Dimanche 18 novembre et lundi 19. Jour 69 et 70. Nazca / Huacachina

Pas de problème pour trouver un avion pour survoler les « lignes de Nazca ». Dans la rue principale, les vendeurs des agences vous assaillent pour vous proposer toutes les excursions possibles dans la région, quelqu’en soit le moyen de transport. Le survol est indispensable pour admirer les géoglyphes, peu visibles du sol, à un coût raisonnable, 80 à 90$ par personne suivant la taille de l’avion, et on vous amène à l’aéroport. Sur place, 6 compagnies se disputent les amateurs, la concurrence permet de maintenir les prix. Nous embarquerons donc dans un Cessna de la compagnie Aeroparacas, réputée la plus sûre.

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Et c’est parti pour découvrir ce qui reste un mystère archéologique : dans une plaine aride de 500 km², à une vingtaine de km au nord de Nazca, ville nichée en plein désert, plus de 800 lignes droites, 300 figures géométriques telles que triangles et trapèzes, 70 dessins gigantesques d’animaux et un humanoïde ont été tracés par des civilisation pré inca qui s’étaient établie dans la région entre 900 AV JC et l’an 600 de notre ère.

J’aurais les plus grandes difficultés à réaliser des photos à peine acceptables : l’absence totale de contraste, la présence des vitres de l’appareil, les trous d’air rendront les mises au point complètement aléatoires. J’ai donc dû les retravailler, en sacrifiant le rendu des couleurs et la luminosité pour obtenir des figures visibles. Mille excuses pour cela. Et, pour essayer de me faire pardonner et faciliter l’interprétation, une vue d’ensemble des principales figures :

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Tout d’abord des exemples des figures géométriques :

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Un singe très expressif avec sa queue en spirale :

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Un colibri au bec disproportionné

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Coupé par la route Panamericana tracée en 1937, un lézard de 130m de long et un arbre :

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Et l’« astronaute», un humain à la tête en forme de bocal qui serait un prêtre à tête de chouette. Contrairement aux autres figures, tracées sur le plateau, il a été figuré sur un affleurement rocheux, dans un style beaucoup moins pur. Epoque différente ?

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Pour ceux qui le souhaitent, nous ramenons un beau livre, avec des photos prises par un pro, sinon, cherchez sur internet, vous trouverez tout, en mieux…

Aucune unanimité sur les auteurs de ces dessins, Paracas et Nazcas, puis Huaris, descendus des plateaux et qui leur succédèrent, ni sur les techniques qui leur permirent de tracer des figures aussi rectilignes et des dessins aux lignes aussi pures, alors que le résultat ne se distingue que du ciel, encore moins sur les motivations de ce travail titanesque.  Selon Maria Reiche, mathématicienne allemande qui consacra sa vie à l’analyse de ces géoglyphes, il s’agissait d’un calendrier astronomique destiné à l’agriculture et bâti à partir de formules mathématiques, mais cette thèse reste controversée. Pour d’autres, plus nombreux, elles seraient liées au culte de l’eau et de la fertilité, ce que je trouve personnellement plus convaincant, eu égard à l’aridité de la région.

Belle transition d’ailleurs vers le deuxième centre d’intérêt de Nazca : les aqueducs qui permettaient de contrôler l’écoulement des nappes phréatiques et de les diriger vers les cultures, grâce à un extraordinaire système de puits, qui nous rappellera ce que nous avions vu en Chine. Une différence majeure cependant : vu la nature des sols, les puits permettant d’accéder au niveau de la nappe ont été construits en spirales, étayés de galets, afin de pouvoir accéder aisément, pour le contrôle et l’entretien, au niveau du flux.

Ces puits, creusés par les femmes, sont distants d’une vingtaine de mètres et disparaissent lorsque la profondeur de la nappe permet un écoulement à l’air libre. Dans le lointain, le Cerro Blanco, la dune la plus élevée d’Amérique du Sud avec ses 2700m d’altitude.

