19 juin Jokusarlon – Skaftafell /Svinafeljokull

Matinée tranquille à Jokulsarlon, à attendre le dégel en guettant les phoques. Ils montreront le bout de leur nez dans le lagon pour saluer Agnès, Pierre et Isa mais moi, sans doute ailleurs, je ne les verrai pas. Pour les photos, donc, il faudra repasser. Petit bout de chemin, (sous le soleil !), vers le parc de Skaftafell. Au passage, après le cap Ingolfshosdi, halte au petit village de Hof pour y admirer une chapelle datant de 1884, au toit herbeux, c’est l’une des 8 subsistant en Islande. Les pierres tombales dans le petit cimetière n’existent pas, ici les tertres sont entièrement gazonnés, ornés de fleurs vivaces. (Il va falloir que je me surveille afin que cette chronique ne devienne pas un parcours nécropolistique)

DSC_0363 (1280x848)

Balade dans ce parc remarquablement aménagé, implanté pour présenter toutes les facettes  du Vatnajokull, dont la glace recouvre de nombreux volcans. Après le très bel Office de tourisme de Hofn, c’est notre deuxième occasion de noter les efforts faits par l’Islande pour accueillir les touristes. Et ils viennent : la fréquentation est passée en quelques années de moins de 500 000 visiteurs par an à plus de 2 millions.

Petit apparté : encore un effort cependant au niveau des WC et des poubelles, en nombre insuffisant. Nous, on s’en moque, on est autonomes, mais ce n’est pas le cas de tous…Les expressions libératoires de certains cas d’urgence suscitent la ire bien légitime des propriétaires : nous noterons, à l’entrée de chemins en bord de route, la présence de panneaux très expressifs interdisant l’exercice qui se pratique généralement seul, accroupi en léger équilibre sur la plante des pieds solidement plantés, une expression extatique sur le visage lorsque l’opération se déroule selon les plans prévus…

Cette balade de 2 heures nous mènera jusqu’à la cascade de Svartifoss, remarquable par ses orgues basaltiques. Ces colonnes hexagonales se sont formées par fracturation de la lave, en raison de la violence des contraintes thermiques, lors de sa solidification après une éruption volcanique.

DSC_0381 (1280x848) DSC_0379 (1280x848) DSC_0378 (1280x848)

Au retour, nous découvrirons les « bergeries », en fait la dernière ferme traditionnelle de cette zone, occupée par une famille jusqu’en 1946. Comme généralement en Islande, les fermes étaient construites au pied de la montagne pour se protéger du vent, en limite d’une zone intermédiaire à faible pente dédiée aux herbages et pâturages, et dominant le glacis menant à la mer.

DSC_0388 (1280x848)DSC_0392 (1280x848) DSC_0391 (1280x848)DSC_0400 (1280x848)

Nous rebrousserons chemin sur quelques km pour bivouaquer au pied du glacier Svinafelljokull

DSC_0403 (1280x848)

N 64° 0’ 30.4’’   O 16°52’ 47.9’’ Altitude 109m   Température 9°/14°

68km Total 3343

20 Juin  Svinafeljokull – Quelque part sur la piste 206

La pluie nous empêche de partir en ballade en bordure de glacier. Quant à la randonnée sur le glacier, qui se pratique beaucoup ici avec  guides de montagne et harnachement d’alpinistes, pas pour nous, on n’est pas assez en jambes… Un peu d’internet à la cafeteria  du « Visitor center » cet nous prenons la route qui longe le glacier, à travers l’immense pleine stérile du Skeidararsandur.

C’est dans cette plaine où s’épanchent les eaux gorgées de cendres, que des ponts ont été emportés lors de la dernière éruption du Grimsötn, le magma provoquant le fonte brutale de la glace lors de ces épisodes volcaniques. Nous aborderons la piste 206 menant au site du Lakajigar, après une halte pour faire les pleins d’eau, de gazole et de provisions dans le village de Kirkjubaejarklaistur (c’est Agnès qui m’épelle..). 12 km d’une piste à peine grasse, en montagnes russes et un premier gué. Encore quelques km et on bivouaque sur la rive, avant de franchir le  second gué.

N 63° 52’ 20.7’’  O 18° 15’ 10.9’’  Altitude 413m  Température 7/8° Pluie toute la journée

21 Juin  Quelque part sur la piste 206 – Gröf

Nuit agitée, rafales, pluie incessante. Au petit matin, le plafond est si bas que nous nous demandons si nous ne devrons pas faire demi-tour. Attendons, ça va peut être s’améliorer. A propos de petit matin, puisque nous sommes pile au solstice, what about le soleil de minuit ? Pour qu’il y ait soleil de minuit, il faut qu’il y ait soleil…Nous ne sommes pas encore synchrones sur l’heure islandaise et nous nous couchons tôt, réveil vers 5h. Cependant, réveillés souvent la nuit, nous constatons qu’à minuit il ne fait pas encore nuit, et qu’à 1h il fait déjà jour. Heureusement les rideaux occultants de la cellule sont efficaces et cette luminosité grise ne nous perturbe pas, pour tout dire, on préfèrerait l’inverse.

