Dimanche 30 septembre. Jour 20 :   Porto Jofre

C’est dimanche, grasse mat, lessive, rangement, blog. Et en plus, nous pouvons recharger les batteries sur le secteur, on nous a trouvé la seule prise 220V du « Jaguar Camp ». En général, dans les campings ou les hotels les réseaux sont doublés et on a le choix de se brancher en 110 ou 220V, mais les installations domestiques sont en 110V, et c’est aussi le cas ici.

Il faut être à l’embarquement pour le début d’après-midi, départ 19h. A 14h30, on nous prévient que le bateau nous attend. Nous sommes vite sur place et on comprend vite que ce n’est pas un ferry, mais une bétaillère, une barge poussée par la « Santa Laura »

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Embarquement assez aisé, en roulant sur deux grosses poutres, guidés par l’équipage, et départ dès 15h30. Nos véhicules sont à l’avant de la barge et nous sortons les fauteuils, pour profiter du spectacle. Les berges  désertes, on se permet même un petit scrabble.

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A 17h30, on nous prévient que le diner est prêt. C’est le rythme « hospices », mais il est vrai que la nuit tombe à 18h.

Coucher tôt, donc, puis arrêt vers 23h. Nuit noire, on ne voit rien dehors.

Lundi 1° octobre. Jour 21. Sur la barge

A 5h, nous sommes déjà réveillés et le jour se lève à peine, on nous informe qu’il faut changer de barge. Il faut tout ranger, puis manœuvrer pour descendre de la barge, ou plutôt remonter de la barge vers un pré, ce qui sera simple, puis attendre qu’une deuxième barge, plus grande, soit mise en place, et enfin réembarquer, toujours sur les poutres.

Un fois le pick up d’Okan chargé, je mesure l’espace qui reste pour passer : 2,17m, notre largeur itou, je refuse de monter. La barge est plus grande que la précédente, mais le passage moins large ! Une seule solution, scier une des protections des barrières. Okan doit débarquer, on apporte une scie à métaux, et l’opération est vite effectuée, puis rebelote pour remonter à bord. On commence à s’habituer à grimper sur les poutres.

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Nous sommes devant ce qui ressemble à une ferme, avec de grands parcs à bestiaux et un petit bâtiment proclamant pompeusement « Porto ze Vania »

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Une fois chargée, la barge est déplacée, et nous assisterons au chargement d’environ 1200 bovins, des taurillons, qui viendront remplir, par cases de 30 têtes, les 6 barges qui seront ensuite assemblées en un énorme train, poussé par la « Santa Laura » et la « Laura de Vicogna »

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L’opération aura duré toute la journée, et nous sommes maintenant juste devant les pousseurs, sans accès à l’avant de la 1° barge. Sur notre droite, le pick up de Okan et Donna, sur notre gauche, les vaches. Efflanquées, nous imaginons qu’elles sont transportées, avant la saison des pluies, vers des pâturages plus riches afin de les engraisser, elles en ont bien besoin.

Et l’on suppute qu’elles ont été maintenues à jeun depuis quelques jours, leur productivité bousière semblant, pour le moment, réduite, ce dont nous nous félicitons…

Par contre, elles auront à supporter deux jours à bord sans boire, sous un soleil de plomb. Soyons cyniques, pour la productivité urinaire, ce n’est pas mal non plus..

A la nuit tombée, à l’approche du rio Paraguay, le paysage change, devient plus montagneux et les feux de forêts scintillent sur les pentes. Cela n’émeut personne à bord et, vu la densité de population, les moyens restreints et l’accès malaisé, il semble clair qu’il n’y ai qu’une seule stratégie: laisser brûler.

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Nous naviguerons sans arrêts, entre deux berges à la végétation dense, parmi les nombreux bras du fleuve, très méandreux. La navigation se poursuit toute la nuit, les timoniers se relevant régulièrement, mais nous ne comprenons pas comment ils parviennent à diriger le convoi dans cette obscurité absolue, coupée de temps en temps par l’éclat d’un projecteur balayant les rives.

Mardi 2 octobre Jour 22 Sur la barge

Le passage du rio Cuiaba au rio Paraguay s’est fait dans la nuit, sans changement dans le paysage, le fleuve s’écoulant lentement entre des rives à la dense végétation et dont les berges sont floues, les eaux étant couvertes de plantes aquatiques. On évite le soleil en changeant de bord, à chaque fois qu’un méandre bascule les ombres d’un bord sur l’autre. Et la routin s’est installée..

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A 10h30, on nous annonce le repas de midi. Riz haricots, « as usual », mais aujourd’hui c’est avec des beignets de poisson.

En vue de Corumba à 13h, on atteint le point de débarquement à 15h.

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Des cavaliers attendent le troupeau, et on comprendra bien vite que nous ne descendrons que lorsque la dernière vache aura débarqué.

