Mardi 30 octobre à samedi 10 novembre.  Jour 50 à 61.  La Paz

Dès 9h, nous sommes chez le concessionnaire Ford, avenue Ballivian. Bien plus étriqué que ce que « promettait » la photo de leur site internet : il ne s’agit que de l’espace de vente, les ateliers sont à environ 2km. On y est vite et là, on nous annonce que cet atelier ne prend en charge que les véhicules importés par la concession. En insistant un peu, ils acceptent de nous donner un rendez- vous pour le lendemain matin.  On se réinstalle donc à l’Oberland, puis le RV est décalé au jeudi matin, le 1° novembre n’étant pas férié en Bolivie. Mauvaise nouvelle, il faudra 4 jours pour démonter le pot catalytique, l’ouvrir, nettoyer le catalyseur, ressouder le pot et le remonter, cela nous mènera jusqu’ à jeudi prochain, le vendredi 2 étant férié.

Nous convenons de laisser le véhicule sur place afin d’éviter de circuler en ville, et regagnons l’appartement de Martine, dont la patience et l’hospitalité sont à toute épreuve.

Avec son aide, nous entamons le parcours pour faire prolonger nos autorisations de séjour, l’initiale se terminant lundi 5 : Direction de l’immigration, en ville, très rapide une fois que le fonctionnaire est à son bureau, puis Direction des Douanes, en ville, mais c’est pas là, il faut monter à l’Alto. Sur place, un jeune fonctionnaire examine notre dossier, vérifie le certificat établi par le garage que nous avions eu la bonne idée de demander, et souhaite une preuve tangible que le véhicule est toujours en Bolivie. Bon prince, il nous prolongera l’autorisation temporaire d’importation sur la promesse de lui faire parvenir dès lundi des photos du véhicule et des plaques moteur et châssis.

Repos, à nouveau, pendant ce weekend prolongé puis excursion le mardi à Tiwanaku, à 1h30 en bus de La Paz et à une vingtaine de km du lac Titicaca.

Cette cité, fondée à 3870 m d’altitude aux alentours de l’an 700 de notre ère et qui atteint jusqu’à 20 000 habitants fut un grand centre cérémoniel pour la civilisation qui la bâtit, et disparut vers l’an 1200 pour des raisons inconnues, peut être un changement climatique, qui remit en cause le mode de culture original.

On y cultivait en effet les plantes vivrières, sur des banquettes séparées par des canaux, l’évaporation de ceux-ci protégeant les cultures des gelées nocturnes ; il en subsiste quelques traces.

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Cette civilisation Tiwanaku, malgré sa disparition, influença cependant fortement la civilisation Inca qui lui succéda.

 

N’ont résisté aux ans que les vestiges d’une pyramide, d’une plate forme rituelle et d’un temple.

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Leurs éléments étaient disposés de façon à renseigner les prêtres sur les dates des sosltices et équinoxes à partir des positions des constellations, afin de déterminer les périodes optimales pour les semailles, et leurs murs ornés de sculptures à l’image des gouverneurs successifs. Par contre, métaux précieux et pierreries qui les ornaient furent pillés par la population en révolte, puis par les conquistadores.

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Nous resterons impressionnés par la taille des dalles et mégalithes de grès et de basalte, dont certains dépassent 50 tonnes. On ignore toujours comment ils ont été transportés ici. Par voie d’eau ? A l’époque, les rives du lac étaient à moins d’un km.

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Statuaire très rustique pour l’époque, plus signifiante sans doute par leurs fonctionnalités astronomiques et par les gravures qui les recouvrent  que par leur esthétique..

Retour à La Paz. Les photos du véhicule seront what’sappées par le garage lundi matin, et retransmises illico à la Douane. Ils sont satisfaits, une bonne chose de faite, nos autorisations sont prolongées d’un mois.

Par contre un message du garage le mardi soir assombrira l’horizon : le nettoyage du pot a été fait, mais le défaut persiste et ils ne sont pas en mesure de régler le problème. Nous comprendrons alors que, vu la haute teneur en soufre du gazole bolivien et son impact sur le fonctionnement des moteurs diesel de dernières générations, le concessionnaire local n’importe que des véhicules essence et que l’atelier n’a pas les compétences nécessaires dans ce domaine.