Même punition toute la matinée, quand, vers 11h, nous voyons arriver sur l’autre rive,  un véhicule semblable au notre, qui descend du Laki. Les suisses qui en viennent nous indiquent que la piste est praticable pour les 4×4, avec une rivière un peu haute au dernier gué. Nous décidons de tenter le coup, Pierre et Isa nous rejoignent et laissent leur camping car au bivouac. Suivront 40 km de piste dans un paysage que l’on devine magnifique, alternant les zones où les laves se sont solidifiées en « chou fleur », et les nappes de cendres où la piste est d’une douceur étonnante. Les gués se passent sans problème et nous sommes enchantés de la souplesse de la suspension et de la motricité du Ford dans les pentes très raides.

DSC_0410 (1280x848) DSC_0414 (1280x848)

Arrivés au site du Lakajigar, ou Laki, un ranger du parc, qui se tenait au chaud dans une cahute sort pour nous accueillir, nous expliquer les ballades possibles et nous commenter les règles de protection de l’environnement, dans ce site composé d’un chapelet de cratères, siège d’une éruption qui dura un an en 1783. Vu les conditions météo, nous nous contenterons d’une ballade jusqu’au cratère  du Kambavatan  avant d’attaquer la descente.

DSC_0419 (1280x848) DSC_0423 (1280x848)

DSC_0433 (1280x848)

Vite rendus au premier gué, nous sommes talonnés par le bus 4×4 qui assure tous les jours l’excursion depuis le « visitor center ». J’entreprends le gué un peu vite, soulevant une vague qui submerge le capot, sous les bravos des passagers du bus, ce n’était pas le but recherché…

DSC_0426 (1280x848)

Arrivés au bivouac, nous confirmons la montée du niveau : l’eau lèche les pneus du camping car de Pierre et Isa ! Pas de problème cependant pour traverser, récupérer le véhicule et poursuivre la descente.   Nous bivouaquerons à l’entrée du village de Grof, devant l’église (et son petit cimetière….)

 

DSC_0447 (1280x848)

N 63° 43’ 20.3’’  O 18° 32’ 13.9’’    Altitude 210 m  Température 8°

Km 114  Total 3564km

22 juin Grof – Vik

Nous empruntons la piste 208, vers l’ouest, et répétons la manœuvre au bout de quelques km : Pierre et Isa embarquent quand la piste devient difficile, pour nous rendre au site d’Eldja, faille de 25km qui s’est crée lors de l’éruption de 1783. Seulement deux gués et une belle piste, avec un seul passage nécessitant la vitesse lente. Longue marche dans le « canyon » puis sur le plateau, somptueux..

DSC_0475 (1280x848)

DSC_0495 (1280x848)

Au retour, nous obliquerons vers l’ouest par la gravel road 209, qui à travers la pleine côtière alternant les laves et les lacs de cendre, rejoint Vik, au pied du glacier Myrdaskjokull. Tour rapide de cette bourgade de 300 habitants, capitale régionale et halte obligée des tours opeérators, pour repérer les lieux, quelques courses dans l’unique supérette, une bière à l’hôtel pour l’internet (les chambres sont entre 200 et 400€..) puis retour arrière  d’une vingtaine de km vers un parking sur la route, environné de lupins. En effet les camping cars ne sont pas acceptés pour la nuit en dehors du coûteux camping , et même pas devant l’église….

DSC_0498 (1280x848)

Demain, passage chez le meccano, la suspension couine, même après resserrage des étriers fixant les lames, en fin de soirée, sur le parking de l’hôtel. Cette voiture n’aimerait pas l’eau ?

N 63° 28’ 16.3’’   O 18° 35’ 28.4’’  niveau de la mer Température 9°

Km 168 km  Total 3732

3 commentaires pour “Skaftafell

  1. Corinne et Jean-François le 24 juin 2017 à 22 h 11 min a posté:

    Bonjour Agnes, Patrice et vos deux amis. Nous prenons le train en marche, de retour d’une (très modeste) escapade en van dans notre Normandie voisine. Belle aventure et somptueux paysages. Le 4*4 ne semble en effet pas un luxe en Islande, comment le camping car s’en sort-il ? Quelle est votre impression des islandais, ceux que vous avez pu rencontrer ou côtoyer ? On a hâte de lire la suite.
    Belle balade.

  2. jeannette le 26 juin 2017 à 23 h 13 min a posté:

    un grand merci pour ce récit très imagé . Le talent épistolaire de Patrice qui restitue avec une éloquence et un humour inégalables les faits et gestes du quotidien , est un vrai régal . Nous n’avons aucun mal à « visualiser » certains détails !
    On attend la suite avec impatience !
    Bon courage et bonne Aventure !

  3. francois groll le 29 juin 2017 à 15 h 36 min a posté:

    Les wc sont peut être en nombre insuffisant mais il y a quand même de superbes chasse d’eau.
    Bises
    Francois

Répondre à francois groll Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Post Navigation