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Cela prendra tout l’après- midi et nous ne quitterons la barge qu’à 20h, à la lueur des phares. Bien tard, il faut encore remonter jusqu’à Corumba, attendre Okan qui doit retirer du cash pour payer le transport et nous rendre ensuite à la Pousada do Cachimbo.

On aura raté le coucher du soleil, dommage.

S 19.00321°   W 57.67305°

Mercredi 3 octobre Jour 23. Corumba / Bodoquena

Bel endroit, superbement placé car dominant la vallée du rio Paraguay, accueil souriant par Jane et son fils Hugo dans des installations un peu défraichies. Dommage que le nombre réduit de touristes ne permette pas de remettre à niveau, l’endroit en vaut la peine.

On trouve assez vite une « boracheira », où l’on nous répare notre pneu à l’ancienne, avec une mèche, et en ¼ d’heure, remontage compris. Et pour le problème d’écrou, il a suffi d’en inverser deux pour fileter l’arrête du gougeon endommagée, on verra ce que cela donnera au prochain démontage.

Le tout pour moins de 5€, vérification de la pression des 4 pneus comprise, avec la goutte de salive pour vérifier l’étanchéité des valves, à l’ancienne on vous dit!

Départ vers Bonito à 14h par une excellente route, et halte pour la nuit en sortie du bourg de Bodoquena, sur le parking d’une station Shell flambant neuve. Il fait encore 27° à 18h

S 20° 33’ 6.8’’   W 56° 41’ 42.3’’

Km 291 Total 4570

Jeudi 04 octobre Jour 24. Bodoquena / Bonito 

Départ de bon matin, la route est toujours bonne, à l’exception d’un tronçon défoncé par les camions, aux abords d’une cimenterie, en sortie de Bodoquena. Nous nous rendons directement à la  Pousada Peralta, établissement comportant des chambres d’hôtel, des emplacements et installations destinés aux campeurs, mais également une agence permettant de s’inscrire à n’importe qu’elle activité, culturelle ou sportive, offerte par les nombreux opérateurs touristiques de la ville.

Nous nous inscrivons d’office à une descente de rivière pour l’après midi, et partons en chasse d’un garage : les ennuis ne sont pas terminés, un voyant indiquant un défaut au niveau de la transmission (baisse de pression d’huile ?) s’est allumé lors de notre démarrage matinal.

Le 1° garage nous expédie chez un électricien auto, qui nous fixe rendez-vous au lendemain 8h.

On décide d’ignorer le défaut et d’entreprendre les activités prévues : le voyant est orange, et pas rouge, mais j’ai du mal à l’oublier, ça me rend nerveux, je ne peux m’empêcher d’imaginer un blocage de la transmission ;

La descente du Rio Sicuri s’effectuera au sein d’une immense fazenda à 20 km de Bonito, par une bonne piste. Outre ses activités d’élevage de bovins, elle s’est orientée également sur l’écotourisme en développant un parc naturel sur les terres non cultivées qui bordent le rio.

On y pratique le « snorkeling », ou pour le dire plus simplement, la descente de rivière avec masque et tuba. Un personnel nombreux, souriant et compétent nous équipe de combinaison et gilet, nous prodigue une petite formation en piscine et, hardi petit ! nous lâche par groupe de 8. Ne nous lâche pas complètement, pour être honnête, un accompagnateur suit le groupe en barque, il a un boulot plutôt cool.

L’eau est d’une limpidité étonnante, et les poissons nombreux, mais sans grande variété. Le courant nous pousse et il n’y a qu’à se laisser aller, avec le gilet, impossible de couler, ni même de plonger pour ramasser les belles coquilles d’escargots qui jonchent le fond.

La descente aura duré une heure, nous avions loué une Gopro pour tirer le portrait de quelques poissons, mais sa mise en œuvre sous l’eau a laissé à désirer. Un peu d’indulgence donc pour la photo.

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S 21° 05’ 5.7’’   W 56° 30’ 2.4’’  Altitude 291m  25/28°C

Km 71  Total 4641

Vendredi 05 octobre, jour 25 . Bonito

8 heures pile devant l’atelier de l’électricien auto. Il faudra près d’une heure pour être pris en charge, puis voir un meccano s’escrimer sur le démontage des carters pour accéder à la transmission.

L’électricien fera quelques tests, ne trouvera rien d’anormal, et nous adressera à un autre garage pour vérifier le niveau d’huile de la transmission. Il refusera tout paiement.

Nouvelles explications et là, le patron du garage sait de quoi il parle : il ne s’agit pas d’un défaut, contrairement à ce qu’indique la brochure du véhicule, mais d’un signal invitant le propriétaire à faire une révision ! Ce qui en l’occurrence n’a pas lieu d’être car la dernière révision a été faite il y a moins de 9000 km, pour un intervalle théorique de 30 00; le calculateur n’a sans doute pas été remis à zéro.

