Dimanche 23 septembre. Jour 13 :   Chapadas dos Guimaraes

Le camping est une bonne base de départ pour les quelques points d’intérêt de cette région du nord Pantanal. Ne souhaitant pas nous engager dans des randonnées de neuf heures, (il fait 33° l’après- midi), randonnées qui nous donneraient accès à des grottes et à des cascades dont nous n’avons pas une soif absolue après les chutes d’Iguasu, nous nous limiterons à une promenade dans le parc de « Chapadas dos Guimaraes ».

Elle nous mènera à deux « cachoeiras », petites chutes d’eau ayant provoqué la création d’un bassin au bord duquel, en ce dimanche, les familles viennent pique- niquer et, pour certains, profiter de la douche. Elle sera bien rafraichissante. Nous poussons ensuite jusqu’à la cascade du « Véu da Noiva » ou « Voile de la mariée » que nous trouvons bien modeste.

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C’est le début du printemps, la végétation redémarre, d’un beau vert tendre sur des troncs qu’on pensait desséchés, et déjà des boutons..

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Puis nous nous rapprocherons du bord de cet immense plateau gréseux où s’est bâtie, à 800 m d’altitude, la ville de Chapadas pour admirer le point de vue sur la vallée du rio Cuiabà . La brume nous empêchera de voir la ville du même nom, capitale de la Province.

Retour au camping, nous ferons la connaissance d’un jeune couple brésilien y ayant passé le week-end dans leur camping-car, un fourgon Renault bien équipé.  Mariana, qui a travaillé pendant un an dans un restaurant strasbourgeois, parle parfaitement le français et a repris des études, Ricardo est dans la police fédérale, et a été muté récemment à Cuiaba. Il doit prendre un vol ce soir pour Brasilia.

Ils terminent leur repas et insisteront pour nous le faire partager. Ayant déjà déjeuné, nous nous contenterons de picorer un peu de viande grillée, excellente au demeurant, en échangeant nos N° de téléphones, adresses mails et références de blog. Ils nous quitteront bientôt, sur la promesse de nous envoyer les coordonnées d’un garage susceptible de procéder au remplacement de nos deux batteries de cellule. Ce sera fait dans la soirée, merci Whatsapp.

Km 48 Total 3776

Lundi 24 septembre. Jour 14 :   Chapadas

Je ne parviens toujours pas à diagnostiquer le problème que nous rencontrons. Le panneau de contrôle signale une tension insuffisante et met toute la distribution en sécurité, ce qui indiquerait une tension inférieure à 10V, alors que je mesure entre 12,5V et 13,5V aux bornes des batteries, suivant les moments. Résultat : plus d’éclairage dans la cellule, de chauffage, ni d’eau, chaude ou froide. Par bonheur, le frigo fonctionne. L’alternateur délivre cependant une tension correcte, ainsi que le chargeur extérieur. Les batteries sont-elles à plat, ne prennent que partiellement la charge et chutent-elles en tension au moindre appel de puissance ? Bizarre..

Nous nous rendons au  Pick up Customer  center en traversant toute la ville de Cuiaba. Le réceptionniste nous indique qu’il ne dispose pas de batteries à décharge lente et nous adresse à un électricien auto, à 7km. Sur place, même constat, on nous adresse au voisin, vendeur de batteries. Et, cela va sans dire, avec des échanges plutôt limités vu mon niveau en portugais.

Le vendeur, très amène, commande aussitôt deux batteries, qu’un de ses employés ira chercher en moto dans l’heure. Montage, et échec, la Led du panneau de contrôle reste au rouge.  Je le fais constater au vendeur, ça l’interpelle, il se renseigne et m’indique que le modèle qu’il a installé, à  600€ les deux quand même, ne convient pas. Nouvelles recherches: il y aurait des batteries disponibles à Santa Catarina (à 2000km !), 400€ pièce, délai de livraison inconnu, entre 1 semaine et 1 mois !

Nous faisons remonter les anciennes batteries, prenons rendez- vous pour le lendemain, car je veux faire quelques vérifications avant de prendre une décision, et nous remontons vers le camping, sur le plateau, l’air y sera plus frais.

A notre arrivée Jonas est ravi de nous revoir.

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Un gros camion Mercédès est arrivé dans la journée. A son bord, un couple anglais. Comme toujours, dans ces lieux de passage de voyageurs, le contact est immédiat et l’entraide garantie. Conciliabule, notre nouvel ami anglais me conseillera de vérifier toutes les connexions, il pense que les batteries sont OK et qu’il doit y avoir un contact défaillant. A voir demain matin, pour l’instant, il pleut.

