Mardi 20 . Jour 71. Huacachina/ El Chaco– Presqu’île de Paracas

Huacachina est située dans une zone de dunes, entre l’oasis d’Ica et la mer. La présence d’une lagune a permis d’y développer une micro zone touristique.

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Elle attire les amateurs de surf sur les dunes ou de ballades en buggy. Une soixantaine de ces engins, croisement du buggy de Steve Mac Queen dans « L’affaire Thomas Crown » (Ah ! la partie d’échecs avec Faye Dunaway …) avec les monstres de « Mad Max », attendent le chaland.

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En bord de dune, se niche, très intelligemment aménagé, l’ « Eco Camp ». Une douzaine de paillotes, quelques emplacements de parking, une piscine, et c’est un endroit de rêve pour une halte cocooning.

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Nous reprenons la route vers le nord, la « Panamericana Sur » le long de l’active oasis d’Ica ,pour gagner après une longue portion dans le désert, où sont curieusement implantés de nombreux élevages industriels de poulets, la presqu’ile de Paracas, triangle de terre faisant saillant dans le Pacifique qui abrite une réserve naturelle, et une petite, mais cossue, station balnéaire à l’abri de sa rade : El Chaco, où débarqua San Martin en 1820.

Dès notre arrivée, nous réservons des places pour la ballade vers les Iles Balestas, puis partons faire le tour de la presqu’île. Notre première halte sera, qui s’en étonnera, pour un resto de poissons, dans la baie de Lagunillas. Ici, c’est le bout du monde : des barques de pêche, 4 restaurants, et rien d’autre. Notre véhicule se retrouve en terrain connu: le désert péruvien est le plus aride du monde, et les plages ne sont pas très fréquentées…

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Retour à El Chaco, sans avoir vu la queue d’un animal. Ce sera pour demain ?

Bivouac sur la place voisine de l’embarcadère pour les iles.

S 13° 49’ 53.1’’   W 76° 14’ 50.1’’

Km 126   Total 10584 (recalé)

Mercredi 21. Jour 72. El Chaco – Islas Balestas

Dès 7h45 nous sommes parés pour embarquer, par fournées de 40, dans les vedettes rapides qui nous conduiront aux « Islas Balestas », haut lieu de la biodiversité et autrefois exploitations de guano (savez vous qu’il y eu une guerre à la fin du XIX° siècle entre le Chili et le Pérou, d’une part, et l’Espagne, pour la possession d’iles inhabitées mais dont les gisements de guano produisaient 200 000 tonnes exportées chaque année vers l’Europe ?)

Mais auparavant, halte sur la dune qui fait face au port de El Chaco, pour y découvrir ce qui reste un autre mystère de la région : un gigantesque candélabre de 130 m de haut, tracé dans le sable, dont la présence a été relatée pour la 1° fois par un voyageur en 1863. L’aridité du climat, moins de 20mm de précipitations par an, et l’absence de vent sur ce versant protégé, en assure la conservation.

Qui et quand l’a t­-on tracé : des conquistadores ? des marins ? des prêtres ? et quelle en est la signification ? A chacun sa vérité.

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On ne débarque pas sur les îles, aujourd’hui protégées en tant que réserve naturelle, et depuis que l’exploitation du guano a cessé, les oiseaux sont les maitres des lieux. Près de 250 000 y nicheraient, les espèces les plus spectaculaires en étant les pélicans et les pingouins.

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Quant aux pingouins, ils constituaient un mystère pour les naturalistes, peu accoutumés à la présence de ces oiseaux marins dans des zones tropicales. C’est de Humboldt que vint la lumière : il mit en évidence la présence d’un courant marin froid remontant les côtes péruviennes extrêmement favorable au développement des anchois et donc de leurs prédateurs. Il en fait, au passage, toujours du Pérou le premier exportateur de farines de poisson. (By the way, c’est pour ça qu’il y a des élevages de poulets ?)

Ce courant froid, et ces pingouins, y gagnèrent leur identité : le courant de Humboldt, et les pingouins itou, bien différents des pingouins de Magellan et des pingouins « rois » que nous avions admiré en Patagonie.

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Grégaires, ils ne semblent pas faire un pas l’un sans l’autre.