Notre sauveur effectue un reset par une procédure bizarre, mais sans doute prévue par le constructeur : contact mis, frein et embrayage enfoncés pendant 20 secondes, on coupe le contact, puis rebelote pendant 1 minute et là, le voyant clignote, puis s’éteint !

Si on tient le type qui a mis ça au point, on le scalpe..

Nous pourrons alors, l’esprit plus tranquille, nous rendre au « Bocado de los aras », à une cinquantaine de km, par une bonne route.

Gigantesque doline de 100m de profondeur et 150 m de diamètre, il résulte de l’effondrement de la voute d’une grotte et ses parois abritent les nids d’une cinquantaine de couples d’aras, et de quelques faucons.

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Sur la route du retour nous nous arrêterons au « balneario municipal », en fait un méandre de la rivière aménagé en baignade. Le courant y est fort, l’eau claire et fraiche, et le nombre de poissons donne l’impression de se baigner dans une pisciculture !

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Les familles viennent y pique- niquer en nombre et buller sur la rive, nous en feront autant, avant de regagner notre bivouac et partir en quête des toucans, en vain.

Km 120 Total 4761

Samedi 6 octobre, jour 26. Bonito / Corumba

La ville de Bonito est une des plus agréable que nous ayons visité : un centre ville moderne (relativement..), aux commerces, agences et terrasses de bar qui profitent manifestement de l’afflux des touristes attirés par des activités de plein air et lui apportent une prospérité qui manque à de nombreuses agglomérations brésiliennes . Nous ne regrettons pas les km avalés pour l’atteindre.

Remontant vers Corumba, nous ferons une halte à la Pousada da Lontra, complexe hôtelier là encore bien défraichi, mais situé dans un emplacement exceptionnel, sur la rive du rio Miranda.

Une ballade sur les passerelles le long du rio, bien casse gueule car en très triste état, ne nous permettra pas de voir les caïmans qui, à cette heure, doivent faire la sieste, mais les capyrabas sont là pour nous montrer que les membres d’une espèce en voie de disparition peuvent redoubler d’efforts coïtaux pour faire mentir la prédiction..

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Sur la route du retour, les couleurs flamboient

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Nous regagnons la Pousada do Cachimbo pour profiter du coucher du soleil sur le rio Paraguay, y passer la nuit, avant de nous présenter, demain, au poste frontière avec la Bolivie.

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Ce dimanche est jour d’élection et on vote pour élire le Président, 53 gouverneurs de province, les députés et les sénateurs. Nous avions, depuis notre arrivée au Brésil, noté, à de nombreux carrefours, aux rond-point, la présence de militants portant des pancartes avec le nom de leur champion et un numéro en gros caractères. Renseignement pris, il s’agit du nombre, en général à 5 chiffres, qu’il faut encoder sur le bulletin de vote pour exprimer son choix. Ici, chacun affiche ses préférences et nombreuses sont les voitures qui arborent ces affiches sur leur lunette arrière

Pour le poste de Président, le candidat d’extrême droite est à cette heure, le favori des sondages. Les progrès sociaux apportés par Lula lors de son premier mandat ont vite été oubliés, effacés par la crise économique et noyés dans les scandales de corruption. Les adversaires du Parti des Travailleurs, la droite,  l’armée, les classes moyennes et le monde des affaires, ce qui fait beaucoup,  ont dégagé la voie a l’extrême droite, et le réal a gagné 10% par rapport à l’Euro et au Dollar en 8 jours…

En ce qui ne nous concerne, désolé de nous regarder le nombril dans un contexte aussi tendu, rien n’est sûr. Il est possible que l’ensemble des forces de l’ordre soit mobilisé pour assurer la sécurité des opérations de vote et que la frontière soit fermée. Nous serons vite fixés.

Km 123 Total 4884

2 commentaires pour “2018-10-07 Pantanal Sud

  1. Anne Pradines le 8 octobre 2018 à 23 h 21 min a posté:

    Bonjour
    Très bon Voyage en Bolivie . Merci pour votre message. Ici tout va bien, nous avons l’impression d’être les seuls encore au boulot, plus que 12 mois, la retraite est pour le 1/10/2019. Nous pourrons alors voyager plus longtemps … vers l’ Asie, car nous allons être grand-parents du côté du Japon au mois de février.
    Bises à vous, merci pour les belles photos
    Anne Marie et Gérard

  2. Francois le 10 octobre 2018 à 11 h 32 min a posté:

    Manifestement et fort heureusement les mécanos miraculeux ne sont pas une espèce en voie de disparition comme l’est celle des capyrabas. C’est probablement parce qu’ils pratiquent la méthode que tu évoques, Patrice,
    avec davantage d’assiduité que ne le font les papyrabas.
    Francois

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