Retour d’information à Mariana par Whatsapp. Elle échange alors avec Ricardo, encore à Brasilia, lui-même, qui appelle un de ses collègues pour intervenir auprès de Mr Divino, patron de « Pick up customer center ». Ricardo ira même jusqu’à nous proposer de ramener des batteries de Brasilia !

Intervention efficace, comme partout, la police a le bras long ; bien qu’il soit 10h du soir, nous recevrons un message de Mr Divino : « je vous attends demain à 7heures ». Un peu tôt pour nous, vu les vérifications à faire et les 65 km de route, on décale le rendez- vous.

Km 107 Total 3883

Mardi 25 septembre. Jour 15. Cuiaba

Je chatouillerai toutes les connexions accessibles, sans rien trouver. Nouveau départ vers le « Pick up customer center ». Mr Divino nous accueille, et nous annonce la venue d’un expert à partir de 13h.

Après deux heures de recherche, celui-ci nous confirme que les batteries sont OK, et que le problème se situe au niveau de la carte électronique du coffret de distribution. Il faudra se rendre à son atelier demain, il n’a pas ici le matériel nécessaire….

Nous repassons chez le vendeur de batteries pour régler la facture du démontage et remontage, il ne veut rien…

Avant de chercher un point de bivouac, quelques courses dans un supermarché Atacadao, qui semble le fruit d’un accouplement entre un Lidl, pour la présentation sur palettes, et un Metro, pour la taille des conditionnements. Les palettes sont stockées sur des racks de 5 niveaux !!

Le 1° point Ioverlander, annoncé comme quasi idyllique est en fait une station-service à l’entrée sud de Cuiaba, sur la pénétrante saturée de camions, et où les poids lourds s’entassent. On rebrousse chemin pour nous installer dans un parking du campus de l’Université de Mato Grosso.

La nuit sera calme, même si les derniers cours finissent à 22h, heure où les parkings se vident, mais étouffante, il a fait 37° l’après-midi. A moins de 200m d’altitude, on ne bénéficie plus du léger rafraichissement du plateau

S 15° 36’ 48.3’’   W 56° 04’ 14.6’’

Km 124 Total 4007

Mercredi 26 septembre. Jour 16. Cuiaba

31° à 7 heures du matin, puis une triste journée. Arrivés au Pick up center à 8h, nous conduisons le véhicule dans un autre atelier, à 8km. Le technicien se met dessus à 9h, démonte la carte et commence ses vérifications. Nous attendons. En fin de matinée il me montre le composant qu’il a identifié défaillant et qu’il a dessoudé de la carte. Il me fait comprendre qu’il va en rechercher un sur le marché de l’occasion.

Heureusement qu’un employé du Pickup center se présente à ce moment là pour nous y ramener, la perspective du repas nous distrait de nos soucis.

Mr Divino nous conviera à partager son repas dans une churrascaria, où nous retrouverons le genre de service dont nous avions bénéficié sur Copacabana : Tous types de viandes grillées à la broche, que les serveurs découpent avec des couteaux de la taille d’une machete, en fines lamelles au-dessus de notre assiette, à charge pour nous de les détacher de la pièce embrochée avec une pince. Pas adroit, je saisirai à plusieurs reprises la lame du couteau avec…

Nous entendant, un serveur s’adresse à nous en français : il est haïtien, au Brésil depuis quelques années. Grâce à son truchement (je viens de lire « Rouge Brésil », de Ruffin, (pas François de LFI, malgré le titre, l’autre, Jean Christophe, l’humanitaire romancier diplomate)), nous pourrons exprimer tous nos remerciements à Mr Divino. Jusqu’ici ,notre conversation était un peu difficile ; nous lui offrirons le repas, ce qu’il acceptera avec simplicité.

Retour au Pick up center et nouvelle attente puis Mr Divino nous informe que le composant électronique a été trouvé, qu’on est allé le chercher et qu’il va être remonté. Le moral remonte. Nous attendons de récupérer le véhicule, jusqu’à ce que l’on nous prévienne que le technicien rencontre des difficultés. Reconduits sur place, il nous explique, pour ce que j’en comprends, que la carte électronique est maintenant fonctionnelle, mais qu’il a constaté un fil débranché au niveau de la chaudière (curieux, nous n’avions pas de problème à ce niveau-là) et que le fait de le rebrancher met l’installation complète en défaut. Nous pouvons récupérer le véhicule mais il faudrait lui ramener demain.