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C’est l’heure du bain, ils s’engagent dans la pente. Pas envie de se casser la gueule, ils regardent où ils mettent les palmes..

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Les deux plus hardis sont déjà en bas, et surveillent les trainards.

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Ça ne suit pas, mais, marre d’attendre, ils plongent…

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Sur les rochers, les lions de mer n’ont pas, eux, d’angoisses existentielles : les femelles et les petits se prélassent.

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Et les mâles font ce que savent faire les mâles ; ils font les beaux !

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L’après- midi, nous pousserons vers ce qui sera,  à 70km, le point le plus au nord de ce voyage, l’hacienda San José . Nous n’irons pas en effet, jusqu’à Lima, ce sera pour le prochain séjour.

Les premiers bâtiments de cette hacienda, dont son église, furent bâtis en 1688, et dédiés à l’exploitation de canne à sucre et la production de miel. A son apogée, couplée à l’hacienda proche de San Regis, elle exploitait, le mot n’est pas trop fort, 4000 esclaves d’origine africaine.

Somptueuse, son ambiance, bien qu’elle soit aujourd’hui transformée en hôtel, renvoie à la propriété de Di Caprio, dans « Django unchained »

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On ne pourra s’empêcher de penser, en visitant les sous- sols qui abritaient les cellules où étaient enchainés, maltraités et punis les esclaves désobéissants ou fuyards, où ils étaient parqués pendant les visites des inspecteurs des impôts afin d’échapper à la taxation, où les plus beaux spécimen assuraient un devoir de reproduction, de penser donc au cynisme et à la bonne conscience des hidalgos résidant un étage au- dessus, et se préparant à la messe dans leur somptueuse église au retable en ébène importé d’Espagne.

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Comble du cynisme : les esclaves devaient parcourir depuis la côte 25 km dans un tunnel de moins de 80 cm de large et de 1m60 de haut, non éclairé naturellement, pour atteindre, sans être vus, la plantation et éviter ainsi aux planteurs la taxation « per capita ».

Retour à El Chaco. Bivouac inchangé

Km 128  Total 10712

Jeudi 22. Jour 73. El Chaco / Nazca

Nous retraverserons l’oasis d’Ica, aux cultures d’asperges mais surtout aux splendides vignobles, et visiterons le domaine de Tacama, premier domaine viticole du Pérou

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Premier par son ancienneté d’abord, il fut fondé en 1540 par un compagnon de Pizzaro pour éviter l’importation de vin de messe, par sa qualité ensuite : bénéficiant d’un climat exceptionnel, il a par ailleurs profité de l’expérience de nombreux œnologues français dans les années 70. La notion d’appellation contrôlée n’existant pas au Chili, ils eurent la possibilité d’y tester plus d’une centaine de cépages pour y sélectionner les plus adaptés, cultivés très haut, comme toujours en Amérique du Sud : on y vendange les bras en l’air !

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Aujourd’hui le domaine produit, sur 300 ha, 5 cépages de blanc et une quinzaine de rouges. Le Pisco, gloire locale, résulte lui de la distillation, simple ou double, de 5 cépages spécifiques. J’en sirote en écrivant, pas un Pisco sour, il faudrait shaker et blanc d’œuf, mais façon capirihnia, c’est plus simple et ça fait autant d’effet…A la vôtre ! ( cependant, je ne trinque pas avec Michel, qui vérifie mes calculs de kilométrage. Tu n’es rien d’autre qu’un « flies fucker » !)

Retour pour le bivouac à l’Hôtel San Marcello, à Nazca

S 14.83247°   W 74,95779°

242km  Total 10964

2 commentaires pour “2018-11-26 Côte péruvienne

  1. Nadine Cuisinier le 27 novembre 2018 à 20 h 13 min a posté:

    Je me souviens que vous rentrez pour les fêtes de fin d’annee.quelles sera votre prochaine étape culturelle ou animalière ? ?? Retour quand ? Et où l’arrivée ? Profitez bien de la suite. Nadine et bertrand

  2. Michel et Emmanuelle le 29 novembre 2018 à 22 h 49 min a posté:

    Coucou qd même !! Bises Michel
    Ps: très belles photos mais texte moins bon que d’habitude . Kilométrage suppose exact (!!)

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