Sur place le mercredi matin, on nous indique que, après vérification auprès du service technique Ford, ils pensent que le problème se situe au niveau de la pompe d’injection et nous recommandent de transférer le véhicule dans un atelier spécialisé à El Alto. Ils ont décidé de ne pas nous facturer l’intervention sur le pot.

Nous remercions et acceptons le changement d’atelier, que faire d’autre ? mais demandons que le véhicule soit conduit par un de leurs mécaniciens jusqu’à El Alto, on n’est vraiment pas sûrs qu’il ne nous lâche pas en route.

Montée poussive sur 17 km pour gagner le plateau, et vu la perte de puissance, le mécano pense que le problème se situe au niveau des injecteurs. A 300m du garage, sur l’axe principal d’El Alto et au milieu du dernier carrefour, le moteur tousse et s’arrête. Et là, on est bien contents de ne pas être montés seuls…

Beau souk avec cette circulation infernale, les bus et collectivos nous contournent en klaxonnant puis un policier s’approche. Bonne surprise, sans aucune agressivité, il s’efforce de fluidifier le trafic en jouant du sifflet. Et il se met à pleuvoir…

Il faudra près de 20 mn pour qu’un mécanicien du nouvel atelier nous rejoigne, porte le même jugement sur la cause probable et prenne en charge le véhicule que nous avons fini par pousser sur le bas- côté. Et pousser 3,5 tonnes à 4000 m d’altitude, c’est un bel exercice respiratoire…

On lui confie les clés, l’attente de la dépanneuse sous la pluie est inutile, et on prend le télécabine pour retourner chez Martine, en fin de matinée…

Le mécanicien nous appelle le lendemain, nous confirme que les injecteurs sont colmatés par des résidus de gazole, nous indique qu’il peut se procurer les pièces nécessaires en les faisant venir de Santa Cruz, à 900 km, nous annonce le prix de l’opération et nous promet le véhicule pour samedi en début d’après-midi.

Samedi 14h, l’intervention n’est pas terminée, report à lundi… En attendant, on va aller se goinfrer de pâtisseries sur le Prado, ça nous remontera le moral.

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6 commentaires pour “2018-11-10 La Paz 2

  1. Françoise et Alain le 12 novembre 2018 à 22 h 34 min a posté:

    Stan Lee créateur des Marvel est mort aujourd’hui, à croire que le pâtissier bolivien a un don de prémonition ;-)

  2. François le 13 novembre 2018 à 9 h 31 min a posté:

    Supplique :
    « Bon Saint-Eloi, inspire et active les mécanos Boliviens
    Que nos amis de Suze reprennent les routes andines
    en y louant tes mérites
    Amen  »
    Francois

  3. michel et emmanuelle le 15 novembre 2018 à 10 h 45 min a posté:

    nous avions pris un peu de retard sur vos messages (vous êtes trop rapides!!) mais je viens de le rattraper.
    toujours passionnants: bravo pour la culture Tiwanaku ! et désoles pour vos problèmes mécaniques qui heureusement semblent maitrises a ce jour…
    bises
    Michel

  4. Coco boom le 17 novembre 2018 à 9 h 51 min a posté:

    Que de péripéties !!! Nous espérons que votre camping-car est enfin réparé et que vous ayez pu reprendrez la route.
    En tout cas, attendre en mangeant des gâteaux, c’est insupportable MDR
    Ils paraissaient bien appétissants. Moi aussi j’avais pris du retard et Vos récits sont toujours aussi captivants. Gros bisous

  5. CUISINIER le 18 novembre 2018 à 21 h 51 min a posté:

    19 novembre. Retour de la Drôme avec une petite pensée près de Suze et la question qui taraude vos lecteurs…..êtes-vous enfin repartis ? et surtout descendus ?
    Bises
    Amitiés
    N et B

  6. jeannette le 18 novembre 2018 à 23 h 38 min a posté:

    Décembre approche à grands pas et nous espérons que les ennuis mécaniques sur votre diligence ne retarderont pas votre retour en France .
    Vous nous avez fait beaucoup rêver avec votre reportage drôle et tellement bien illustré ( le lac Titicaca dont le seul nom nous faisait rire qd nous étions gamins en cours de géographie ) Copacabana , et toutes ces cartes « postales » magnifiques que vous nous faites partager .
    L’aventure du pot catalytique est moins amusante mais nous faisons confiance à votre bonne étoile pour qu’elle vous aide à garder le moral !
    on vous embrasse

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