Vu l’état de la cellule (il n’a pas pris les patins, ni mis les gants..) et le travail pour la rendre habitable, nous nous rabattrons sur l’hôtel où nous conduira l’employé qui nous sert de chauffeur. Cerise sur le gâteau, le frigo ne fonctionnant plus, Agnès décide de donner les denrées périssables à cet employé, qui les accepte, lui aussi avec simplicité.

Bien qu’un peu déprimés, nous savons apprécier les efforts que tous font, sans mésestimer le stimulus que représente l’intervention d’un officier de la Police Fédérale !

Hôtel d’une grande simplicité, à un prix à se faire demander pourquoi nous voyageons en camping- car : 23 € la nuit, petit déjeuner compris, pour deux personnes !

Dans la chambre, une information désarmante…

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Demain est un autre jour.

Jeudi 27 septembre. Jour 17. Cuiaba – Pocone

4° jour que nous sommes bloqués. Si rien n’est réglé aujourd’hui, nous faisons demi-tour vers Montevideo : contacté, Dirk nous a répondu qu’il avait la capacité de régler le problème, quitte à faire venir des pièces d’Europe ou des USA. Nous pourrons au moins communiquer sans devoir utiliser Google trad.

Ce qui est dommage, c’est que nous ne pouvons même pas profiter de ces journées pour visiter la ville : coincés que nous sommes dans la salle d’attente, heureusement climatisée et pourvue de wifi, de cet atelier situé dans un quartier périphérique, suspendus aux messages que reçoit, de temps en temps, Mr Divino

Enfin, vers 15h, le véhicule est devant la porte !

Rapide vérification, le défaut n’a pas disparu…

Cependant le système ne coupe plus lumière, ventilation ni chaudière malgré l’alarme de tension insuffisante. Seule la pompe à eau reste coupée, mais on peut la démarrer en manuel. Quant au chargeur, impossible de le vérifier pour le moment.

Nous décidons de repartir, la faune du Pantanal nous attend, pour l’instant on n’a vu que des moustiques et un bug..

Arrivés à Pocone à la nuit, nous décidons de dormir à l’hôtel TUYUYU, vu la chaleur et l’absence immédiate de bivouac sympa. Encore mieux qu’à Cuiaba, 17€ la nuit pour deux. Pourquoi s’en priver ?

S 16° 15’ 18.5’’    W 56° 37’’ 39.4’’

Km 126 Total 4133

Vendredi 28 septembre. Jour 18. Pocone – Porto Jofre

Départ à 7h pour une étape de piste courte, 145km, mais dont les 20 derniers nous ont été décrits difficiles. Dès la sortie de Pocone, une piste de ripio bien latéritique file vers le sud.

Cette piste, la transpantaneria, aurait dû relier Cuiaba à Corumba, en traversant une zone de marais, totalement inondée de novembre à avril, le niveau grimpant de plus de 3m. Sous la pression écologiste et en vue de protéger l’exceptionnelle biodiversité, les travaux ont été stoppés. à Porto Jofre. Pour rejoindre Corumba, il n’y a donc que deux options : descendre le rio Paraguay depuis Porto Jofre en bateau sur 185km, ou rebrousser chemin et contourner la région par l’est, puis cap au sud, sur les 1500 km que nous venons de parcourir dans l’autre sens, noyés dans la noria de camions.

Le choix sera vite fait, un bateau faisant le voyage aller- retour une fois par semaine, prochain départ de Porto Jofre dimanche. Nous avons pu négocier le prix du passage avec le propriétaire via Whatsapp, sans avoir vraiment compris s’il s’agissait d’un ferry ou d’une bétaillère fluviale acceptant des passagers. Nous serons vite fixés.

Nous étions inquiets de l’état de la piste vu l’énorme orage de la nuit, mais il a dû être très localisé et la piste est vite sèche. De la tôle ondulée, gentillette, sur les 30 premiers km, puis ça devient roulant. Seules raisons pour ralentir, les ponts, il y en aura 126 sur le parcours et leur état se dégrade lorsque l’on se rapproche de Porto Jofre, et, bien sûr, les poses photos.

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Et des sujets de photos il y en aura ! Dès la barrière du parc franchi, une bande de caïmans nous souhaite la bienvenue, babines retroussées, puis les hardes de capybaras (pas sûr que le terme soit adapté pour des rongeurs..) qui barbotent, puis sortent de l’eau et s’éloignent quand on s’approche trop près (on a pas essayé avec les caïmans..)

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Et des oiseaux de toutes espèces, avec parfois des couleurs éclatantes.

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Arrivée en milieu d’après midi au Jaguar camp, la fin de piste n’était pas si mauvaise, mais le plaisir d’arriver est un peu gâché par le constat d’un pneu qui vient manifestement de crever. C’est la scoumoune !!!

