

Manifestement l’Equateur, comme  ses voisins, est loin de s’être débarrassé de la stratification en castes, forme d’apartheid social régnant pendant la période coloniale, telle que nous l’avons découverte dans une des salles  du magnifique musée de la Ciudad : Espagnols de souche / Criollos (descendants des précédents nés sur place) / Métis blanc-indien /Indiens / Métis blanc-noir / Métis indien-noir / Noirs (descendants d’esclaves razziés en Afrique). Chaque population y avait même son clergé spécifique. il faut bien garantir les bonnes mœurs, quand même !

Bivouac dans une station- service

N 00° 23’ 01.6’’   O 78° 06’ 33.8’’   2260m

Km 123 Total 7014

5 commentaires pour “2019-12-11 Colibris

  1. CUISINIER le 11 décembre 2019 à 18 h 17 min a posté:

    Très belles photos de colibris. Je passe un peu plus vite sur les églises baroques (j’y ai souvent des indigestions de décors!). On attend la Colombie. Portez-vous bien. Amitiés. Nadine

  2. Francois le 11 décembre 2019 à 18 h 20 min a posté:

    Cheviche moins goûtue certes, mais le chocolat quelle fête. Les colibris sont ravissants, et plus colorés que celui de Nasca, dont la consolation est certainement de voir des touristes le survolant sans se poser . L’appétence des jésuites pour les dorures était une stratégie de contre réforme: face à l’austérité prônée par les protestants ils faisaient la promo du catholicisme en en mettant plein la vue. Maintenant, le Pape Francois, en habile jésuite qu’il est resté , utilise parfois les selfies pour augmenter le nombre de followers catho ou surtout convertibles.
    Je vous bénis
    François

  3. Francis & Co le 11 décembre 2019 à 20 h 00 min a posté:

    Salut les voyageurs, merci pour votre référence au chocolat. Sachez d’ailleurs que Cargill achète des fèves de l’Equateur et on fabrique du chocolat de l’Equateur à Mouscron très prisé par nos clients. Une de nos salles de réunion s’appelle Equador … Dommage que vous ne puissiez pas me ramener une cabosse, je n’ai jamais réussi à en avoir une à la boîte. Je vois donc que le processus n’a plus de secret pour toi, sais-tu d’ailleurs qui a inventé le processus de conchage … Vite Google !!!
    Bises à tous les deux et continuez à nous émerveiller.
    Francis et Coco.

  4. Michel et Emmanuelle le 12 décembre 2019 à 13 h 35 min a posté:

    Merci patrice
    Ton passage sur le général Sucre ne manque pas de sel ! ( oui je sais c’est facile !!)
    Bises et bonne route
    Michel

  5. Angel le 15 décembre 2019 à 2 h 38 min a posté:

    La photo des 2 colibris sur leur branche est très belle.
    Par contre ne serait-ce pas un taureau plutôt qu’un buffle ?

    Je me suis « amusé » à reporter les coordonnées GPS dans google maps…
    Histoire de voir un peu mieux ou vous étiez.
    Ça donne ça : https://goo.gl/maps/bDAS8cZnzSBGzx9b8

    Si tu veux que ce soit plus imagé, passe en mode « globe » petit icone en bas à droite de maps…
    M

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