Samedi 11 juillet Jour 112 LuHoe – Shaolin
Nous reprenons de l’altitude pour nous diriger vers le temple de Shaolin en remontant le Fleuve Jaune, plein ouest. Le temps est lourd et le ciel constamment voilé de pollution : Si les reliefs boisés sont relativement sauvages, les vallées encaissées ne sont que chapelets de cimenteries, d’usines diverses et de centrales thermiques. Chine, atelier du Monde ?
Passée la ville de Dongfeng, une belle 4 voies qui remonte une étroite vallée, préservée celle-ci, sur une dizaine de km nous laisse présager un site touristique très fréquenté.
Il le sera. Extérieurement, hormis la quincaillerie commerciale sur l’esplanade de l’entrée, rien ne distingue ce monastère, niché dans un fond de vallée, de ceux que nous avons déjà visité. Les statues des généraux mythiques, sous le porche, sont peut être un peu plus grimaçantes, effet de l’imagination ? L’ambiance de la « forêt de stèles », qui rassemble les stupas commémorant la mémoire des moines ayant marqué l’histoire du monastère, ou la prière du soir , nous donnent une image bien plus sereine.
Il faut se diriger vers un ensemble de bâtiments qui abrite un centre de formation, le Wufu, pour découvrir ce qui fait de Shaolin un lieu unique:
Le monastère de Shaolin Si (monastère de la Petite Forêt) est devenu la référence mondiale en matière de Kung-fu. Il abrite 200 religieux de l’ordre de moines guerriers du même nom, qui applique la méthode introduite en Chine en 527 par le moine indien Bodhidharma.
Le Kung-fu (de gongfu qui signifie habileté, dans tous les arts, pas seulement martiaux) emploie de nombreuses armes, épée, bâton, fouet. Mais les mains nues, les coudes et les pieds sont des armes qui se suffisent à elles même, pour peu que l’on se soit astreint au long entrainement dispensé ici.
Il commence très tôt et nous assisterons à une présentation par des élèves du centre qui montre que la concentration, la relaxation et la maitrise de l’énergie peuvent s’acquérir très jeune. Nous impressionnera particulièrement la démonstration de cette dernière par un lancer d’aiguille transperçant un ballon à 2m après avoir perforé une vitre, ( mince sans doute, mais quand même…) sans la briser !
En fin de journée les élèves quittent les locaux du Wufu pour se diriger, au pas cadencé, vers une esplanade où ils participeront, par centaines, à un entrainement collectif.
Shaolin a essaimé dans la ville de Dongfeng qui compte des centaines d’école de Kung-fu. Elles rassembleraient une dizaine de milliers d’élèves. Recalés du système scolaire ou poussés par leurs rêves, ils viennent de toute la Chine, à grand frais, et veulent devenir les Bruce Lee ou les Jacky Chan de demain. Quelques uns deviendront effectivement acteurs, les autres s’engageront dans l’armée, deviendront gardes du corps ou professeurs de Kung-fu, en tous cas recadrés par une pédagogie où la discipline ne semble pas être la dernière des vertus.
Le centre n’attire pas que des chinois : Dans une arrière cour nous assisterons à l’entrainement, sous la houlette d’un moine, d’une quinzaine de jeunes gens de toutes nationalités.
Bivouac sur le parking du Temple de Shaolin
N 34° 30’ 54.8’’ E 112° 57’ 01.7’’
Altitude 466m
197km Total 21935 km
Dimanche 12 Juillet Jour 113 Shaolin – Luyang – Sanmenxia
Direction Luyoang, ville de plus de 6 millions d’habitants, que nous contournerons pour atteindre les grottes de Longmen. Ces « grottes », en fait plus de 2000 cavités creusées dans une colline dominant la rivière Yi, furent entreprises par des dignitaires bouddhistes des Wei du Nord au IV° siècle, puis poursuivies sous les dynasties Sui et Tang.
La plus importante des statues, le Bouddha Vairocana, de 17m de haut, aurait le visage de l’impératrice Wu Zetian, et son sourire lui a valu le surnom de « Mona Lisa orientale ». A sa droite, Ananda, le gardien de la mémoire, sur son flanc gauche, le Roi céleste.
Nous reprenons l’autoroute sur une portion souvent en travaux, dans une région très industrielle où le trafic de poids lourds chargés de poutrelles et de tubes d‘acier est intense. Les montées seront pénibles derrière des camions se hissant à 30km/h et cette fin d’étape sera longue, dans une atmosphère toujours voilée.
Bivouac dans le parking d’un hôtel de Sanmenxia, vide en ce dimanche soir. Sa piscine est chaude et d’une limpidité moyenne, mais s’y plonger est quand même un vrai plaisir !
N 34° 42.372’ E 111° 5.465’
Altitude 383m
251 km Total 22186 km

















Salut les bourlingueurs,
Une des sœurs de Maximin, l’amoureux de Caroline, est une disciple Shaolin. Elle est actuellement en Chine et ira surement retrouver ses pairs au Temple où elle s’est entraînée durement pendant plusieurs années. C’est effectivement une adepte du KungFu. Il vaut mieux être son ami que son ennemi … Je vous envie d’être allé voir ce temple qui a fait rêvé tant de gosses fan de Jackie Shan ou Bruce Lee pour les + anciens.
Sinon, ici tout va bien, bientôt les vacances aussi pour nous … Vivement.
Gros bisous à vous deux.