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Avant de quitter Nazca, une visite au Musée ethnographique nous permettra de remarquer quelques belles pièces aux motifs pleins de dérision.

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En quittant la ville, un mirador offre une vue en plongée rapprochée des figures de l’arbre, des mains et du lézard, et met en évidence la technique utilisée : un très léger décapage de la couche superficielle des cailloux noircis, presque vernis par le soleil, faisant apparaitre le substrat de gypse blanchâtre, surligné, telle la « ligne claire » de Hergé, par le feston de cailloux noirs écartés par l’opération.

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Route au nord, nous ferons un bref arrêt sur le site des géoglyphes de Palpa, tout proche, où, sur le flanc d’une colline, a été immortalisée une famille royale.

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Nous rejoindrons Huacachina, après une longue traversée dans le désert jusqu’à l’oasis de Ica, pour un bivouac dans l’Eco camp.

S 14° 05’ 19.8’’   W  75° 45’ 48.8’’   Altitude 429m

Km 164 Total 10038

 

5 commentaires pour “2018-11-21 Nazca

  1. Francis le 21 novembre 2018 à 21 h 29 min a posté:

    Boudiou … Merci pour ces paysages qui posent toujours questions aujourd’hui … ça devait être superbe vu du ciel, effectivement difficile de le transcrire par photos interposées … Mais on imagine bien avec le dessin … Bonne suite dans vos aventures.

  2. Anonyme le 22 novembre 2018 à 10 h 26 min a posté:

    Coucou Agnès et Patrice
    Nous revoilà sur vos traces après toutes vos péripéties mécaniques qui vous ont retardé et sûrement très contrarié. Avec votre arrivée au Pérou vous nous offrez des paysages différents mais toujours magnifiques et un plongeon dans le passé toujours très instructifs. Pour les photos Patrice tu fais des merveilles avec les moyens du bord. On a hâte de vous retrouver.
    Bonne route, profitez bien de la fin de votre aventure.
    Daniel et Christine

  3. Francois le 22 novembre 2018 à 11 h 17 min a posté:

    Nazca : une hypothèse , le Petit Poucet et les enfants s’étaient perdus plus loin que ne le conte Perrault …
    Les géoglyphes font l’objet d’un article dans « sciences et avenir de novembre 2018. (je vous l’enverrai par mail); pour tracer les figures une supposition serait que les autochtones aient reproduit des dessins sur tissus à l’aide de cordages manipulés à partir de poteaux. J’imagine une sorte de pantographe d’une sacrée taille!
    Aussi pour info, on trouve localement à acheter des bracelets représentant ces géoglyphes dont le colibri que j’ai offert à ma douce . Ca m’a coûté un bras dans la boutique où la guide touchait son bakchich, mais quand on aime on compte pas ! En plus la magie de Nazca opère, car depuis Josette gazouille.
    Bises

  4. Michel et Emmanuelle le 22 novembre 2018 à 23 h 59 min a posté:

    Toujours passionnant votre aventure . Nous avons râlé avec vous durant votre spectaculaire arnaque !
    Prions pour que ce soit la fin de vos ennuis mécaniques et pseudo mécaniques (!)

    À noter une erreur de calcul dans le total à partir du jour 66 ( je sais je chipote )
    Nous vous espérons à Paris bientôt !
    Quand rentrez vous ? Promethee c’est le 16 …
    Bises Michel et Emmanuelle

  5. Bonjour les vagabonds
    chapeau bas ! vous avez réussi à ne pas laisser les ennuis mécaniques vous gâcher le voyage, je doute de mes capacités à faire la même chose dans de telles circonstances ! Vos arnaqueurs font une détestable pub pour leur pays, mais je suppose qu’ils s’en fichent. Incroyables ces géoglyphes !
    Bonne fin de voyage et bon retour en macronie.
    JF

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