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Changer une roue par 35° est excellent pour la ligne, et on confirme : une belle vis plantée entre deux crampons. Bien la peine d’avoir évité les clous sur les 126 ponts et se payer une vis en arrivant ! Et en plus le filetage d’un des goujons est faussé, impossible de remettre l’écrou.

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On s’occupera de tout ça à Corumba, demain, on oublie les petites misères et on part faire un safari jaguar.

S 17.35502°  W 56.76847 °

Km 146 Total 4279

 

8 commentaires pour “2018-09-30 Pantanal nord

  1. Philippe le 30 septembre 2018 à 18 h 03 min a posté:

    Reste optimistes, ces ennuis seront bientôt terminés et seront vite oubliés.
    La bise à vous 2.

  2. Paul Gil le 30 septembre 2018 à 18 h 17 min a posté:

    Ola viajantes.

    Bon, après Torres del Paine et les salars, le Pantanal : j’en salive.
    Ce sera sans doute fantastique malgré les aléas de la monture.
    Et si en plus la pression écologique commence à fonctionner au Brésil …
    Bons churrascos e caipirinhas!

  3. Joël et Josette le 1 octobre 2018 à 9 h 19 min a posté:

    Mais qui a dit « il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le chemin EST le bonheur !
    Lao Tsé, je crois…
    Bon, vous faites quand même un merveilleux voyage et grand merci pour le partage,
    Photos magnifiques qui attisent quelques regrets…
    Merci les amis, mais nous attendons VRAIMENT la suite…
    N’abusez pas de caipirhinia pour oublier vos soucis surtout. ..

  4. jeannette le 1 octobre 2018 à 10 h 06 min a posté:

    nous espérons sincèrement que les ennuis mécaniques ne parviendront pas à entamer votre moral d’aventuriers ! Ce serrait dommage , parce que les très belles photos et le talent du narrateur nous ravissent toujours autant ..
    bon courage !
    on vous embrasse
    jeannette et bernard

  5. Michel et Emmanuelle le 1 octobre 2018 à 14 h 36 min a posté:

    Quel excellent chapitre que celui ci que j’ai savouré tout en faisant cuire mes aubergines à la Ciotat (jour de mistral aujourd’hui 1 et octobre ) :
    Oui très réussi : du drame (pas de pièce de rechange à moins de 2000 km !…)du suspens , (pendant quatre jours d’attente ) , une fin plutôt heureuse ( avec de superbes photos ) et un doute qui plane toujours ( le camion n’est pas vraiment réparé et une roue manque …!) bref tout ce qu’il faut pour nous mettre sur des charbons ardents !! Bravo !
    Ceci dit nous souhaitons que vous n’ayez pas chaque semaine autant de problèmes et sommes prêts à lire un prochain chapitre plus serein !!
    Bonne chance et merci

  6. François le 1 octobre 2018 à 19 h 05 min a posté:

    Ah l’électronique amère !
    Chantons comme Maurice Lao Tse nous y invite «  dans la vie faut pas s’en faire ….toutes ces petites misères seront passagères…tout ça s’arrangera…faut jamais s’en faire » .
    Ca fonctionne puisque vous voici repartis à la rencontre de si charmants sauriens (j’en ai repéré un qui se pourléchait en vous voyant arriver)
    Côté pile (pour être positif) vos déboires vous ont offert de sympathiques rencontres avec « des vrais gens », des travailleurs qui n’hésitent pas de mettre la main dans le cambouis et à en tartiner votre cambuse ; Sûr que vous avez apprécié ces quelques nuit d’hôtel en extra :, surtout l’Hôtel TUYUYU où l’on dit que vous y avez laissé une carte de France (mais c’est peut être une fake-news). Pour remercier Agnès d’avoir d’ avoir nourri les nécessiteux en leur donnant le contenu du frigo , Patrice, offre lui un sac en peau de saurien, c’est caîmen pareil que le croco.
    On vous souhaite un super safari Jaguar (pour les cougars y a pas besoin d’aller aussi loin)
    Bises

  7. François le 1 octobre 2018 à 20 h 44 min a posté:

    Chantons comme nous y convie Charles Aznavour, mais au présent

    « mes amis sont plein d’insouciance
    mes amours ont le corps brûlant
    mes emmerdes aujourd’hui quand j’y pense
    ont peu d’importance »

    Bises

  8. Annette Jean Louis le 2 octobre 2018 à 15 h 27 min a posté:

    Vous auriez pu proteger les pneus avec la peau des caïmans!!!!

    Bises de Montpellier avec Maman

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